Communauté
01 Décembre 2020

Le 1er décembre 2020

- Marcia Enman 

Alice Richard lors de la parution de son livre «La petite histoire de papa».

 

Une grande collaboratrice et amie de La Voix acadienne nous a quittés le samedi 28 novembre dernier.  Alice (Bernard) Richard était aussi une bénévole appréciée de plusieurs organismes de la communauté acadienne et francophone de l’Î.-P.-É.  Elle nous laisse dans un énorme deuil que nous partageons avec son mari Alfred, sa fille Yolande et le mari de celle-ci, Glenn Gaudet de Summerside, en plus de toute la grande famille des Bernard.

 

Alice est née le 17 janvier 1935.  Ses parents étaient Edmond Bernard et Évangéline Aucoin de Saint-Philippe.  Alice a épousé Alfred Richard le 24 juillet 1965 et ensemble ils ont eu une fille, Yolande.

 

Alice a commencé son parcours scolaire à la petite école de Saint-Philippe, où elle est restée jusqu’à sa 9e année.  Par la suite, elle a suivi un an de cours par correspondance avant de se rendre au couvent Saint-Augustin à Rustico.  De 1952 à 1953, elle a étudié à l’école normale du Collège Prince de Galles pour obtenir son brevet d’enseignement.  Elle a passé deux ans de noviciat à la Congrégation Notre-Dame de Montréal avant de revenir à l’Île pour entreprendre sa carrière en enseignement, en 1955. 

 

Alice a enseigné à l’école de Saint-Philippe, à l’école d’Urbainville, à l’école d’Abram-Village, à l’École Évangéline, à l’école de Kensington, à l’école de Miscouche et à l’école Athena. Elle a terminé sa carrière d’enseignement en immersion aux écoles Greenfield et Elm Street, à Summerside.

 

À un jeune âge, elle a été membre du Club 4-H Évangéline et du Cercle des jeunes de Baie-Egmont.  Devenue adulte, elle s’est impliquée, entre autres, dans le mouvement Lacordaire, l’Association des Intituteurs et Institutrices acadiens de l’Î.-P.-É.  Elle s’est aussi impliquée pour le Centre d’éducation chrétienne comme membre du conseil et secrétaire; membre du comité provincial du curriculum français, l’Exposition agricole et le Festival acadien de la région Évangéline, membre de la SSTA, grande bénévole du Musée acadien de l’Î.-P.-É; membre de la Ligue des dames catholiques, du comité de liturgie français pour la paroisse Saint-Paul de Summerside; membre active de l’Institut des dames; bénévole pour le Summerset Manor; membre fondatrice des francophones de l’âge d’or de l’Î.-P.-É., en plus d’être au poste de secrétaire de ce conseil d’administration.

 

Au 90e anniversaire de son père en 1993, Alice réalise que toute une manière de vivre était en train de disparaître; une vie que les nombreux descendants d’Edmond et d’Évangéline Bernard ne connaissaient pas.  Elle a entrepris l’écriture de ce qu’elle pensait être un cahier d’une vingtaine de pages.  Le dimanche 13 avril 1997, à Saint-Philippe, a eu lieu le lancement du livre «La petite histoire de Papa», de 129 pages. 

 

Alice a rédigé plusieurs documents sur le sujet, dont La Descendance des pionniers Bernard de Baie-Egmont.  Elle a contribué à La Petite Souvenance en signant l’article «Des petites trouvailles en généalogie».  Elle a aussi collaboré au recueil d’histoires orales, «Échos du passé».

 

Lors des assises de la 83e assemblée générale annuelle de la SSTA en 2002, Alice Richard est faite membre de l’Ordre du Mérite acadien pour sa contribution de façon spéciale à l’épanouissement de la vie acadienne et francophone à l’Île. 

 

Dès son jeune âge, Alice a développé un goût particulier pour la grammaire française.  Fruit de sa passion elle prend plaisir à faire bavasser ses personnages fictifs dans le journal La Voix acadienne dans des chroniques de «Pélagie et Henriette» et de «Mon arrière-grand-père Joe à sa vieille Nanette après une visite sur terre». 

 

Reconnaisances

 

Les chroniques de Pélagie et Henriette ont été réunies dans un livre publié par La Voix acadienne en collaboration entière de son auteure, dont le lancement était le 19 mars 2008.  Alice Richard a reçu le Prix Gilbert-Buote du Comité historique Sœur-Antoinette-DesRoches la même année pour la qualité de ses chroniques (2005-2008) et pour sa contribution à la mise en valeur et à la conservation du patrimoine linguistique acadien, tout particulièrement celui de la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.

 

Alice a reçu le Certificat d’appréciation de l’Association du Musée acadien incorporée, le 11 juin 1997, en reconnaissance du travail bénévole réalisé au Musée acadien pour services aux chercheurs en généalogie acadienne. 

 

Alice Richard a aussi reçu le prix du patrimoine du Musée et Patrimoine de l’Î.-P.-É. en février 2009 pour ses écrits de dialogue entre «Pélagie et Henriette», personnages inspirés de son enfance quand la visite venait à la maison.  C’est à cette époque qu’Alice se dit avoir entendu beaucoup d’expressions dont elle s’est servie dans ses écrits.

 

En 2010, Alice Richard reçoit le prix Isabelle-Gallant-Owen de La Belle-Alliance pour ses nombreuses heures de bénévolat dans la communauté et aussi pour ses écrits qui ont bien fait sourire les gens. 

 

En 2011, Alice reçoit le prix de La Petite Nyctale, cette fois pour reconnaître son grand dévouement, non seulement pour la cause acadienne, mais pour son bénévolat dans la préservation du patrimoine acadien de l’Île-du-Prince-Édouard.  Alice a toujours été connue pour offrir un coup de main au besoin.  Lors de cette présentation, on a rappelé qu’elle est même devenue marraine d’un bateau.  Il s’agit du bateau «Cap Nord» de la Garde côtière canadienne.  C’est Alice Richard qui a eu l’honneur de lancer la bouteille pour baptiser officiellement ce bateau à Summerside en août 2004. 

 

Tout récemment, l’Association des francophones de l’âge d’or lui a remis un certificat de reconnaissance pour sa contribution à l’organisme. 

 

Alice reçoit un certificat de reconnaissance de l’Association des Francophones de l’âge d’or dans le cadre de l’AGA de l’organisme en octobre dernier.

 

Il y a tellement à dire sur cette dame hors de l’ordinaire.  Elle est membre honoraire de La Voix acadienne depuis plusieurs années ainsi que de l’Association du Musée acadien de l’Î.-P.-É.  Toujours à un coup de téléphone en dernière heure, si on avait besoin d’une correctrice pour remplacer à La Voix acadienne, elle était là.  Parfois pour des élans plus longs que prévu.  On ne peut pas la remercier assez.

 

Chère Alice, tu vas nous manquer! On souhaite que tu reposes en paix et on te remercie chaleureusement pour tout ce que tu as fait pour la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard. 

 

Alice laisse son leg

 

Sur une note encore plus personnelle, on vous partage un petit mot écrit par sa fille Yolande dans les derniers jours : «Il y a plusieurs années, je lui avais donné un livre à remplir intitulé “L’héritage d’une mère” et je lui suis très reconnaissante de l’avoir rempli pour moi.  Le livre pose la question suivante : quels conseils donneriez-vous aux futures générations de votre famille?» Voici ce que maman a écrit :

 

«Prennez du temps pour Dieu.  Appréciez la vie sous toutes ses formes... la beauté indescriptible de la mer, des arbres qui semblent si dénués de vie et dont les feuilles repoussent au printemps.  Apprenez à accepter les gens tels qu’ils sont.  Dites-vous que vous ne marchez pas à leur place.  Dieu les a créés comme il le voulait.  Il les aime tout autant qu’il vous aime.  Son amour inconditionnel est parfois difficile à percevoir.  Acceptez les choses que vous ne pouvez pas changer, même si cela signifie parfois vivre au jour le jour.  Soyez reconnaissant pour tout ce que vous avez et pour ce que vous êtes.  Les relations sont importantes.  Il peut toujours y avoir une personne qui a besoin de votre sourire, qui a besoin de votre présence.  Appréciez.  Soyez reconnaissants.  Aimez».

 

Alice, son mari Alfred et sa fille Yolande lors du lancement du livre-recueil «Pélagie et Henriette».  (Photos : Archives) 

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