Le 10 novembre 2020
- Marine Ernoult
Les aînés physiquement actifs présentent un risque réduit de maladies. Le sport permet aussi de lutter contre la diminution de la masse musculaire et le risque de chutes. Selon les recommandations officielles, les personnes âgées devraient au moins faire chaque semaine 150 minutes d’activité physique.
Quels sont les bénéfices de l’activité physique sur la santé des aînés?
«La liste est longue», affirme Isabelle Dionne. La doyenne de la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke évoque l’amélioration de l’état musculaire et osseux, le risque réduit de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2 ou encore de cancers et d’affections rénales. L’activité physique a également des impacts positifs sur la santé mentale des aînés. «Cela contribue à prévenir la dépression légère, les troubles de l’humeur et favorise la mémoire», explique la chercheuse qui poursuit : «Faire du sport ralentit aussi le développement de la maladie d’Alzheimer».
Son analyse rejoint une étude publiée par l’Institut de santé publique d’Irlande en février 2020, qui montre que les personnes âgées de plus de 60 ans, physiquement actives, présentent un risque plus faible de maladies, toutes causes confondues, et ont une plus grande espérance de vie.
Quand les aînés se sédentarisent, ils perdent du muscle bien plus rapidement que les jeunes. Pour Isabelle Dionne, le problème est qu’ils s’en préoccupent «quand il est déjà trop tard et que leur manque de force a un impact sur leur vie quotidienne». La chercheuse insiste : «Dès 60 ans, ils peuvent faire quelque chose pour empêcher la fonte de leur masse musculaire, car plus on avance en âge, plus c’est difficile de retrouver sa pleine capacité physique». La pratique sportive chez les seniors permet également de se prémunir des chutes en entretenant la souplesse et l’équilibre.
Même chez des personnes âgées malades, le sport a des effets bénéfiques. «Des recherches ont montré que l’exercice physique réduit la fatigue chez des individus souffrant de cancer, ils réagissent mieux au traitement, qui se révèle plus efficace», rapporte Isabelle Dionne. Avant d’ajouter : «C’est toujours une bonne chose quand l’activité physique est incluse dans la thérapeutique».

Quels exercices pour les aînés?
Selon les recommandations officielles de la Société canadienne de physiologie, les adultes de plus de 65 ans devraient pratiquer au moins 2 heures et demie d’activité physique par semaine, d’intensité modérée à élever, par séances de 10 minutes au moins. «On parle de danse, de marche rapide ou de natation, avec de l’essoufflement pour améliorer l’endurance», précise Isabelle Dionne. Les aînés devraient également faire au moins deux jours par semaine des exercices pour renforcer les muscles et les os. «15 à 20 minutes pour faire travailler les bras, les jambes et le tronc et engendrer de la fatigue musculaire», complète-t-elle.
La chercheuse évoque les réticences de certaines personnes âgées qui ne font plus de sport, persuadées qu’elles n’en sont pas capables ou que cela ne sert à rien. «Elles se trompent, c’est impressionnant les gains qu’on réalise avec un petit programme de musculation, des gens reviennent à 100 % de leur capacité en quelques semaines», observe-t-elle. L’universitaire, consciente qu’il n’est pas toujours évident d’aller dans une salle d’entraînement, conseille des outils en ligne comme la plate-forme gratuite Move 50+, qui offre des programmes d’entraînement.
Et pour l’hiver qui s’annonce, Isabelle Dionne insiste, il ne faut surtout pas s’enfermer et rester inactif pendant six mois. Au contraire, les seniors doivent continuer à faire des marches en extérieur, «en prenant les précautions nécessaires et en s’équipant correctement pour éviter les chutes».

Cette publication est rendue possible grâce à l’aide financière du Secrétariat aux aînés de l’Île-du-Prince-Édouard dans le cadre de son programme «For Active and Healthy Seniors».