Le 7 octobre 2020
- Par Jacinthe Laforest
La salle au Village musical acadien était aménagée de manière à respecter les consignes de santé publique, compliquant les déplacements dans la salle. Par contre, des micros étaient installés pour permettre aux gens d’intervenir sans avoir à changer de cohorte. (Photos : J.L.)
Les Francophones de l’âge d’or, l’organisme qui regroupe depuis 25 ans les Acadiens et francophones de «l’âge d’or» de l’Île-du-Prince-Édouard a tenu son assemblée générale annuelle 2019-2020 le 3 octobre au Village musical acadien à Abram-Village.
C’était la première fois depuis mars dernier que les membres de l’organisme se rencontraient. La salle avait été sécurisée, pour respecter les distances et empêcher les gens de se croiser, au prix d’obliger les personnes âgées à faire de longs détours pour aller d’un côté à l’autre de la salle. Toutes les précautions n’ont pas empêché une personne de faire une chute et une ambulance a été appelée par précaution.
La salle principale au Village musical acadien est très grande, et quand on est assis en arrière, c’est difficile de lire des informations seulement disponibles en petits caractères sur un écran. Lorsqu’est venu le temps de voter sur le rapport financier, le père Eddie Cormier a pris la parole. «Je ne sens pas que je peux voter pour adopter les documents. Je recommande que dans l’avenir on ait les documents sur papier».
Ses paroles ont été saluées par des applaudissements, mais lorsque le temps de voter est venu, les rapports financiers ont été adoptés, malgré l’abstention de plusieurs personnes.
Durant l’année 2019-2020, les revenus étaient d’environ 62 000 $ dollars. Cependant, plus de la moitié de la somme n’a pas été dépensée parce que les projets n’ont pas été complétés. Une somme de 32 000 $ a donc été reportée à l’année financière en cours, 2020-2021, l’année COVID-19. Donc, les revenus affichés au rapport financier pour l’année 2019-2020 étaient de 29 000 $ pour un surplus de l’exercice de 5 400 $.
Au terme des élections, dirigées par Edmond Gallant, Claude Blaquière a été reconduit à la présidence, et les autres membres de l’exécutif sont également les mêmes soit Patricia Perry à la vice-présidence et Viola Arsenault, secrétaire-trésorière. Les conseillers et conseillères régionaux sont Annette Gallant de la région Évangéline, Zelma Arsenault de la région de Summerside-Miscouche, Donna Lavoie pour Charlottetown, Arthur Buote pour Rustico et Alméda Thibodeau pour la région Prince-Ouest. Il reste un poste de conseiller pour Kings-Est à pourvoir.
25e anniversaire
Pour souligner le 25e anniversaire de l’organisme, des certificats souvenirs ont été créés aux noms des quatre membres du tout premier exécutif. Le certificat au nom de la première présidente, Berthe Blanchard a été acceptée par Maria Bernard. Le certificat au nom de Liliane Gaudet a été accepté par une amie, Annette Gallant, le certificat au nom de feu Alodie Gallant a été accepté par sa sœur Évangéline Gallant. Seule Alice Richard, la secrétaire du tout premier exécutif, était présente pour recevoir en main propre son certificat. On a aussi souligné la contribution de feu Adélard Gallant qui a été le tout premier représentant de l’Île-du-Prince-Édouard au regroupement national des aînés francophones, même avant que l’organisme provincial ne soit créé.

Regard vers l’avenir
Tous les organismes ont besoin de faire le point de temps à autre pour s’orienter ou pour se réorienter. Gabriel Arsenault, consultant, a accepté de faire un diagnostic de l’organisme, afin de voir de quelle manière il pourrait être revitalisé. Il s’attend à rencontrer beaucoup d’intervenants dans les prochaines semaines, pour dégager les dossiers ou actions prioritaires.
Conférences
Après le repas de midi, la médecin hygiéniste en chef de l’Île-du-Prince-Édouard en personne est venue parler aux Francophones de l’âge d’or totalement en français, ce qui a été fort apprécié.
Devant des personnes faisant partie de la partie la plus vulnérable de la population, face à la COVID-19, Heather Morrison s’est faite rassurante, rappelant que l’Île-du-Prince-Édouard était l’une des provinces les mieux protégées à l’heure actuelle. Elle a aussi noté qu’en quelques mois, la plus petite province du Canada avait fait de grands progrès dans sa capacité d’analyse et de diagnostic. «En mars dernier, nous n’avions aucun moyen de faire le moindre test ici à l’Île. Nous devions envoyer tous nos échantillons ailleurs pour être testés. Maintenant, nous sommes la 2e province au Canada qui fait le plus de tests aux milles habitants. Nous avons fait un progrès énorme».
Lors d’une courte période de questions, Alméda Thibodeau a dit craindre que les premières personnes à être vaccinées ne deviennent des cobayes. Heather Morrison lui a répondu qu’elle ne recommanderait jamais un vaccin qu’elle ne donnerait pas à ses propres enfants. Le père Eddie Cormier a quant à lui rappelé que d’autres pandémies, comme la faim dans le monde, n’avaient jamais reçu autant d’attention que la COVID-19, ce qu’il a dit déplorer.
En ce qui concerne la nouvelle application qui est maintenant offerte aux habitants de l’Île, c’est un «outil de plus», qui ne remplacera jamais l’écart social, la bonne hygiène et le port du masque.
Tout de suite après la conférence du Dr Morrison, Georges Arsenault est venu remonter le moral aux personnes dans la salle, leur disant qu’elles pouvaient espérer vivre beaucoup plus long-temps que leurs ancêtres. Les vaccins, les soins de santé gratuits, la bonne hygiène en général ont de beaucoup amélioré l’espérance de vie des personnes.
«Dans le passé, beaucoup de gens mouraient ou enduraient leur mal parce qu’ils n’avaient pas d’argent pour payer le docteur. Aujourd’hui, c’est gratuit».
À l’aide de photos de personnes âgées dont certaines décédées depuis longtemps, il s’est amusé à demander aux gens dans la salle quel âge les personnes sur les photos avaient l’air d’avoir. Elles paraissaient presque toutes plus vieilles qu’elles ne l’étaient en réalité.
Même s’il y a 100 ans à peine, l’espérance de vie était de 65 ans, des personnes ont vécu jusqu’à des âges très avancés et sont restées très actives.
La journée s’est terminée par un intermède musical offert par Jeannita Bernard, sa fille Caroline, Rémi Arsenault et leurs enfants, Riel et Benoit.

La médecin hygiéniste en chef, Heather Morrison, a parlé des succès de l’Île par rapport à sa gestion de la COVID-19.