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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 11 août 2020

- Par Karine Fleury

Sœur Georgina Doiron et sœur Cecile Buote.

 

Le 22 août 1950, Georgina Doiron originaire de Rustico, faisait profession de religieuse en tant que sœur de la congrégation de Notre-Dame.  70 ans plus tard, la dévotion et la foi sont toujours au cœur de sa vie.

 

«C’est une vocation, c’est comme une formation, mais un peu différente, un peu spéciale.  J’ai toujours été heureuse comme religieuse, peu importe où je suis allée.  Je le suis encore aujourd’hui», a-t-elle raconté avec douceur en entrevue.  «Une vocation religieuse est un don de Dieu… c’est dire “oui” à Dieu».

 

Sœur Georgina Doiron est née le 26 janvier 1929.  Elle est la dernière d’une famille de six enfants.  Sa sœur aînée, Yvonne, est devenue religieuse de la Congrégation de Notre-Dame en 1934.  Elle se rappelle que le matin où Yvonne a quitté la maison familiale pour devenir religieuse, elle s’est dit qu’elle ferait la même chose une fois devenue gran-de.  De son enfance à la ferme, sœur Georgina garde un doux souvenir de vivre au rythme des saisons et de la terre.  Elle a été à l’école au couvent de son village natal, Rustico, où elle se rappelle avoir appris de nombreux psaumes et hymnes évangéliques.  Elle adorait particulièrement chanter les prières, une passion qui l’a suivie tout au long de sa vocation comme religieuse.

 

Par la suite, elle a obtenu son brevet d’enseignement au couvent Notre-Dame à Charlottetown.  Elle a enseigné deux ans à New Glasgow, avant de réaliser à 19 ans que son destin avait toujours été de se dévouer comme religieuse.  Cinq mois plus tard, elle partait à Montréal, au Québec, pour faire profession en tant que religieuse de la Congrégation de Notre-Dame.  «J’avais déjà une sœur qui était religieuse, alors je n’ai pas eu d’obstacles du côté de ma famille.  Ç’a été bien accueilli, mes parents étaient très chrétiens et fiers», a souligné sœur Georgina.

 

Elle est partie de Montréal en 1951 pour revenir à l’Île-du-Prince-Édouard, et a ensuite enseigné à Miscouche pendant dix-huit ans.  Sœur Georgina a aussi passé une quarantaine d’années dans les régions de Caraquet et de Pokemouche, au Nouveau-Brunswick, dans l’enseignement, l’animation pastorale et au service communautaire.  «Vivre une vie religieuse est plus qu’enseigner.  La relation avec Dieu doit être nourrie quotidiennement par la prière et la méditation sur la parole de Dieu.  Faire partie d’une communauté de religieuses aide à maintenir un équilibre entre le travail, la prière et la vie en général», a-t-elle écrit dans ses mémoires.

 

La dame de 91 ans demeure depuis 10 ans au couvent de la ville de Québec, où elle continue de faire activement partie de la communauté qui lui a été si chère tout au long de sa vie.  Les dernières années à avoir été entourée par le français québécois l’ont fait réfléchir sur la place de la langue acadienne dans sa vie.  «Le parler acadien, c’est spécial.  On n’a pas vraiment développé notre langue française.  Chez nous, on parlait français, mais à l’école tous les livres étaient en anglais.  Ensuite, quand j’ai enseigné, c’était la moitié en français et la moitié en anglais».

 

De sa vie dans la profession religieuse, sœur Georgina Doiron en retire une profonde joie. 

 

«Le Seigneur a placé des gens merveilleux sur mon chemin.  Il m’a soutenue et nourrie de sa présence, j’ai été privilégiée à bien des égards», a-t-elle écrit dans ses mémoires. 

 

«Mais le meilleur reste à venir.  Pour moi, pour vous, pour tous ceux qui désirent trouver l’amour inconditionnel de Dieu, ici comme au ciel». 

 

 

Qu’est-ce que la Congrégation de Notre-Dame?

 

La Congrégation de Notre-Dame (CND) est une communauté religieuse pour femmes fondée au 17e siècle dans la colonie de la Nouvelle-France.  Elle a été fondée par Marguerite Bourgeoys, qui a créé une communauté religieuse non cloîtrée; les sœurs étaient autorisées à vivre et à travailler à l’extérieur du couvent.  La congrégation a joué un rôle important dans le développement de la Nouvelle-France.  Marguerite Bourgeoys a été canonisée en 1982 par l’Église catholique romaine et est la première sainte du Canada.  «Cette année, on devait fêter en grand les 400 ans de la naissance de Sainte-Marguerite Bourgeoys.  Mais bon, les fêtes sont tombées à l’eau.  On n’a pas pu fêter, à cause de la pandémie», a souligné sœur Georgina.  «La Covid-19, ça a joué des tours à tout le mon-de.  Mais on a été protégé par la maison ici.  Personne n’a été malade.  C’est tellement spécial, on a été chanceuses». 

 

 

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