Le 8 avril 2020
- Par Jacinthe Laforest
Le Salon funéraire Évangéline. (Photo : Gracieuseté)
Au Salon funéraire Évangéline, comme dans tous les salons funéraires de l’Île-du-Prince-Édouard, on suit avec diligence les lignes directrices de la santé publique.
«Juste avant de prendre le téléphone, j’ai reçu de nouvelles directives. Jusqu’à présent, on pouvait réunir un maximum de 20 personnes, mais maintenant, c’est seulement cinq personnes», a informé Gilles Painchaud, président de la coopérative funéraire Évangéline, le jeudi 2 avril en après-midi.
Le Salon funéraire Évangéline est un tout petit salon, comparé à d’autres. «Depuis que tout cela est commencé, nous avons fait une seule cérémonie. Nous avons suivi les directives avec soin. Il n’y a pas eu de messe de funérailles parce que les églises sont fermées.» Même pour rencontrer la famille, les mesures de distanciation physique ont été respectées et le seront tout au long de la période critique, a ajouté Gilles Painchaud.
Pendant l’hiver, en temps normal, on ne met pas les cercueils en terre parce que cette dernière est gelée. On entrepose les corps dans un caveau jusqu’à ce qu’on puisse procéder à la mise en terre.
«Depuis décembre, nous avons cinq corps dans notre caveau. Pour ces funérailles, les messes ont eu lieu. Il ne manquait que la prière au cimetière. Je ne sais pas comment ça va se passer ce printemps», dit Gilles Painchaud.
Les employés et les bénévoles de tous les salons funéraires ont reçu des directives spéciales au cas où ils auraient des clients décédés des suites de la COVID-19. «À Évangéline, on avait besoin de nous procurer des vêtements de protection et des accessoires de protection, pour être prêts. Et comme tout le monde cherchait ces équipements en même temps, ils étaient difficiles à trouver. On s’est tournés vers la caserne des pompiers et des premiers répondants de Wellington pour nous garantir un accès, et c’est comme ça que ça va fonctionner».
Comme les lecteurs de La Voix acadienne le savent en effet, les premiers répondants de Wellington ont reçu des combinaisons assorties de gants et de lunettes pour les protéger au cas où ils devraient intervenir là où ils suspectent la présence de la COVID-19.
Les familles sont compréhensives
Peu importe l’épreuve que la perte d’un être cher peut représenter, les familles comprennent les circonstances qui les obligent à vivre leur deuil différemment. Selon les nouvelles directives, pas plus de quatre membres de la famille devraient se réunir pour faire les arrangements funéraires. Il faut aussi limiter les heures de visite et limiter à cinq le nombre de personnes en présence les unes des autres en tout temps lors des heures de veille.
En tout temps, respecter les mesures de distanciation physique. En période de deuil, lorsqu’on perçoit la douleur de ceux qui restent, cette consigne sera difficile à suivre.