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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 26 février 2020

- Par Jacinthe Laforest

 

En s’engageant dans l’initiative nationale petite enfance en santé, le Réseau Santé en français Î.-P.-É. s’est aussi engagé à élaborer et à présenter, au plus tard le 1er mars, un plan de services communautaires en petite enfance pour guider les actions des décideurs communautaires et gouvernementaux pendant les cinq prochaines années.  Le forum provincial du 22 février à Summerside a permis de valider et de préciser les priorités. 

 

L’initiative nationale petite enfance en santé, est financée par l’Agence de santé publique du Canada.  «Le financement a été annoncé vers la fin de 2019 et les échéanciers étaient serrés.  Mais nous avons réussi à joindre plus de 100 personnes par nos rencontres régionales et notre sondage en ligne, et aujourd’hui, nous avons une bonne vingtaine de personnes.  Nous sommes très encouragés du niveau d’engagement manifesté par les parents et les autres intervenants», dit Karine Gallant, directrice adjointe du Réseau Santé en français (RSF). 

 

Quatre clientèles cibles

 

Depuis décembre 2019, plusieurs démarches de recherches et d’analyses de données ont été menées, de même que des entrevues avec des fournisseurs de services gouvernementaux ou autres.  Au début de l’année 2020, des forums régionaux et des sondages ont permis aux parents et à tous les intervenants en petite enfance de participer à la conversation. 

 

La recherche et les consultations effectuées ont révélé que quatre clientèles spécifiques doivent être prises en compte dans l’élaboration de la stratégie.  Ces quatre clientèles, chacune ayant des besoins qui lui sont propres, sont :

• l’enfant de 0 à 7 ans qui est au cœur de cette démarche;

• les parents et la famille;

• les grands-parents; et

• les intervenants en petite enfance (éducatrices en CPE, garderie familiale, etc.)

 

Pour donner quelques exemples, les priorités en matière de services en français pour la clientèle des enfants seraient la pédiatrie, l’orthophonie et la santé mentale.  Les intervenants en petite enfance auraient, quant à eux, besoin de formation et d’un meilleur accès à de la formation. 

 

Rose Delaney, physiothérapeute et membre du Réseau Santé en français, participait au forum provincial à titre de parent.  «Moi, j’aimerais qu’il y ait une personne qui agirait comme navigateur pour orienter les parents dans leurs recherches, pour les aider à trouver ce dont ils ont besoin, leur expliquer comment faire des démarches, remplir les formulaires, etc.  Je trouve qu’un navigateur de services bilingues est une priorité», a insisté la mère de famille, mais aussi professionnelle de la santé. 

 

Cette suggestion vient répondre à un besoin qui a été exprimé par les parents durant la phase de recherche et de consultation : connaître les ressources disponibles en français pour le parent et sa famille, à partir de la grossesse jusqu’aux premières années à l’école. 

 

Milieu socio-économique favorable

 

Certaines informations présentées lors du forum provincial ont surpris les participants, entre autres, le fait que l’enfant en milieu minoritaire semble se retrouver dans un contexte socio-économique et familial avantageux comparativement à l’ensemble des enfants du même âge. 

 

En principe, puisque la situation socio-économique est un déterminant de la santé, cela devrait soutenir un développement en santé de l’enfant.  Malgré ce contexte jugé favorable, l’accès à des services en français s’avère nécessaire afin de répondre aux besoins de l’enfant et au développement de son identité linguistique et culturelle, l’appartenance et l’estime de soi étant également des déterminants importants de la santé physique et de la santé émotionnelle et mentale de la personne.   

 

«Si nous avons besoin de cette stratégie, ça ne veut pas dire que nos enfants sont en mauvaise santé.  C’est plus sur l’accès à des services en français que nous voulons agir.» En disant cela, Karine Gallant précise que grâce à l’approche mixte communautaire et gouvernementale du RSF, la communauté n’a pas besoin de consacrer ses énergies à de longues revendications, alors que dans d’autres provinces, les relations sont moins harmonieuses.  «Pour nous, c’est collaborer pour trouver des façons de répondre aux besoins.  Nous considérons le gouvernement comme un partenaire», a indiqué Karine Gallant. 

 

D’autres étapes de mises en œuvre du plan de services communautaires en petite enfance sont à venir. 

 

Après deux heures de discussion, est venu le temps d’établir les priorités sur les idées exprimées.

 

Marcia Arsenault, Rose Delaney et Janine Gallant ont participé aux discussions.

 

Iain MacInnes lors des discussions.

 

Dans les groupes de discussion, les idées ont été notées et vont être utilisées pour les prochaines étapes du projet.    (Photos : J.L.)

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