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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 3 février 2020

 - Par Laurent Rigaux

Une douzaine de personnes était présente, le mardi 21 janvier, au Carrefour de l’Isle-Saint-Jean pour parler de la santé des tout-petits.  (Photos : Laurent Rigaux)

 

Le Réseau santé en français de l’Île-du-Prince-Édouard (RSFIPE) a débuté une tournée à la rencontre des parents francophones de l’Île.  Ces réunions sont l’un des volets du projet petite enfance en santé qui vise à améliorer les services destinés aux parents d’enfants de 0 à 6 ans, dans la seconde langue officielle.

 

La tournée a débuté mardi 21 janvier à Charlottetown.  Au carrefour de l’Isle-Saint-Jean, une quinzaine de parents sont réunis ce soir-là autour d’Élise Arsenault, directrice du RSFÎPÉ et d’un consultant.  Ce dernier a présenté l’ensemble des ressources en français disponibles à l’Île pour les parents de jeunes enfants.  Que ce soit en santé mentale, en nutrition, en audition, en ergothérapie ou en motricité, des services existent, mais se limitent souvent à un site internet bilingue.

 

Des infirmières et certains médecins sont aussi bilingues, souligne l’animateur.  Ce qui ne manque pas de faire réagir l’une des participantes sur les difficultés pour accéder à ces services, car «les listes d’attente sont longues».

 

«Ma médecin de famille est bilingue, mais ne le dit pas.  Elle ne savait même pas qu’il y avait une communauté francophone à l’île», s’exclame un autre participant.  L’attribution du médecin par Santé ÎPÉ ne tient pas compte du choix linguistique regrettent certains parents.  «Vous avez le sentiment d’être doublement pénalisés en milieu minoritaire?» questionne l’animateur.  La réponse fuse : «Exponentiellement pénalisés!». 

 

Les participants ont aussi été invités à répondre à un sondage en direct, pour identifier leurs besoins spécifiques.  Avez-vous accès à un médecin, un pédiatre ou à une infirmière pour votre enfant? Parle-t-il français? Une dizaine de questions sont posées durant la réunion.

 

L’une d’elles retient particulièrement l’attention : quels sont les services spécialisés prioritaires pour vous, pas suffisamment offerts en français? La majorité des parents choisit l’orthophonie.  «On s’attend à un bon niveau de français», souligne une mère de famille.  Élise Arsenault comprend ce choix : «Plus tôt l’on peut commencer [à voir un enfant], plus de chance on a de dépister certains problèmes». 

 

Le manque de ressources en français est aussi pointé du doigt, de même que la complexité de celles qui existent.  «Faut discuter, connaître quelqu’un, fouiller, regrette Jérémie Arsenault, père de deux enfants de 2 et 4 ans.  Moi, je veux aller sur un seul site internet».

 

«C’est impossible d’avoir des services en français, souligne-t-il après la réunion.  La majorité des francophones ne sait pas ce qu’il y a, il y a un manque de communication.» Élise Arsenault reconnaît que le répertoire disponible sur le site du RSFIPE «n’est pas à jour».  Selon elle, «les médecins qui parlent français se cachent et ne sont pas identifiés par le gouvernement.  C’est une de nos priorités».

Le RSFÎPÉ s’est également déplacé à Summerside le 22 janvier, à Wellington le 23, à Rustico le 28, et sera à Tignish le 29 et à Rollo Bay le 30.  Un sondage sera envoyé au début février à l’ensemble des parents francophones de l’Île et un forum provincial aura lieu le 22 février afin de présenter l’ensemble des résultats. 

 

Élise Arsenault, directrice du Réseau santé en français, co-animait la réunion. 

 

Les parents ont répondu à un sondage en direct, à l’aide boitiers électroniques, pour identifier leurs besoins et leurs attentes.

 

Une majorité des parents présents ce soir-là ne peut pas communiquer en français avec le médecin, le pédiatre ou l’infirmière.

 

Que le gouvernement identifie les médecins qui sont bilingues est l’une des priorités d’Elise Arsenault, directrice du Réseau santé en français. 

 

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