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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 4 décembre 2019

- Par Marcia Enman

Photo prise lors du mariage de sa fille avec plusieurs membres de sa famille immédiate.  (Photo tirée du livre «Nos Parents» - Gracieuseté)

 

Edgar Gallant, originaire d’Urbainville à l’Île-du-Prince-Édouard, est décédé en paix et en toute dignité entouré de ses proches le 28 novembre 2019.

 

À l’âge de 13 ans, M. Edgar Gallant fait ses études secondaires et universitaires au séminaire de Joliette et à l’Université Laval de Québec où il obtient, en 1949, une maîtrise en sciences sociales, politiques et économiques.  M. Gallant a été boursier de la Société Saint-Thomas d’Aquin, aujourd’hui, la Société acadienne et francophone de l’Î.-P.-É.  Aussitôt les études terminées, il rejoint la fonction publique du Canada et y fait carrière durant 36 ans.  Il a travaillé dans le domaine des relations économiques internationales au ministère fédéral des Finances, au Secrétariat international de l’OTAN à Paris, de la Mission du Canada auprès de la Communauté économique européenne à Bruxelles et au Conseil économique du Canada à Ottawa.

 

C’est à Joliette qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse, Annette (née Perras) décédée le 15 mars dernier.  Ensemble, ils ont eu quatre enfants : leur fils est né à Ottawa, les jumelles Marie et Louise à Paris et la plus jeune, Christel, à Bruxelles.

 

M. Gallant a aussi occupé plusieurs postes dans le domaine des relations intergouvernementales canadiennes.  De1973 à 1976, il a été président de la Commission de la capitale nationale et, de 1976 jusqu’à sa retraite (1985) de la fonction publique, il était président de la Commission de la fonction publique du Canada.

 

Depuis sa retraite de la fonction publique, M. Gallant est demeuré très engagé dans la francophonie, son expertise étant sollicitée par de grandes institutions.  Il a notamment présidé, en 1989, un comité mis sur pied pour conseiller le gouvernement de la Saskatchewan en regard du développement et de la mise en œuvre d’un régime scolaire pour les francophones de cette province.  Il a présidé des comités analogues en Colombie-Britannique et au Manitoba.  Edgar Gallant a été chercheur invité auprès de l’Institut de recherche en politiques publiques, puis à titre de président de divers colloques et comités devant mener à l’autogestion scolaire. 

 

De 1989 à 1992, il est également arbitre en matière de radiodiffusion sous la Loi électorale du Canada.  M. Gallant a mis à profit sa vaste expérience à titre d’expert-conseil auprès de la Fédération nationale des Conseils scolaires francophones (FNCSF) et du Regroupement national des directions générales des conseils scolaires de langue française en contexte minoritaire au pays (RNDGE). 

 

Au fils des années, M. Gallant a travaillé bénévolement pour plusieurs organismes.  Il a été président national de l’Institut d’administration publique du Canada, président du Comité consultatif sur le programme d’études en administration publique de l’Université de Moncton, président fondateur du Réseau des services de santé en français de l’est de l’Ontario et président du Comité directeur de la Fédération nationale des conseils francophones pour une analyse des besoins des conseils scolaires francophones en milieu minoritaire et président du comité tripartite (provinces/territoires, gouvernement fédéral et communautés) pour la mise en œuvre du plan d’action du Sommet des intervenantes et des intervenants en éducation tenu en 2005.

 

La Voix acadienne lui est reconnaissante pour avoir accepté, premièrement en 1993, une invitation du journal de sa province natale de devenir personne-ressource à distance pour l’établissement d’un fonds de fiducie.  Par la suite, Edgar Gallant a accepté d’être patron d’honneur, tandis qu’Angèle Arsenault acceptait d’être patronne d’honneur de la campagne, pour l’établissement d’un fonds de fiducie, afin de permettre la survie du journal La Voix acadienne.   En 1996, la Fondation Jean-H.-Doiron a été établie et nous remercions M. Edgar Gallant d’avoir participé aux diverses étapes de ce grand projet.   M. Gallant a sûrement eu de l’impact dans l’avancement de plusieurs autres projets pour sa communauté natale, qu’il a toujours accepté d’aider.

 

Également préoccupé par les soins de santé des francophones en milieu minoritaire, il est membre du conseil d’administration de l’Hôpital Montfort lorsque la crise SOS Montfort éclate en 1997.  La Commission de restructuration des services ordonne à Montfort de mettre sur pied un réseau sur les services de santé en français pour la région d’Ottawa-Carleton.  C’est ainsi que naît, en 1998, le Réseau des services de santé en français de l’est de l’Ontario, dont le président fondateur est nul autre que M. Edgar Gallant.

 

 

 

Distinctions

Plusieurs distinctions lui ont été décernées, notamment La Médaille Vanier en 1978 en témoignage de services exceptionnels rendus dans le domaine de l’administration publique.  L’Ordre de la Pléiade «Ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures» lui est remis pour reconnaître ses contributions particulières tout en poursuivant les idéaux de coopération et d’amitié de la francophonie.  En 1980, 1981, 1983 et 1992, l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Université de Moncton et l’Université Sainte-Anne ont décerné des doctorats honoris causa à Edgar Gallant.  En 1986, il reçoit la Médaille Léger-Comeau de la SNA (Société nationale de l’Acadie) en reconnaissance de sa contribution spéciale au développement de l’Acadie. 

 

En 1987, Edgar Gallant a été nommé Officier de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction civile canadienne pour avoir admirablement bien servi la cause de l’administration publique à titre de secrétaire du Conseil économique du Canada, de sous-secrétaire du Cabinet du Conseil privé, de secrétaire du Conseil des premiers ministres des maritimes et de président de la Commission de la Capitale nationale et de la Commission de la Fonction publique du Canada.  Dans la même année, il reçoit ainsi l’Ordre de la Fidélité française institué par le Conseil de la vie française en Amérique dans le but d’honorer des personnes qui ont rendu des services signalés à la cause des communautés francophones. 

 

En 1991, la ministre du Patrimoine canadien a remis à Edgar Gallant le Prix d’Excellence des langues officielles en reconnaissance, une autre fois, de sa contribution exceptionnelle au développement de la communauté minoritaire francophone du Canada.  En 1992, c’est au tour de L’APEX (Association professionnelle des cadres supérieurs de la Fonction publique du Canada) de lui rendre hommage pour sa contribution inégalée à l’intérêt public, pour avoir aidé la population à mieux comprendre la fonction publique, et accroître la sensibilisation aux affaires publiques. 

 

En 1992, à l’occasion du 125e anniversaire de la confédération du Canada on a offert une médaille commémorative pour récompenser les personnes qui ont grandement contribué au mieux-être du Canada, de leur collectivité ou de leurs concitoyens et concitoyenne, c’est en novembre de cette année que le très honorable Ramon John Hnatyshyn, gouverneur général a remis cette médaille à Edgar Gallant par l’intermédiaire de l’honorable Sénateur Jean-Robert Gauthier. 

 

En 1998, la Compagnie des Cents associés francophones a comme mission de reconnaître le mérite de Canadiens et Canadiennes qui, de façon exemplaire, ont travaillé bénévolement à la promotion et au développement de la francophonie canadienne.  Edgar Gallant a été fait associé de la Compagnie des Cents associés francophones à son Assemblée générale annuelle qui eut lieu à l’Île-du-Prince-Édouard.   

 

En 1999, à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle de la FCFA (Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada), on lui remet le Prix Boréal pour reconnaître une autre fois, sa contribution particulière au développement et à l’épanouissement des communautés francophones du Canada. 

 

En l’an 2000, Edgar Gallant fut fait membre honoraire du Réseau des services de santé en français de l’est de l’Ontario en reconnaissance de sa contribution comme président fondateur du Réseau.  En 2002, à l’occasion du 25e anniversaire du couronnement de la reine Elizabeth II, Edgar Gallant reçoit une médaille commémorative d’abord à titre de haut fonctionnaire canadien et ensuite pour les mêmes raisons pour lesquelles il fut nommé officier de l’Ordre du Canada. 

 

En 2006, la grande institution nationale qu’est l’Association canadienne de l’éducation de la langue française a conféré à Edgar Gallant le statut de membre honoraire en reconnaissance de sa contribution à la cause de l’éducation française au Canada.

 

Prix Edgar-Gallant

 

Non seulement M. Gallant a été récipiendaire de plusieurs distinctions pour l’ensemble de ses réalisations, mais il a aussi inspiré la création d’un prix.  Le prix Edgar-Gallant, créé par la Fédération nationale des conseils scolaires francophones du Canada, est remis annuellement depuis 2003 à une administratrice ou à un administrateur francophone ayant contribué de façon exceptionnelle au développement de l’éducation en français.  À l’image de M. Gallant, la personne lauréate doit avoir fait preuve d’excellence dans le domaine de la gestion scolaire et son travail doit être reconnu par ses pairs.

 

Famille et amis

 

Edgar Gallant laisse dans le deuil ses quatre enfants, Pierre (Anna Pulice), Marie (Jeff Sinclair), Louise et Christel (Martin Michaud) et ses petits-enfants.  Également ses frèreset sœurs, Elmer (Avola) Gallant, Louise (feu Joseph Arsenault et Dolor [Mélina] et de nombreux cousins, cousines et amis. 

 

Un grand homme nous quitte…  Qu’il repose en paix.  Il était une personne avec une personnalité très calme qui s’intéressait à tout.  Il était un homme d’une sagesse et d’une modestie incomparable.  Il a été un grand défenseur de la langue française, il s’est porté devant plusieurs causes.  Il a été très préoccupé par les droits des minorités jusqu’à son départ.

 

Au nom de toute la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, merci pour votre engagement auprès des communautés francophones d’à travers le Canada.  Nous sommes fiers de pouvoir dire : il venait de chez nous.  Il était le fils de feus Edna et Cyrus P. Gallant, de la région Évangéline.

 

De gauche à droite : Martin Léger du N. B., Louis Comeau de la N.É., Eymard Corbin, MP et président de la section canadienne de l’AIPLF, Edgar Gallant, récipiendaire de l’Ordre de la Pléiade et Jean H. Doiron de l’Î.-P.-É.  (Photo tirée du livre «Nos Parents»)

 

Le Très Honorable Jules Léger, Gouverneur général félicite Edgar Gallant, lors de la remise de La Médaille Vanier.  Sur cette photo, on peut voir son épouse Annette à ses côtés ainsi que son frère Edmond à l’arrière et le père Edgar, Cyrus P. Gallant à la droite sur la photo.  (Photo tirée du livre «Nos Parents»)

 

Cette photo a été prise lors d’une fête surprise organisée par les membres de la famille d’Edgar, pour marquer le 60e anniversaire de mariage de ce beau couple en 2009.  Au premier rang, l’on voit Annette et Edgar.  Au second rang, on trouve Zelma Gallant (belle-sœur), Rita Arsenault (sœur d’Edgar), Doreen Arsenault (belle-sœur) et Louise Arsenault (sœur).  Au dernier rang, on voit Dolor Gallant (frère), Mélina Gallant (belle-sœur), Elmer Gallant (frère) et Avola Gallant (belle-sœur).  (Photo : Archives de La Voix acadienne)

 

La Très Honorable Jeanne Sauvé, Gouverneure générale du Canada remettant les insignes de l’Ordre du Canada à Edgar Gallant.  (Photo tirée du livre «Nos Parents»)

 

Edgar Gallant a eu l’honneur de présenter le Prix qui porte son nom à Gabriel Arsenault de la région Évangéline en 2007.  (Photo : Archives de La Voix acadienne)

 

Au revoir, Edgar Gallant, de ton amie Marcia Maddix Enman.  (Photo prise lors du dernier voyage à l’Île d’Edgar).  Il s’agissait d’une célébration de sa bien-aimée Annette qui avait lieu à Abram-Village. 

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