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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 23 octobre 2019

- Par Jacinthe Laforest

Léona Bernard (à gauche) s’est rendue à Haïti à six ou sept reprises.  Elle avait rencontré sœur Marie-Eva Gaudet (au centre) au cours d’un de ses séjours et elle l’a invitée à venir rencontrer les Dames du sanctuaire, représentée sur la photo par Aldine Richard, présidente de la convention qui avait lieu près de chez elle, à la Salle paroissiale de Mont-Carmel.  (Photo : J.L.)

 

Les Dames du sanctuaire sont des dames qui travaillent ensemble pour le bien de leurs paroisses respectives, c’est-à-dire, les paroisses de Baie-Egmont et de Mont-Carmel.  Même si leurs actions sont très locales, elles contribuent au mieux de leur capacité à des efforts de développement international, notamment en Haïti, où elles savent que les besoins sont très grands.

 

Haïti est cher au cœur des citoyens de la région Évangéline.  Depuis les projets de la défunte coopérative de développement international, qui avait travaillé avec les Haïtiens de la vallée de Jacmel, jusqu’au séjour d’une année scolaire d’une jeune Haïtienne du nom de Roselore au début des années 1990, des raisons de maintenir des contacts chaleureux se sont multipliées. 

 

Il y a quelques années, une collecte de fonds avait permis de fournir des filtres à eau pour améliorer sensiblement les conditions de vie des femmes et des enfants, en particulier, dans plusieurs villages. 

 

Le mercredi 16 octobre, Les Dames du sanctuaire des paroisses de Mont-Carmel et de Baie-Egmont, réunies pour leur convention annuelle, ont pris connaissance des progrès accomplis grâce à ces filtres à eau ainsi qu’aux autres dons en argent que les habitants de la région Évangéline font parvenir régulièrement en Haïti. 

 

Acadienne du Nouveau-Brunswick, sœur Marie-Eva Gaudet habite en Haïti depuis 25 ans.  Elle devait d’ailleurs repartir vers ce pays à la fin du mois de septembre, mais en raison du climat politique instable, elle a reporté son départ de quelques semaines.  C’est ainsi qu’elle a pu venir parler des projets de développement réalisés dans les paroisses où elle œuvre depuis quelque temps, Paulette et Phaëton, situées à environ neuf kilomètres l’une de l’autre, dans le nord-est du petit pays, tout près d’ailleurs de Terrier rouge, où les religieuses acadiennes du Nouveau-Brunswick ont longtemps vécu, avant de céder leur résidence aux religieuses locales. 

 

«Il y a 25 ans, lorsque je suis arrivée dans ces paroisses, on m’a recommandé de prendre mon temps, d’apprendre le créole et de rencontrer les gens.  J’ai vu beaucoup de pauvreté, de malnutrition, surtout chez les enfants.  Puis, une occasion s’est présentée à moi de débuter un programme préscolaire où je voyais un grand besoin», a raconté la religieuse, montrant des photos des écoles et garderies qui ont été construites et agrandies grâce entre autres aux dons recueillis dans la région Évangéline. 

 

«Une de nos petites écoles était située dans un champ assez ouvert et la nuit, les animaux venaient s’y installer pour dormir.  Nous avons construit un mur pour les empêcher d’entrer et depuis ce temps, ça va mieux», a indiqué la religieuse. 

 

Les habitants de Phaëton vivent de la pêche.  Ils mangent aussi les fruits qui poussent dans les arbres et les noix de cajou qui leur procurent des protéines à peu de frais.  Ils coupent ou récoltent le bois qu’ils peuvent trouver pour le vendre et se faire un peu d’argent.  Évidemment, ça crée d’autres problèmes.  Les sols s’érodent et s’appauvrissent.  «Dans le passé, une usine de cordages et de filets de pêche fonctionnait très bien et procurait du travail aux gens d’ici.  Puis, l’arrivée du nylon, pour les cordages, a mis cette usine en faillite.  Ça n’a pas aidé la situation dans ces paroisses», a présumé la religieuse. 

 

Le programme préscolaire et maintenant, scolaire, auquel contribue sœur Marie-Eva Gaudet donne aux enfants des bases en éducation, et ce n’est pas tout, car les enfants sont nourris sur place avant de repartir à la maison. 

 

Les Dames du sanctuaire des paroisses de Baie-Egmont et de Mont-Carmel ont chaleureusement remercié sœur Marie-Eva Gaudet pour les informations qu’elle a partagées.  Au cours des prochaines semaines, une collecte de fonds sera organisée dans la région Évangéline pour venir en aide aux communautés d’un des pays les plus pauvres au monde. 

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