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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 9 octobre 2019

- Par Jacinthe Laforest 

On ne veut pas effacer l’histoire.  Mon objectif à titre personnel aussi longtemps que je serai là, c’est de faire vivre l’histoire et s’assurer qu’elle soit pertinente pour la génération suivante, parce que c’est elle qui va reprendre le flambeau.  Et ce n’est pas seulement pour les jeunes.  Nous avons besoin de réengager nos membres actuels».   Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la SSTA. 

 

Depuis plusieurs semaines déjà, la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA) poursuit un processus de consultation pour changer son nom pour une proposition plus claire, plus inclusive et plus descriptive.  Un nom qui dirait tout de suite en quoi consiste l’organisme. 

 

Il n’est pas question pour les dirigeants de renier 100 ans d’histoire, au contraire, car la fondation acadienne d’aide aux étudiants deviendrait la Fondation Saint-Thomas-d’Aquin.  Cette fondation continuerait à attribuer des bourses d’études aux étudiants, conformément à la raison d’être première de la SSTA. 

 

La Société Saint-Thomas-d’Aquin, qu’est-ce que ce nom évoque pour un nouvel arrivant? Un groupe religieux? Et pour un jeune, ce n’est pas un nom très attrayant.  Mais il y a encore de la résistancequant à la nécessité de changer de nom.  «J’aime autant vous le dire tout de suite, je suis contre le changement de nom, et je peux vous dire que ce n’est pas en changeant de nom que vous allez automatiquement aller chercher plus de jeunes.  Il faut que la SSTA soit plus visible par ses actions», a lancé Bernice Arsenault, lors de la consultation dans la région Évangéline le 2 octobre dernier. 

 

Noëlla Richard n’a pas attendu longtemps avant de rétorquer : «Moi, ça fait 12 ans que j’attends qu’on change de nom», a-t-elle mentionné.  Pourquoi 12 ans? Parce qu’en 2007, les employés de la SSTA, dont elle faisait partie, espéraient obtenir l’aval des membres lors de l’AGA pour ouvrir un processus dans le but de changer de nom.  «L’un des membres influents de la communauté s’est prononcé contre et évidemment, le changement n’a pas été amorcé», a précisé Noëlla, après la consultation. 

 

D’ailleurs, l’idée de changer de nom est revenue dans les assises annuelles de façon régulière et cyclique depuis les années 1970, selon les personnes ayant le plus de mémoire dans la salle.   

 

L’approche du centième anniversaire, et tout le travail de restructuration et de précision du mandat poursuivi au cours des deux et même trois dernières années ont créé un climat propice à un changement de nom. 

 

«Les membres nous ont demandé cependant de souligner le 100e anniversaire en tant que Société Saint-Thomas-d’Aquin et nous avons respecté cela.  Ce soir et depuis quelques semaines, et de toutes les façons possibles, nous recueillons vos idées.  Nous voulons que les gens participent.  Ce n’est pas nous, l’équipe, qui allons choisir le nouveau nom, ce sont les membres, lors de la prochaine AGA, le 27 octobre au Pavillon de l’Est», a expliqué la directrice générale Isabelle Dasylva-Gill. 

 

Selon le processus qui a été établi et expliqué plusieursfois, des noms suggérés et issus du processus de consultation seront soumis au vote et les deux ou trois noms qui semblent rallier le plus de voix seront soumis au vote des membres en assemblée annuelle. 

 

Une fois le nouveau nom choisi, la prochaine étape sera de créer un logo, une image de marque et on prévoit de dévoiler cette nouvelle image au début de 2020 soit l’année où l’on marquera le 300e anniversaire de présence francophone à l’Île-du-Prince-Édouard.

 

Noëlla Richard estime qu’elle doit beaucoup à la SSTA.  «Si je suis ici, c’est grâce à la SSTA.  Si j’ai fait des études, c’est grâce à la SSTA, qui m’a donné une bourse d’étude à l’Université Laval.»  Colette Arsenault (à droite) a participé activement à la discussion. 

 

Gabriel Arsenault a rappelé l’importance pour l’organisme de rester pertinent.  Il a aussi souligné que parfois la SSTA, qui n’est pas une fédération, a pourtant tendance à fonctionner comme tel et à oublier ses membres individuels.

 

Andréa Deveau de Rustico estime que la SSTA est le rassembleur de toutes les régions, et en particulier à Rustico.  «Lorsque nous avons eu la crise dans la petite enfance, la SSTA nous a appuyé.»  Andréa Deveau a aussi soulevé la réalité des Acadiens qui ont perdu la langue et qui peuvent se sentir exclus si le prochain nom se concentrait exclusivement sur la langue française.

 

Bernice Arsenault est opposée à l’idée que la SSTA change de nom.  Elle croit que la meilleure façon pour l’organisme de  se faire une nouvelle image serait d’aller à la rencontre des gens et des jeunes en particulier, et par ses actions plus visible.  «Aujourd’hui, si je devais dire tout ce que la SSTA fait, j’aurais de la misère parce que ce n’est pas assez visible.  J’ai arrêté d’aller aux AGA il y a quelques années, parce que je sentais que je n’y avait pas ma place», dit Bernice Arsenault.  (Photos : J.L.)

 

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