FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 4 septembre 2019

- Par Jacinthe Laforest

L’ambiance de fête régnait autour du gâteau d’anniversaire.  De gauche à droite, on voit Guy Labonté (ancien président), Sonny Gallant (député d’Évangéline-Miscouche), Jamie Fox (ministre des Pêches et des Communautés), Antoine Richard (1er employé de la SSTA), Colleen Soltermann (présidente actuelle), Edmond Gallant, au second rang, et Eddie Cormier (anciens présidents).

 

Le 28 août 1919 serait la date exacte de fondation de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, par l’Association des instituteurs acadiens réunis en congrès à Bloomfield.  L’organisme a été créé à l’origine pour aider les jeunes acadiens à faire des études, au moyen de bourses.  Cent ans plus tard, la SSTA n’a jamais dévié de son mandat d’origine et s’est en plus diversifiée.  On va même jusqu’à dire que la SSTA est à l’origine de tous les développements en langue française depuis 100 ans à l’Île.

 

C’est du moins ce qu’a soutenu Donald DesRoches, maintenant président du Collège de l’Île, lors de la célébration conviviale du 28 août dernier à Summerside.  «Selon moi, tout ce qui se passe en français à l’Île aujourd’hui prend sa racine dans l’œuvre de la SSTA.  C’est la SSTA qui a planté une graine il y a 100 ans, avec la mise sur pied de Jeunesse acadienne, de La Voix acadienne, de la fédération des parents, du Collège de l’Île, des écoles françaises, etc.» a-t-il dit, suscitant dans l’assistance des hochements de tête d’approbation. 

 

C’est aussi ce qu’a décrit Claudette Thériault qui, même si elle avait mérité quelques jours de congé après le Congrès mondial acadien, a tenu à participer à la réception d’anniversaire. 

 

«Mon père, René Maddix, a été un boursier de la SSTA en 1943.  Il est allé étudier l’agriculture à Sainte-Anne-de-la-Pocatière et il a toujours été fier de ça.  Il nous en parlait souvent.  Ma grand-mère était aussi impliquée dans la SSTA, elle collectait les cotisations de 10 sous, pour les cartes de membres et le fonds de bourse, et même mes arrières-grands-parents étaient impliqués.  Et c’est dans ce cadre familial que j’ai grandi et que j’ai trouvé ma passion à travailler pour la communauté et c’est ça qui m’a menée à prendre la présidence du CMA 2019.  Ça vient de la SSTA.  Merci SSTA», a-t-elle déclaré. 

 

En 100 ans, la SSTA a connu des périodes fastes, et des périodes de disette, surtout en ce qui concerne les ressources humaines.  Durant les années 1985-1995 environ, une période de «vache grasse» du point de vue du financement, la SSTA bourdonnait.  Il y avait du personnel dans les secteurs jeunesse, culturel, éducation, formation, du personnel de direction et de réception. 

 

Durant l’été 2018, le personnel a été réduit au minimum, pour diverses raisons échappant au contrôle des dirigeants, mais aussi parce que les secteurs autrefois placés sous la SSTA ont depuis formé leurs propres organismes indépendants. 

 

Du clergé à la prochaine génération

 

Durant les 100 dernières années, qui sont aussi les 100 premières années de la SSTA, le clergé a joué un rôle important.  Les premiers présidents étaient des prêtres et durant l’époque plus récente, le père Éloi Arsenault a été président, ainsi que le père Eddie Cormier.  Celui qui est actuellement curé à Palmer Road, le père Albin Arsenault, a lui aussi tenu à participer à la réception du 100e anniversaire.  «Vous savez, le ministère de pastorale est très exigeant et je n’ai pas la chance de m’impliquer autant que je le voudrais.  Mais c’était pour moi une priorité de venir ici pour fêter avec vous.  Longue vie à la SSTA», a-t-il lancé. 

 

Le tout premier employé de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, Antoine Richard, a expliqué comment son emploi à la SSTA, à compter de 1969, a été déterminant pour le reste de sa carrière au gouvernement fédéral.  Âgé de 89 ans, doté d’une excellente mémoire, il a raconté les années où l’organisation, qui était jusque là entièrement bénévole, était à se créer une administration avec l’argent découlant de l’adoption de la Loi sur les langues officielles de 1969, reconnaissant du même coup les communautés de langues officielles en situation minoritaire.

 

Avec son témoignage au nom de la jeunesse, Karine Gallant a agi comme une charnière entre le passé et l’avenir.  «Dans mon travail, j’ai accompagné les jeunes dans leur découverte de la communauté.  J’ai eu le privilège de les voir commencer à comprendre ce qu’il y avait avant eux autres, d’où venaient les écoles françaises, etc.  J’ai vu ce réveil se faire chez de nombreux jeunes et j’ai toujours trouvé que c’était important pour la relève et que c’était beau», a dit Karine Gallant. 

 

Célébrations variées 

 

Évidemment, les raisons de célébrer le 100e anniversaire de la SSTA sont multiples, autant que les façons de célébrer.  D’ici l’assemblée annuelle de la SSTA, le 26 octobre au pavillon de l’Est à Rollo Bay, plusieurs activités donneront la parole à des acteurs de la SSTA.  Comme l’a mentionné Isabelle Dasylva-Gill, la directrice générale, un cahier spécial sera produit dans La Voix acadienne, des capsules vidéo seront mises en ligne, et en général, les médias sociaux seront très sollicités.  Il y aura aussi des occasions de se rencontrer dans les régions, avec des causeries et des formules de participation.   Il y aura une exposition de photos au musée, des tables rondes intergénérationnelles et des activités dans les écoles pour discuter des façons dont les jeunes peuvent contribuer au développement de la communauté acadienne et à un gala des bénévoles.  # SSTA100 pour partager sur les médias sociaux. 

 

Lucie Boissat, Emmanuelle Billaux, Marion Pauzier, Solange Ake, Lora Mazur et Yoan Rousseau représentent une nouvelle génération engagée au développement de la francophonie à l’Île-du-Prince-Édouard.  (Photos : J.L.)

L'Île-du-Prince-Édouard en images