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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 13 mars 2019
- Par Ericka Muzzo

Entrée en poste en octobre 2017, la 42e lieutenante-gouverneure de l’Île-du-Prince-Édouard ne fait pas les choses à moitié.  Elle a déjà assisté à plus de 400 événements dans sa première année seulement, et assure corriger elle-même chacun de ses discours.  Pour cette adepte de la monarchie, élevée dans un grand respect des traditions, l’un de ses principaux défis pour le reste de son mandat sera d’éduquer la population sur son rôle, et sur l’importance du protocole, aujourd’hui encore. 

«Pour moi, la priorité c’est bien sûr l’éducation», explique celle qui a enseigné la musique et le français durant 32 ans à la «Tignish Consolidated Elementary School», jusqu’à sa retraite en 2009.  «Je m’attends à aller dans chaque école pendant quelque temps durant les cinq années de mon mandat, pour éduquer les jeunes sur mon rôle et sur la Maison du gouvernement, qui est une maison publique en plus d’être la résidence du lieutenant-gouverneur», enchaîne Antoinette Perry. 

La demeure à «Fanningbank» est à ses yeux un «centre d’accueil» pour les ambassadeurs venus d’ailleurs, mais sert également la population de la province.  «On organise énormément de cérémonies de reconnaissance, entre autres pour les bénévoles.  Ce sont parmi mes préférées, parce que j’ai vécu ça toute ma vie», note l’honorable Antoinette Perry. 

Elle se rappelle d’ailleurs l’une de ses premières fonctions, où elle avait remis une médaille à un pompier volontaire.  «Je n’oublierai jamais le regard dans ses yeux lorsqu’il m’a approchée pour recevoir sa médaille.  J’ai réalisé toute l’importance de reconnaître les bénévoles, et c’est quelque chose que ma mère m’a toujours enseigné», souligne la Lieutenante-gouverneure.  À l’Île en particulier, elle remarque que les bénévoles sont présents partout, et enrichissent par leur volonté et leur générosité tous les aspects de la vie dans la province. 

Ode aux langues officielles

Dans ces cérémonies comme dans toutes celles auxquelles elle assiste, Antoinette Perry se fait depuis le premier jour un devoir de parler dans les deux langues officielles du Canada.  «C’est que je veux montrer que je respecte les deux langues officielles de notre pays à tout prix», explique la Lieutenante-gouverneure. 

«Comme je l’ai dit dans mon discours d’assermentation, je suis Canadienne, Insulaire puis Acadienne, dans cet ordre-là», affirme-t-elle encore en soulignant la chance d’habiter dans un pays aussi libre, qui permet à chacun de vivre sa culture comme il l’entend. 

Elle note toutefois avoir reconnu rapidement un manque d’activités francophones à la Maison du gouvernement, raison pour laquelle elle tente de valoriser cet endroit auprès de la communauté.  «Dès que les dates du Congrès mondial acadien 2019 sont sorties, j’ai téléphoné à la responsable et je lui ai dit de ne pas oublier qu’on peut avoir des activités ici, ou bien de m’inviter pour que j’assiste aux activités du CMA», enchaîne Son Honneur. 

Bien qu’on la voit très fréquemment dans des événements francophones, elle assure ne pas faire de discrimination positive dans les activités auxquelles elle assiste.  «Je les choisis avec mon assistante, qui fait un travail extraordinaire pour me préparer afin que je puisse goûter pleinement à l’événement», explique la Lieutenante-gouverneure.  Elle souligne d’ailleurs les efforts de tous ceux qui travaillent à la Maison du gouvernement qui forme une équipe très efficace divisée en plusieurs comités.  En plus, de nombreux bénévoles contribuent au bon fonctionnement de multiples activités organisées dans cette belle maison historique. 

À ses yeux, il est important que ce lieu soit vu comme «accessible» par les Insulaires, qui sont reconnus pour leur sens de l’accueil.  «La perception est parfois que le lieu esttellement officiel que l’on ne peut pas y avoir accès.  Mais c’est pour tout le monde», assure Antoinette Perry.  L’un de ses objectifs pour sa deuxième année de mandat sera d’y convier les francophones, ainsi que de s’assurer que la deuxième langue officielle soit mieux représentée au sein de l’équipe de la Maison du gouvernement à «Fanningbank».  «Si on veut se sentir bien chez quelqu’un, il faut être accueilli dans la langue de son choix», estime-t-elle. 

Tracer le chemin pour le féminin

C’est là un autre précepte de sa mère, qu’elle tient en haute estime et dont elle a énormément appris.  «Il n’y a rien qui pouvait l’empêcher d’atteindre ses buts.  Elle-même a subi bien des attaques et des refus parce qu’elle était une femme, et j’ai suivi son cheminement et l’accompagnant dans beaucoup de ses défis», se rappelle Son Honneur, troisième femme à occuper le poste comme lieutenante-gouverneure à l’Î.-P.-É. 

«Comme elle, je demande le respect comme être humain, je refuse d’être traitée moindrement parce que je suis une femme.» Lorsque cela se produit, et Son Honneur l’a vécu, elle s’assure de rencontrer la personne par la suite pour «lui donner son opinion et sa position, d’une manière douce, mais ferme».  Selon elle, l’égalité n’est pas encore partout atteinte, même si les femmes peuvent aujourd’hui accomplir presque tout ce qu’elles désirent. 

«La politique est plus accessible parce que les femmes s’encouragent entre elles», suppose-t-elle en donnant l’exemple de la journée internationale des filles, l’un des premiers événements de son mandat.  Avec des exemples comme les «Famous Five» et d’autres femmes haut placées, les mentors ne manquent pas pour les jeunes filles d’aujourd’hui.  «Ça arrive, et les femmes osent plus se prononcer», se réjouit-elle. 

Adepte des choses bien faites et du protocole, «une source de stabilité dans le monde d’aujourd’hui», la Lieutenante-gouverneure voit dans la monarchie un élément unificateur pour les Canadiens de toutes les provinces.  «Il faut donner le respect là où le respect le mérite», affirme celle qui fera honneur à son titre «24 heures par jour, sept jours sur sept» pendant tout son mandat.

L’honorable Antoinette Perry dans l’une des pièces de sa résidence, qui est est aussi disponible pour des visites guidées durant l’été.  (Photos : E.M.)

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