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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

7 mars 2019
- Par Ericka Muzzo

Avec plus d'une cinquantaine de plants à divers niveaux de maturité, Paulette LeBlanc est assurée d'avoir en permanence de quoi ajouter une touche de fraîcheur à ses recettes.

Depuis le mois de novembre, Paulette LeBlanc n’a pratiquement pas eu à acheter de laitue à l’épicerie, elle qui adore pourtant faire le plein de ce végétal pour ses repas.  Son secret? Un système de culture hors-sol, qui lui permet d’avoir un petit jardin intérieur à l’année. Basilic, persil, pak-choï et plusieurs variétés de laitue lui assurent cet hiver d’avoir toujours des aliments frais à portée de la main.


Tout a commencé par un projet de jardins mis en place dans plusieurs écoles francophones de l’Île, en 2018.  À l’école Évangéline, dont Mme LeBlanc est la directrice, une partie des fonds a été utilisée pour acheter un petit système de serres hydroponiques, permettant aux élèves de faire pousser poivrons et tomates à l’intérieur.  «Ça a très bien fonctionné, ils en mangent encore aujourd’hui!» se réjouit Paulette LeBlanc.


Durant l’été, c’est la directrice qui a pris soin des plants, qui ne pouvaient tout de même pas être laissés à eux-mêmes sous peine de flétrir et de se dessécher.  «J’avais déjà mes propres plants à l’extérieur, j’ai toujours aimé jardiner. En particulier pour les fines herbes», note-t-elle. En prenant soin des serres hydroponiques, Paulette LeBlanc a réalisé qu’un tel système lui permettrait d’en avoir à longueur d’année.  «J’ai passé l’été à faire des recherches sur Internet, à regarder énormément de vidéos sur YouTube pour m’informer sur la culture intérieure», explique-t-elle.

Accessible à tous


Au mois d’octobre, son idée était faite.  Elle a acheté tout le matériel nécessaire pour commencer une douzaine de plants, incluant des lumières pour l’éclairage horticole.  «C’est mon mari qui a tout installé. Aujourd’hui, j’ai environ une cinquantaine de plants», mentionne Paulette LeBlanc, comme pour illustrer que le projet a fonctionné encore mieux que prévu.  Grâce au système utilisé par l’horticultrice en herbe, la seule électricité nécessaire est celle pour les lampes UV, ce qui rend le tout plus économique que d’autres types de mini serres intérieures.


Ce qu’il faut pour qu’un tel projet fonctionne, c’est surtout de la curiosité et du temps.  «La première étape, c’est de planter les graines. Pour ça, j’utilise des petits blocs de laine de roche, c’est vraiment ce qui fonctionne le mieux.  Il faut les saturer d’eau, et les minéraux contenus dans le matériel font le reste. Une fois que les racines dépassent, on peut transférer le bloc dans un petit panier au-dessus d’un pot Masson rempli d’eau, en gardant un peu d’espace pour que le haut de la racine respire.  On recouvre le tout de papier brun et de petites roches pour filtrer les rayons du soleil, et éviter la formation d’algues, et le tour est joué!» explique Paulette LeBlanc.


Bien entendu, les plants demandent ensuite qu’on prenne soin d’eux régulièrement.  Elle estime passer quelques heures par semaine à s’occuper de son jardin intérieur, mais souligne que c’est surtout par plaisir.  Depuis le début, Paulette LeBlanc note tout dans un petit cahier : moment de la plantation, le temps qu’il faut à la plante pour grandir et le moment où elle est prête à être récoltée.  «Ça me permet d’établir une habitude pour être sûre d’avoir toujours des fines herbes ou de la laitue à disposition. Hier par exemple, j’ai fait partir sept nouveaux plants. C’est beaucoup de l’essai/erreur, je m’amuse», affirme l’horticultrice en herbe.

Satisfaction garantie


La méthode a plusieurs avantages, soit d’être aussi locale que possible, et économique.  «Contrairement aux plants de fines herbes que j’achetais en magasin, et qui ne duraient pas longtemps, ceux que je fais pousser restent frais et repoussent à plusieurs reprises.  Il faut savoir bien les couper, mais ce plant-là de basilic par exemple, c’est le même depuis le début, et il continue de fleurir», explique Paulette LeBlanc en pointant un plant fringant qui trône sur la table de la cuisine, prêt à être consommé.


Elle note aussi qu’il y a une grande satisfaction à manger des légumes qu’on a soi-même fait pousser.  «J’ai l’impression qu’ils goûtent meilleur, mais c’est peut-être juste dans ma tête, rigole-t-elle. J’ai un contrôle sur ce que je mange, je sais qu’il n’y a pas de produits chimiques ou quoi que ce soit.  Avec tous les problèmes d’e.coli qu’il y a eu récemment, c’est rassurant de ne pas avoir à acheter ma laitue en épicerie», constate Mme LeBlanc.


Une cinquantaine de plants plus tard, ce qui a commencé comme une petite expérimentation a pris beaucoup plus d’ampleur que prévu, et elle ne compte pas s’arrêter là.  «Mon objectif est de doubler le nombre de plants pour me rendre à une centaine, et pouvoir en donner à mes amis et à ma famille», prévoit Paulette LeBlanc. Après tout, une fois les lampes achetées, il n’en coûte pas beaucoup plus cher d’agrandir la production.  Elle estime qu’au total, le petit jardin intérieur a dû revenir à environ 300 $, une aubaine pour une si belle aventure.


Sur la table de la cuisine trône aussi un catalogue des semences de tomates, la prochaine cible de l’horticultrice intérieure.  «Je continue mes recherches et j’en apprends encore tous les jours», assure celle-ci. Pour ceux qui ont envie de s’initier à la pratique, elle recommande de débuter avec un projet de petite envergure.  Inévitablement, il faut aussi prendre le temps de bien s’informer sur Internet, une première étape clé pour un jardin intérieur en bonne santé.


Sous un éclairage UV adapté, les végétaux poussent chacun à leur rythme sans demander trop d'entretien. (Photos: E.M.)

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