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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

7 mars 2019
- Par Jacinthe Laforest



Dans son antre de chercheur, Georges Arsenault est dans son élément, entouré de livres, d'albums de photos et de boîtes remplies de documents et, en particilier, de photographies. 

Depuis le 25 mars 2009, Georges Arsenault publie fidèlement chaque semaine dans La Voix acadienne une chronique intitulée Images du passé.  Cette très populaire chronique, qu’il réalise bénévolement, célèbrera donc prochainement son 10e anniversaire.   


«Si je calcule bien, j’aurais environ 50 chroniques par année, j’ai donc publié 500 chroniques, et je les ai toutes conservées dans un cahier.  Ça fait une œuvre considérable», dit celui qui apprécie particulièrement les «photos qui parlent».


«J’aime les photos de la vie quotidienne, où les gens travaillent, jouent, font des activités sportives ou participent à des fêtes traditionnelles.  J’aime aussi quand on voit les détails d’architecture. C’est rare de trouver des photos prises à l’intérieur avant l’arrivée des flashs, mais quand j’en trouve, elles fournissent beaucoup de détails sur la façon dont les maisons sont décorées, en plus de tous les autres détails.  Ça fait partie des choses que je recherche», dit Georges Arsenault.


L’historien s’est intéressé aux photos anciennes lorsqu’il a commencé à publier des livres, au début des années 1980.  «J’ai réalisé qu’il y avait dans les photos des documents qui méritaient d’être sauvegardés. Et j’ai aussi constaté en même temps que les personnes, les lieux et les occasions où la photo a été prise étaient très rarement identifiés.  Ça m’est apparu particulièrement important de documenter les photos lorsque j’ai eu en main les albums de photos de ma mère», a précisé le chercheur.


Georges Arsenault avait toujours dit à sa mère qu’il tenait beaucoup à ses albums.  «Lorsque ma mère est tombée malade, j’ai emprunté ses albums, je les ai photocopiés et j’ai commencé le travail d’identification des personnes sur les photos.  Il y en avait beaucoup que je ne connaissais pas. Par chance, j’ai pu, avec l’aide de ma mère, identifier pratiquement toutes les personnes, les lieux et les occasions.  Il y en a que je n’aurais jamais devinés», dit celui qui, dans ses propres albums de photos, écrit toujours les noms des personnes, les dates, les occasions et les lieux.  


Au cours des années, son intérêt pour les photos anciennes a largement dépassé le cadre de sa propre famille.  «Les gens savent que je collectionne les photos et quand ils me disent qu’ils ont des albums ou des boîtes de vieilles photos, et que je pourrais les emprunter, je fais le même travail que j’ai fait avec celui de ma mère.  Je scanne les photos, j’identifie les personnes autant que je peux, et je confirme ensuite avec les propriétaires des albums.  Il arrive que j’identifie des personnes qu’eux-mêmes n’avaient pas identifiées.  Et je prends toujours soin de mentionner la provenance des photos quand je les publie.  Par exemple, dans mes chroniques Images du passé, j’identifie toujours la collection d’origine», précise celui qui collectionne les photos avec méthode et rigueur, mais aussi avec plaisir.  


Oui, il possède des milliers de photos, sur papier, dans des albums, et également dans son ordinateur, qui compte en ce début mars 2019 au-delà de 14 000 fichiers de photos numérisées.  Par contre, la satisfaction et le plaisir qu’il ressent ne se trouvent pas dans l’accumulation, mais plutôt dans le partage. C’est justement ce qui le motive à maintenir sa chronique hebdomadaire dans La Voix acadienne, et c’est aussi la raison pour laquelle il est très actif sur les médias sociaux.


Dans les familles en général, une seule personne possède les albums de la génération précédente, c’est-à-dire les photos les plus anciennes de la famille.  Souvent même, les autres membres de la famille, les frères et les sœurs, les neveux et les nièces, les oncles et les tantes n’ont pas accès à ces photographies.  «J’ai créé plusieurs albums thématiques sur une page Facebook intitulée “Souvenirs région Évangéline”.  J’ai un album sur les enfants de la région Évangéline, sur le Festival acadien, sur les anciens de la région Évangéline, sur les écoliers, etc.  J’y publie régulièrement des photos issues des albums qu’on m’a prêtés.  Les membres de ces familles sont très heureux de retrouver des photos d’eux qu’ils n’avaient parfois jamais vues», dit Georges Arsenault.  


Alors que pour sa page Facebook, l’auteur se concentre surtout sur la région Évangéline, pour sa chronique dans La Voix acadienne, il essaie de se rendre dans la plupart des régions acadiennes de l’Île.  «C’est parfois difficile de trouver des photos de Souris ou de Rustico, ou même de Charlottetown, mais j’arrive toujours à passer régulièrement dans toutes les régions.  Je sais que les gens apprécient beaucoup cette chronique. J’ai retrouvé la toute première que j’ai publiée le 25 mars 2009. Je pensais alors que j’allais faire cela quelques mois, et 10 ans plus tard, j’y suis toujours.  Je reçois toujours d’excellents commentaires et parfois je me fais corriger, mais vraiment pas souvent», dit le chercheur, qui vérifie aussitôt avec rigueur les informations qu’on lui donne.


«Je ne sais pas combien de temps encore je vais continuer cette chronique.  Certainement, j’ai assez de photos pour plusieurs années. Je pense de façon réaliste, que je peux prévoir être fidèle au poste jusqu’à 2020, année où on célèbrera le 300e anniversaire de présence française à l’Île», dit Georges Arsenault, avec prudence, cependant, pour se conserver une liberté de décision.  


Il aimerait, dans le futur, publier une sélection de ses chroniques Images du passé dans un livre bilingue, un format plus permanent qu’une chronique dans un journal.  


Mentionnons aussi que toutes les chroniques Images du passé publiées dans La Voix acadienne sont regroupées dans la section Archives du site Web de La Voix acadienne.


La série de 2018 devrait être mise en ligne prochainement.  


Georges Arsenault partage sa passion des photos anciennes avec les lecteurs et lectrices de La Voix acadienne depuis 10 ans. (Photos : J.L.)

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