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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 5 mars 2019

- Par Ericka Muzzo

Des membres du comité de travail ainsi que les consultants se sont relayés durant les rencontres pour répondre aux questions des concernés.  De gauche à droite, Imelda Arsenault, Samantha Hughes de la Fédération des municipalités de l’ÎPÉ, Roger Gallant, Alcide Bernard, Connie Saulnier, Chyrstal Fuller et Brian Smith de «Brighter Planning & Consulting», Irene MacCaull, Ardalan Shareghi de la firme consultante et Nick Arsenault.  (Photo : E.M.)



Le projet de municipalité régionale «Vision Évangéline» est en voie de terminer sa première phase, celle de la mesure et de l’évaluation de la situation actuelle.  Avant de publier son premier rapport, la firme d’experts-conseils «Brighter Community Planning & Consulting» a voulu soumettre à la population les résultats de ses premières démarches.  La formule choisie n’a cependant pas fait l’unanimité chez les citoyens concernés.

Quelque 80 personnes se sont déplacées le mardi 19 février dernier pour jeter uncoup d’œil aux progrès accomplis, et poser des questions sur la suite des choses.  À l’aide de panneaux explicatifs, les citoyens ont eu droit à quelques explications sur les finances et la démographie des municipalités rurales d’Abram-Village et de Wellington à l’heure actuelle.  Était aussi présentée une carte de ce à quoi pourrait ressembler une future municipalité régionale, qu’elles en seraient les priorités et les étapes pour s’y rendre. 

L’objectif était surtout de pouvoir poser des questions aux responsables du projet.  Le citoyen Théo Thériault déplore toutefois d’avoir attendu plus d’une heure, sans succès, pour parler à la consultante Connie Saulnier, la seule à être parfaitement à l’aise en français.  «L’autre consultante qui parlerait prétendument français nous a dit qu’on ferait mieux d’attendre de parler à Mme Saulnier, mais elle a été monopolisée pendant tout le temps qu’on était là par une discussion en anglais», constate Théo Thériault.  Il aurait préféré comme format de rencontre une soirée en français et une autre en anglais, afin d’assurer que tout le monde puisse poser ses questions dans la langue de son choix. 

Il se dit «inquiet» par rapport au choix de la firme, qu’il aurait préférée plus francophone.  D’après le membre du comité de travail Nick Arsenault, «Brighter Planning & Consulting» a été choisie à la suite d’un appel d’offres, et les autres firmes ayant postulé n’auraient pas nécessairement été plus francophones.  «Je n’ai pas eu conscience de cet incident, mais j’en prends note.  La prochaine consultation ne se fera pas sous le même format», indique M. Arsenault.  Il assure que les consultants sont conscients de l’importance de l’enjeu linguistique et ne remet pas en cause leur validité.

Les taxes, point central 

Quelques personnes présentes se sont dites déçues de ne pas trouver d’exemples de taxation, le litige principal de la démarche.  En particulier les citoyens de villages non incorporés, comme Mont-Carmel, qui ne payent actuellement pas de taxes municipales, mais devraient en payer si le projet de municipalité régionale se concrétisait.  Une dizaine de villages sont ainsi concernés. 

La consultante Connie Saulnier est responsable de l’aspect financier du projet.  Elle est bien consciente des inquiétudes de la population, et assure que les questions trouveront des réponses concrètes à la prochaine rencontre, le 1er avril.  «On va créer des exemples de ce à quoi les taxes pourraient ressembler sur trois ans.  Il y aura plusieurs modèles possibles, les gens payeront en fonction des services qu’ils reçoivent», assure-t-elle. 

Il reste encore à définir la manière dont les terrains et propriétés seront évalués, ce qui jouera un grand rôle sur le montant des taxes.  Les propriétaires de fermes, notamment, espèrent qu’ils ne devront pas payer une fortune simplement parce qu’ils possèdent de grandes terres. 

La suite des choses

«Vision Évangéline» entrera bientôt dans la deuxième phase du processus, celle des recommandations et de l’établissement d’un plan de restructuration municipale.  «L’une des priorités, c’est qu’on ait une vision partagée, qu’on sache où l’on veut aller», souligne l’un des consultants, Brian Smith.  Il note que les municipalités rurales collaborent déjà beaucoup, et que l’objectif du projet est de renforcer encore la région, en particulier sur la question du développement économique. 

Une municipalité régionale permettrait l’accès à davantage de services pour la population des villages autour de Wellington et Abram-Village.  «Il y aurait plusieurs bénéfices, les gens n’auraient plus besoin d’aller au gouvernement provincial», explique Connie Saulnier.  Elle-même vient de la Nouvelle-Écosse, où elle a travaillé à des projets similaires.  Elle estime que le regard extérieur de la firme permettra de donner plus de force au projet. 

Pour tenir les concernés au courant des discussions et des progrès, le site Web «municipalite-evangeline.ca» a été mis sur pied, tout comme la rencontre du 19 février.  «Cela a vraiment permis de partager avec les gens, de leur parler un à un.  On a pu prendre le temps de bien se comprendre et s’expliquer, on est très contents des portes ouvertes», affirme le maire de Wellington et membre du comité de travail Alcide Bernard.  Il était présent aux deux rencontres, celles de l’après-midi et du soir. 

Une fois le deuxième rapport paru, aux alentours du mois d’avril, le comité de travail de «Vision Évangéline» consultera la population afin de savoir si elle désire aller de l’avant.  Certains résidents ont évoqué l’idée d’un vote.  Si le tout s’avère, le projet sera présenté à la Commission de réglementation et d’appels de l’Île (IRAC).  À ce moment, il sera encore possible pour les citoyens de faire valoir leurs points de vue et de modifier le projet en conséquence. 

Présente en après-midi, la citoyenne Louise Gallant a souligné l’unicité de la région Évangéline.  D’après elle, il faut protéger la langue et la culture de cette partie de l’Île, et un regroupement municipal pourrait être une bonne manière de le faire.  Elle attendra toutefois d’avoir plus d’information sur ce qui pourrait changer avant de se prononcer. 

Le comité de travail a soumis cette proposition des limites de restructuration, mais elle pourrait encore changer selonles commentaires des citoyens. 




Plus de 80 personnes se sont déplacées pour assister aux portes ouvertes du soir, rendant parfois difficile d’obtenir des réponses, surtout en français.  (Photo : Marcia Enman)


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