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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

22 février 2019
- Par Jacinthe Laforest


Gilles Bernard, sa femme Tania et leur fille Mireille.

Au cours des derniers mois, le paysage du village agricole de Saint-Philippe s’est modifié, avec l’ajout de ce qui est désormais connu comme «la grosse grange à Gilles» Bernard, le copropriétaire de «Bernadale Farms».  

La construction de cette nouvelle structure était nécessaire. «La vieille étable avait besoin d’être remplacée avant qu’elle ne nous tombe sur la tête. Elle avait environ 50 ans et elle n’était plus adaptée à l’agriculture moderne.  Les règlements liés à l’hygiène et à l’environnement ont changé. On avait besoin de se mettre à jour», résume Gilles Bernard.


Également, dans la balance, un argument de poids en faveur de la nouvelle étable : le confort des animaux.  «Si mes vaches se sentent bien, si elles peuvent boire quand elles veulent, manger autant qu’elles le veulent, elles vont produire plus de lait.  Si elles ont de la place pour bouger et qu’elles restent propres, elles seront en meilleure santé», précise l’agriculteur.


La nouvelle étable, qui mesure plus de 216 pieds de long et plus de 101 pieds de large, dans une forme de «T», est conçue pour assurer le confort total des animaux qui sont en stabulation libre, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas attachés.  Les vaches reposent non pas sur de la paille ou du bran de scie, mais plutôt sur du sable très fin. «Même dans l’autre étable, je les avais installées sur du sable. C’est ce qu’il y a de mieux. Ça reste frais et propre. Et un grand avantage c’est que les bactéries et les microbes ne se développent pas là-dedans».


Pour concevoir les plans de sa nouvelle étable, Gilles Bernard a fait ses devoirs.  Il a consulté des ingénieurs et il a évalué ses besoins avec soin, pour choisir l’équipement le plus approprié pour maintenir un bon degré d’efficacité.   
«L’efficacité, c’est important.  Je ne peux pas payer quatre personnes sept jours par semaine 12 heures par jour à l’année.  Ça ne serait pas viable, et on n’aurait pas de qualité de vie. On peut améliorer notre travail avec la technologie, mais ça ne remplace pas tout», dit le copropriétaire.  


En ce mois de février 2019, la ferme compte environ 60 vaches en lactation, qui passent au «salon de traite» soir et matin.  Et quand on dit «salon de traite» c’est à peine exagéré. L’espace est séparé de l’étable par un rideau mécanisé blanc, qu’on lève seulement aux heures de traites.  «Je peux traire 20 vaches à la fois. Ça va assez vite déjà, mais quand les vaches vont être plus habituées, ça va aller encore plus vite. C’est certain que quand elles sont arrivées dans la salle de traite pour la première fois, elles étaient nerveuses, mais maintenant, ça va très bien», dit le producteur laitier.


En plus des vaches en lactation, une autre partie de l’étable abrite des animaux dans diverses étapes de gestation et de croissance.  En plus, un certain nombre de génisses séjourne encore dans l’ancienne étable. «J’ai fait cela pour éviter que l’eau gèle. La présence des animaux, ça tient l’air chaud et ça fait circuler l’eau», précise-t-il, alors que le sort de la vieille étable n’a pas encore été déterminé.  


L’eau, une ressource précieuse


«Il y a de l’eau sur la butte à Saint-Philippe», affirme Gilles Bernard.  Un simple puits suffit à alimenter les nouvelles installations. Ça ne veut pas dire qu’il faille gaspiller l’eau.  «Nous avons fait de grands efforts pour recycler l’eau. L’eau qui sert à nettoyer le refroidisseur à lait et les tuyaux à lait après chaque traite est conservée dans un grand réservoir et on s’en sert pour laver les planchers.  D’un autre côté, l’eau qui sert au système de refroidissement du lait est elle aussi conservée dans un autre réservoir, pour être acheminée vers les buvettes des animaux. Tout cela est prévu dans la construction», décrit Gilles Bernard.  


Gestion du fumier


Retour en arrière.  Nous avons expliqué plus tôt que les vaches se couchent sur du sable.  Si elles faisaient leurs besoins dans ce sable, ce serait un problème. Donc, les structures sont conçues de manière à ce qu’elles soient obligées de se reculer pour se tenir debout, ce qu’elles font en général quand elles ont envie.  


Le fumier est poussé mécaniquement vers l’immense fosse à fumier construite à l’extérieur.  «On n’avait pas le choix de faire ça. Ça faisait partie des règles d’environnement. Sans cela, je n’aurais pas eu le permis de construire.  En tout cas, la fosse a une capacité de six mois de fumier, probablement plus que ça parce que l’étable n’est pas pleine actuellement. J’ai construit assez grand pour pouvoir grossir le troupeau».


Outre les installations pour les animaux, la nouvelle étable est aussi conçue pour les humains.  Un espace pour un bureau où les rubans et trophées remportés dans des expositions agricoles formeront la plus grande partie du décor, un espace «toilettes et lavabo» sera aménagé, et un espace laveuse sécheuse est également prévu. «Pour laver les pis de vache avant la traite, on utilise du papier, mais on veut plutôt utiliser des linges réutilisables, qui vont devoir être lavés et désinfectés. C’est pour cela qu’on a prévu une laveuse/sécheuse», précise le fermier.


La nouvelle étable a été construite par Wellington Construction, une entreprise locale.  «Il y avait deux compagnies qui s’intéressaient à la construction, mais l’autre compagnie était nerveuse.  Alors, j’ai choisi le plus évident. Je savais qu’ils seraient capables. Encore maintenant, un ouvrier vient de temps à autre pour vérifier que tout va bien», apprécie Gilles Bernard.  


D’un naturel discret, Gilles Bernard ne tenait pas à partager avec les lecteurs la valeur de ce nouvel investissement. 


La nouvelle étable en forme de «T» est d'un beau rouge brillant. 


Les vaches sont installées sur du sable très fin qui assure leur confort été comme hiver. 


La salle de traite est conçue de manière à augmenter l'efficacité et le confort, autant des animaux que des humains. (Photos: J.L.)

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