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Le 9 janvier 2019


La maison de récupération Lennon (Lennon Recovery House) est en pleine rénovation et devrait ouvrir en avril prochain.  C’est du moins l’intention de Dianne Young, fondatrice de l’organisme à but non lucratif et en ce moment, directrice du projet de rénovation en cours. 

«Ça avance, nous avons la chance de pouvoir compter sur la collaboration de nombreux organismes, entreprises et agences gouvernementales, pour mener à bien les rénovations nécessaires», dit Dianne Young, qui n’hésite pas elle-même à manier l’aspirateur tout en tenant un œil sur les progrès qui sont visibles très rapidement.  «Ils ont commencé ce matin à poser le plancher dans ce corridor et ils ont déjà presque fini.  C’est très motivant.  Il reste beaucoup de travail à faire, mais je pense que nous pourrons ouvrir dès le mois d’avril», dit celle qui est à l’origine de la démarche en cours. 


Raison d’être

Le fils de Dianne, Lennon, vivait dans l’ouest du pays lorsqu’à 21 ans, il a développé des signes de maladie mentale.  Une chose entraînant l’autre, il a commencé à consommer des drogues.  «Il ne pouvait plus travailler.  Il est revenu à la maison et a été hospitalisé.  Au fil des années, il a reçu des traitements, mais j’ai constaté, durant cette période, à quel point les ressources étaient maigres et mal adaptées aux besoins des jeunes comme Lennon», souligne Dianne Young.  Le 8 novembre 2013, Lennon, alors âgé de 29 ans, a mis fin à ses jours. 

«Je sais que c’est étrange de dire cela, mais parfois, j’ai l’impression que la raison d’être de Lennon était de préparer le terrain pour la mise sur pied d’un lieu qui aiderait les jeunes comme lui à reprendre goût à la vie.  En tout cas, je sens que Lennon m’accompagne dans ce bout de chemin que je fais présentement», dit Dianne Young.


Signe du destin ou hasard

Bien avant que le Centre Belcourt à Rustico ne devienne une option, Dianne avait commencé à discuter avec le diocèse de la possibilité de transformer des presbytères inoccupés en maisons de réinsertion où des jeunes pourraient réapprendre à vivre en société sans sentir le besoin de consommer.  Puis, comme parfois le hasard fait bien les choses, Dianne s’est vu offrir pour la somme de 1 $ le Centre Belcourt, un joyau au cœur du Rustico historique. 

Le Centre Belcourt était à l’origine un couvent-école où certains élèves séjournaient.  Puis, le diocèse de Charlottetown en a fait un centre de retraites et de ressourcements.  Les retraites des alcooliques anonymes, de Alanon et autres types de retraites y avaient lieu régulièrement, jusqu’à ce que le diocèse décide de s’en départir.  Dianne Young a pris possession de l’édifice en mai 2017, au nom de l’organisme à but non lucratif qu’elle avait aidé à mettre sur pied. 

Un an et demi plus tard, Dianne Young est toujours aussi déterminée, et peut-être même plus.  «Les jeunes qui sont aux prises avec l’alcool et les drogues ont peu de ressources.  Les listes d’attente sont longues pour les traitements de désintoxication et quand on y entre, on en sort trop rapidement, sans avoir vraiment réappris à vivre avec de vraies émotions et à faire face au stress normal de la vie.  Les rechutes sont nombreuses», déplore Dianne Young.

La maison «Lennon Recovery House» ne sera pas un centre de traitement pour la maladie qu’est la dépendance et elle ne sera pas non plus un centre de désintoxication.  Les clients pourront y rester jusqu’à un an, peut-être plus, selon les cas. 

«Nous aurons un jardin où nous ferons pousser des légumes.  Nous aurons nos poules pour les œufs et la viande.  Les pensionnaires participeront aux tâches quotidiennes d’entretien de leurs espaces personnels, mais aussi des espaces communs.  Nous aurons du yoga, diverses formes de thérapies par les arts et la nature.  Nous aurons du personnel masculin et féminin sur place 24 heures sur 24, sept jours par semaine», dit Dianne Young, qui a très hâte de voir se réaliser la vision qu’elle entretient dans son cœur depuis des années. 


Partenaires et contributeurs 

Le gouvernement provincial contribue de multiples façons au projet sous forme de salaires et de subventions pour se conformer aux nouveaux codes du bâtiment.  «Nous avons dû aménager des sorties de secours additionnelles, installer des parois coupe-feu, et des gicleurs, en cas d’incendie et d’autres mesures de sécurité, et le gouvernement a payé la moitié des travaux.  “Kent Building Supply” nous a beaucoup aidés en nous accordant des rabais.  Et nous avons reçu beaucoup d’autres projets, subventions et dons en tout genre», affirme Dianne Young. 

L’association de la «Lennon Recovery House» a reçu l’appui de l’organisme caritatif.  «100 Women who Care».  «En novembre dernier, nous avons reçu un don de 16 000 $ de cet organisme et cela nous a permis d’envisager de meilleures installations pour la cuisine.  La presque totalité de la somme a servi à acheter des équipements professionnels et très efficaces.  C’est difficile de dire combien de pensionnaires nous aurons, mais il y a 11 chambres au 2e étage et 14 chambres au 3e étage.  Certaines sont plus petites et d’autres sont plus grandes.  Il y a encore beaucoup de décisions à prendre, vous pouvez vous en douter», explique Dianne Young. 

Alors que les travaux se poursuivent intensément à l’intérieur, l’extérieur n’est pas en reste.  Un revêtement d’un jaune joyeux recouvre graduellement l’édifice.  D’ici quelques semaines, les efforts de recrutement du personnel vont s’intensifier.  En attendant, Dianne Young lance un appel aux personnes qui souhaiteraient prêter leurs muscles bénévolement.  Il y a toujours du ménage à faire, des meubles à déplacer, de la peinture à faire.  Les personnes intéressées peuvent communiquer avec Dianne par le site Web www.lennonhouse.ca. 


Aileen Matters (à gauche) et Valerie Docherty (à droite) toutes deux membres de l’organisme «100 Women who Care», présentent le chèque de 16 100 $ aux deux représentantes de Lennon Recovery House, Dianne Young et Linda MacDonald, en novembre 2018.  (Photo : Gracieuseté)

Dianne Young est très fière d’avoir pu doter la cuisine d’équipements très performants, grâce à la contribution des quelque 161 femmes membres du groupe «100 Women who Care» de l’Î.-P.-É. 


Des élèves de l’école Bluefield ont construit ces bancs dans leurs cours avec des matériaux offerts gracieusement.




Les chambres du 2e et du 3e étage n’ont pas encore été aménagées.  On a cependant fait disparaître le tapis que les précédents propriétaires avaient cru bon de coller sur les murs.







Par toutes les fenêtres de l’édifice, la vue est splendide incluant cette vue du Centre acadien Grand-Rustico frappé par le soleil de la fin de cette journée d’hiver.  (Photos : J.L.)

- Par Jacinthe Laforest

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