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27 Octobre 2025 Par Maxime Mainieri – IJL – La Voix acadienne
Yoan Rousseau a mis en avant l’Île-du-Prince-Édouard lors des Journées mobilité de Rabat, au Maroc. (Photo : Gracieuseté)

Le recrutement des travailleurs étrangers est au cœur des débats parlementaires. Au point de voir l’existence de certains programmes remise en question par le gouvernement conservateur. Sur l’Î.-P.-É., certaines structures misent sur Mobilité francophone pour assurer leur développement et voir à leur pérennité. 

«Pour une organisation francophone, il était de plus en plus difficile de trouver du personnel qualifié», expose Hadassah Maupoint, coordinatrice de recrutement et ressources humaines au sein de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’Île-du-Prince-Édouard (ACPEFIPÉ). L’organisation participe tous les ans à des salons à l’étranger, accompagnée d’autres employeurs, sous l’égide d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC). Une méthode qui permet de mettre en lumière un secteur d’activité et une province.   On va parler de l’importance de notre profession, promouvoir notre cadre pédagogique et valoriser l’Île-du-Prince-Édouard», poursuit la coordinatrice.

Salons à l’international 

Yoan Rousseau travaille depuis 12 ans en immigration francophone.  En tant que responsable de l’employabilité et de l’engagement des employeurs au sein de la Coopérative d’intégration francophone (CIF) de l’Île-du-Prince-Édouard, son rôle est de «faciliter l’insertion professionnelle, j’agis comme un pont entre les candidats et les entreprises.»  Il rencontre des chercheurs d’emploi pour identifier les compétences recherchées et définir leurs objectifs. «J’organise des ateliers d’employabilité où l’on va réviser les CV au format canadien, parler de la lettre de motivation et des entrevues qui vont différer des pays d’Europe ou d’Afrique.»  La CIF participe aussi à des forums de l’emploi. «Nous revenons de deux salons à Bruxelles (Belgique) et Rabat (Maroc) avec 150 profils dans des domaines comme la santé, le tourisme, le camionage de poids lourd ou la construction. Notre but est d’identifier les besoins de l’Î.-P.-É. en matière économique.» Le secteur de la construction est par exemple en forte demande, mais nécessite de parler anglais. «C’est là qu’on va faire appel à Mobilité francophone. On sélectionne des profils en faisant attention qu’ils soient formés, avec un bon niveau d’anglais. Puis on fait comprendre aux employeurs que le programme est utile, simple et que la CIF peut assurer un service d’installation à la famille.»

Pour rejoindre l’ACPEFIPÉ, les candidats diplômés doivent demander une équivalence au fédéral et une certification de la petite enfance auprès de la province. Hadassah Maupoint explique que «cela demande du temps avant de pouvoir rentrer dans un processus de recrutement classique. Quand la personne n’a pas de permis de travail, on sollicite le programme Mobilité francophone.» L’ACPEFIPÉ planifie la gestion de ses effectifs plusieurs mois à l’avance. «Un recrutement peut se prévoir dans le temps puisqu’on accompagne les personnes dans leur dossier d’immigration, mais on est soutenu par IRCC et la CIF.» Les recrutement de travailleurs étrangers au sein de l’Association se font pour une durée de deux à quatre ans. Ils remplissent un formulaire indiquant leur nombre d’enfants et leur situation matrimoniale. «Cela nous permet de prendre en compte les besoins des familles en arrivant et les orienter vers un logement ou une école. Les conjoints bénéficient d’un permis ouvert.»

Une cinquantaine de recrues par an

Selon Yoan Rousseau, une cinquantaine de personnes sont recrutées chaque année grâce à Mobilité francophone. «Les secteurs les plus concernés sont l’éducation et la petite enfance. Notre but est d’en toucher d’autres comme le tourisme, la construction, la manufacture et la santé.»  L’objectif est de montrer que l’immigration francophone est une réponse au besoin de main-d’œuvre.  «Ce serait un problème que certains secteurs soient abandonnés. On espère vraiment que le programme ne va pas bouger, il est très bien dans la situation actuelle. C’est essentiel dans notre stratégie d’accroissement de la population francophone à l’Île-du-Prince-Édouard.»

Arrivée de Casablanca (Maroc) avec son mari et ses deux enfants, Hind Allizem a récemment intégré l’ACPEIPÉ comme adjointe administrative. «Le programme Mobilité francophone est fluide, rapide et nécessite un niveau de français accessible», apprécie-t-elle. Ses enfants l’ont poussée à s’installer au Canada. «J’ai une fille avec des besoins spéciaux et, au Maroc, je n’ai pas trouvé de place pour elle, dans les écoles comme dans la société».  Après quelques difficultés au départ, la famille s’est intégrée à la culture et au climat de l’Île-du-Prince-Édouard. «Nous venons d’une grande ville avec beaucoup d’embouteillages, de bruit, de pollution… À cause de ses allergies, mon fils doit prendre de la Ventoline, mais depuis notre arrivée, il ne l’a pas utilisée une seule fois. On dort bien la nuit, il y a le calme, la sécurité, la nature, alors ça nous arrange de rester ici .»

2 Association des centres de la petite enfance francophone

La directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophone, Kathleen Couture et Hadassah Maupoint (à droite) misent sur les salons de l’emploi pour recruter. (Photo : Gracieuseté)

3 Hind Allizem

Hind Allizem, qui est récemment arrivé à l’ÎPÉ avec sa famille, s’ajuste bien à la culture et au climat. (Photo : Gracieuseté)

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