La pêche au homard a repris officiellement le lundi 10 août à 6 h dans la zone de pêche 25 (LFA 25), qui couvre la côte sud-ouest de l'Île-du-Prince-Édouard. Cette saison d'automne, qui se poursuivra jusqu'au 12 octobre, fait partie d'un calendrier fixe établi par. Pêches et Océans Canada pour les cinq prochaines années.
À quelques jours de l'ouverture, La Voix acadienne s'est rendue au quai d'Abram-Village, où les équipages s'affairaient une dernière fois autour des casiers, des cordages et des appâts
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Quelques jours avant le départ, Paul Gallant vérifie la température de l'eau afin de déterminer où installer ses quelque 250 casiers. (Photo : Eric Bergeron)
Pour Paul Gallant, qui pêche le homard depuis 1985, le principal facteur à surveiller cette année demeure la température de l'eau.
« L'eau est un petit peu plus froide que les dernières années », constate-t-il.
Contrairement aux saisons où les eaux côtières deviennent rapidement très chaudes, cette situation pourrait favoriser une meilleure répartition des homards.
« L'année passée, l'eau était trop chaude. Le homard aime une certaine température. Si ça dépasse environ 72 degrés Fahrenheit, il ne reste plus là. »
Quelques jours avant l'ouverture, Paul Gallant effectue toujours une sortie en mer afin de mesurer la température de l'eau à différents endroits grâce à la sonde installée sur son bateau. Ces observations influencent directement l'endroit où il installera ses quelque 250 casiers.
Ça me donne une idée si je vais tendre plus en dedans ou plus au large. »
Selon lui, les difficultés rencontrées ce printemps par les pêcheurs de la côte nord ne sont pas nécessairement annonciatrices de la saison dans le détroit de Northumberland.
« Il y a eu beaucoup de vents du nord et de l'est. Ça brasse l'eau dans le fond et le homard ne trappe pas. »
Les baleines, qui ont compliqué les opérations dans certaines régions, n'ont pas posé de problème dans le détroit de Northumberland, même si les pêcheurs doivent maintenant respecter les nouvelles exigences concernant les cordages à rupture et les autres mesures de protection.
« Si on récolte comme l'année passée, on va être contents », résume-t-il. L'an dernier, la moyenne était d’environ 45 000 livres de homard.

Les casiers sont prêts. Il ne reste plus qu'à attendre le signal du départ vers les fonds de pêche. (Photo : Eric Bergeron)
À quelques mètres de là, René Arsenault et son aide-pêcheur, Jason Poirier, terminent eux aussi leurs préparatifs. Jason cumule près de trente années comme aide-pêcheur, tandis que René entreprend sa treizième saison comme capitaine.
René partage le même optimisme.
« Je m'attends à une saison semblable à l'année passée. L'an dernier c'était une bonne saison. »
S'il reconnaît que plusieurs pêcheurs utilisent aujourd'hui la technologie pour suivre la température de l'eau, lui continue de faire confiance à son expérience.
En souriant, il flaire le vent comme pour démontrer qu'il suit encore son instinct.
« Si ça marche pas, ça marche pas », lance-t-il en riant.
Contrairement à certains pêcheurs, il garde toutefois ses meilleurs emplacements jalousement secrets.
« Tu ne veux pas dire où tu vas. Après ça, le monde dit que tu as pris son espace », raconte- t-il, sourire aux lèvres.
Derrière les plaisanteries demeure une réalité économique bien évidente. Avec le carburant, les appâts, l'entretien et les autres dépenses, sortir un bateau coûte cher.
« Probablement autour de 2 000 $ par jour de sortie en mer », estime Jason Poirier.
Tous deux rappellent que la pêche demeure une affaire de famille et l'un des principaux moteurs économiques des communautés côtières de l'ouest de l'Île. Les nouveaux permis sont rares et les investissements nécessaires rendent l'accès à la profession de plus en plus difficile.
Dimanche, comme le veut la tradition, les équipages participeront à la bénédiction des bateaux. Lundi matin, à 6 h, ils quitteront le quai d'Abram-Village. Les premiers casiers seront remontés vingt-quatre heures plus tard, avec l'espoir que la saison sera à la hauteur des attentes affichées sur le quai cette semaine.

Le soleil se levait sur le quai d'Abram-Village quelque temps avant que les équipages prennent la mer pour l'ouverture de la pêche au homard dans la zone 25. (Photo : Eric Bergeron)