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10 Décembre 2025 Par Éric Bergeron / IJL – La Voix acadienne
Gilles Arsenault, ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones de l’ÎPÉ, a déposé, le 2 décembre, le rapport 2024-2025 du ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones sur la Loi sur les services en français. (Photo : Marcia Enman, La Voix acadienne)

Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard a déposé, la semaine dernière, son rapport annuel sur la Loi sur les services en français. Il s’agit d’un compte rendu préparé par le ministère des Affaires acadiennes et francophones qui fait le point sur les enjeux touchant les francophones insulaires. Le site web du gouvernement invite d’ailleurs les citoyens à consulter eux-mêmes le document grâce à un lien direct. La Voix acadienne en a parcouru les quarante-quatre pages.

L’honorable Gilles Arsenault, ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones, s’est entretenu avec La Voix acadienne pour répondre à nos questions.

La Loi sur les services en français vise à garantir que certaines institutions gouvernementales provinciales offrent des services en français, en plus de l’anglais, en fonction des priorités de la communauté acadienne et francophone et de la capacité du gouvernement à les fournir.

«C’est important de le rappeler, explique le ministre. Nous, les francophones, représentons une petite partie de la population, et le gouvernement se doit, du mieux qu’il peut et avec les moyens dont il dispose, d’offrir le plus de services possible à la communauté.»

Cette réalité signifie que certains services demeurent, pour le moment, accessibles uniquement en anglais. «Bien entendu, c’est quelque chose que nous voulons rectifier à travers nos consultations publiques», poursuit-il.  Disponible sur le site du gouvernement provincial, cette consultation virtuelle reste aujourd’hui un outil de première ligne pour le ministère.

«En plus, nous avons le comité aviseur – le Comité consultatif de la communauté acadienne et francophone, le CCCAF – qui est nos oreilles et nos yeux sur le terrain. Leurs recommandations sont déposées à mon bureau pour que nous restions au courant des besoins des francophones», souligne le ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones.

Les priorités du ministère se concentrent ces temps-ci sur les services «désignés», c’est-à-dire les services que le gouvernement provincial s’engage à offrir en français. Ils couvrent principalement l’éducation, la santé et les services sociaux, dont Télésanté 811, le service 211 et plusieurs services en ligne. Le nombre de services accessibles en français augmente chaque année.

Augmentation des services

«Nous sommes passés de 3 à 43 services désignés. Et présentement, nous avons 162 postes désignés, comparé à 119 il n’y a que quelques années, explique le ministre. Ces postes sont des emplois de la fonction publique pour lesquels le bilinguisme est obligatoire.»

Le ministre tient aussi à préciser — au risque d’agacer certains, reconnaît-il — que «nous ne sommes pas une province bilingue. Nous sommes une province qui offre des services en français. C’est une distinction importante à faire.» Dans les postes non désignés de la fonction publique par contre, la province continue également d’augmenter le nombre de travailleuses et travailleurs bilingues. «Nous sommes très fiers de l’engouement pour le français dont font preuve les fonctionnaires provinciaux», indique GillesArsenault.

Le rapport souligne le renouvellement de l’accord de coopération et d’échanges entre le Québec et l’Île-du-Prince-Édouard. «C’est une entente qui nous permet d’améliorer nos services en français et nous permet de soutenir nos initiatives communautaires. Elle nous offre des ressources, des formations et un appui concret pour mieux servir la population francophone de  l’Île-du-Prince-Édouard.»

Le Mois du patrimoine acadien a été officialisé par la province et sera célébré pour la première fois l’été prochain. On entend le sourire dans la voix du ministre lorsqu’il souligne l’importance de cette reconnaissance, tout en mentionnant l’appui reçu du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. «Particulièrement le ministre Colton LeBlanc, qui nous a encouragés à aller dans la même direction qu’eux», dit-il. Des projets concrets accompagneront ces célébrations, et des fonds seront mis à la disposition des organisations pour appuyer les activités prévues au mois d’août.

Toujours une priorité

Le ministre Arsenault voit la modernisation et l’élargissement de l’accessibilité des services en français comme une priorité pour l’avenir. À cet effet, le ministère a récemment créé le poste d’agent des services en français, une initiative d’accompagnement destinée au public francophone à partir de janvier 2026. «C’est une personne responsable d’aider le public francophone à trouver, comprendre ou accéder aux services offerts en français par le gouvernement», explique-t-il.

Le rapport dresse le portrait d’une province essentiellement anglophone qui cherche néanmoins à mieux répondre aux besoins de sa minorité francophone. Comme le conclut le ministre Arsenault : «Nous, les francophones, avons des projets d’envergure devant nous et nous sommes trop peu nombreux pour nous chicaner entre nous. Il est important, non seulement d’aller de l’avant, mais aussi de reconnaître tout le progrès que nous avons accompli et d’en être fiers. » 

2 rapport

Le nombre de postes désignés bilingues a progressé de façon générale depuis 2020, mais ce nombre a tendance à fluctuer d’une année à l’autre en fonction des besoins opérationnels.  Le nombre d’employé.e.s bilingues n’occupant pas un poste désigné bilingue a aussi suivi une tendance à la hausse, avec quelques variations occasionnelles.  Dans certains cas, les variations s’expliquent par le fait que des postes précédemment non désignés occupés par des personnes bilingues sont désignés, ou que des personnes bilingues occupant des postes non désignés passent à des postes désignés par l’entremise de concours, de prêts de service ou d’autres processus de ressources humaines. Dans de tels cas, ces personnes seraient désormais comptabilisées dans la catégorie «Postes désignés bilingues» et non plus dans la catégorie «Employées et employés bilingues n’occupant pas un poste désigné bilingue».

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