Radarts, c’est-à-dire le Réseau atlantique des diffuseurs des arts de la scène, a tenu son assemblée générale annuelle 2022 à l’Île-du-Prince-Édouard la semaine dernière. «Nous n’étions pas venus à l’Île depuis 2013» confirme la directrice générale de l’organisme Jacinthe Comeau.
Réunis en présentiel pour la première fois depuis deux ans, les membres de Radarts, des diffuseurs de spectacles de partout en Atlantique, ont vécu de belles retrouvailles à l’Île-du-Prince-Édouard. Le programme du congrès de trois jours, très chargé, incluait des soirées éducatives, entre autres au Centre Belle-Alliance à Summerside, à la Salle paroissiale de Mont-Carmel, alors que l’AGA proprement dite s’est déroulée au Village musical acadien le dimanche avant-midi.
«Nous avons été extrêmement bien reçus à l’Île», disaient les membres de l’organisme au moment de se disperser, après l’AGA. Au Centre Belle-Alliance, le vendredi 10 juin, un souper a été servi après une conférence de l’artiste multi-disciplinaire Brian J. Francis (à ne pas confondre avec le sénateur Brian Francis).
Le samedi en soirée, à la Salle paroissiale de Mont-Carmel, des présentations de la Coopérative de développement culturel et patrimonial de Mont-Carmel et des Productions Cuisine à Mémé, ont égayé la soirée. «Ça a été une belle occasion de parler de ce que nous faisons», dit Christian Gallant, directeur artistique de la série de spectacles estivale de la CDCPMC. Le dimanche matin, Marcel Bernard, président du VMA, a eu l’occasion de parler des diverses activités du lieu de diffusion. «Nous faisons au moins 120 spectacles chaque année. Ce ne sont pas tous de gros spectacles, mais notre programmation est très variée», a-t-il dit.
Mentionnons que les membres de Radarts à l’ÎPÉ sont La Belle-Alliance, le Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, le Centre des arts de la Confédération, la CDCPMC, et le Village musical acadien.
Reprise des spectacles
La COVID-19 a été cruelle pour le monde du spectacle, pour les artistes, certainement, mais aussi pour les diffuseurs, comme tous les membres de Radarts. «Nous avons besoin de “reséduire“ nos publics, de les ramener dans nos salles, de les réengager dans leur communauté», ont résumé la directrice Jacinthe Comeau et le président Pierre McGraw, après l’AGA.
«Nous avons besoin de rassurer, de sécuriser nos publics, pour qu’ils aient à nouveau envie de venir à des spectacles. Il y a des gens qui ont encore peur de la COVID-19, qui s’empêchent de sortir de chez eux», dit Pierre McGraw. Curieusement, ce sont peut-être ces mêmes personnes craintives qui pourraient le plus profiter d’une sortie culturelle.
Pour les diffuseurs, aller voir un spectacle est une façon très sécuritaire de recommencer à vivre un peu, de réapprivoiser le fait d’être dans une salle «remplie» de personnes. «Tout le monde parle de santé mentale ces dernières années, de l’importance de prendre du temps pour soi. Aller voir un spectacle est justement une bonne façon de se changer les idées, de prendre du temps pour soi», dit Pierre McGraw, tout de suite approuvé par Jacinthe Comeau.
Ce n’est que depuis ce printemps que les tournées de spectacles ont repris. Certaines, prévues depuis presque deux ans, sont sur le point de commencer, d’autres ont dû être carrément annulées. Le plus récent spectacle présenté à l’Île dans le cadre d’une tournée Radarts était la pièce de théâtre « Les petits vieux qui ne voulaient pas mourir ».
Radarts est l’organisme qui chapeaute des initiatives et événements très connus comme La Francofête en Acadie, et des initiatives moins connues du grand public, comme Flash Culture, qui existe depuis 2017. «Chaque école secondaire francophone de l’Atlantique peut déléguer deux élèves à la Francofête en Acadie. Ces élèves voient des vitrines d’artistes, ils se concertent par la suite pour recommander à Radarts des artistes qu’ils aimeraient voir dans leurs écoles. Ils font le même processus de décision que les diffuseurs. Pour nous, c’est une façon de construire notre public et de développer chez les jeunes l’appréciation du spectacle. En plus, pendant leur séjour à la Francofête, ils ont des ateliers sur les métiers reliés aux arts de la scène», disent tour à tour Jacinthe Comeau et Pierre McGraw.
Ce dernier a d’ailleurs fait, pendant l’AGA, un vibrant plaidoyer en faveur du pouvoir éducatif des spectacles présentés en milieu scolaire. «Nous avons besoin de changer la perception que c’est un simple divertissement et que ça enlève du temps d’enseignement. Au contraire, il faut que les enseignants voient cela comme un enrichissement, une occasion d’introduire du nouveau vocabulaire, une façon d’atteindre des résultats d’apprentissage», a insisté le président de Radarts, Pierre McGraw.
Radarts réunit environ 35 membres répartis sur l’ensemble du territoire des provinces atlantiques. Cela procure un pouvoir d’achat en groupe sans lequel il serait presque impossible à un petit diffuseur de présenter des spectacles.
Le trésorier de Radarts, Christian Gallant, avait d’excellentes nouvelles à partager lors de l’AGA. L’organisme affiche un surplus pour l’année 2021-2022 de 78 000 $ sur un budget de fonctionnement de 1,2 millions de dollars.
Bibi Rookayya Gulmahamed du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean. (Photos : J.L.)