Actualités
24 mars 2021 Par Laurent Rigaux / Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

Une quinzaine de femmes étaient présentes, le vendredi 19 mars, pour le lancement du premier «cercle de femmes» à Rollo Bay, dans l’est de l’Île-du-Prince-Édouard. La soirée, organisée conjointement par le Comité acadien et francophone de l’Est (CAFE) et Actions Femmes Î.-P.-É., a surtout permis aux participantes de «sortir de la maison».

Actions Femmes Î.-P.-É. (AFÎPÉ) a récemment obtenu une subvention provinciale pour un projet de reconnexion sociale à destination des femmes de l’Île (lire La Voix acadienne du 17 mars 2021). L’objectif : assister les femmes dans les régions de la province pour qu’elles se rassemblent au sein de «cercles». «C’est du “community care”, expliquait alors Johanna Venturini. Il s’agit de créer un espace d’écoute, un lieu avec des ressources.»

 

«C’est ça dont on a besoin»

 

Le premier de ces cercles a donc vu le jour vendredi dernier, au CAFE à Rollo Bay. Dans la salle, une quinzaine de participantes sont présentes pour écouter Johanna Venturini et Maryne Floch, coordonnatrice de projets pour AFÎPÉ, leur expliquer les objectifs de l’initiative. «Il n’y pas de thème, pas d’organisation, détaille Maryne Floch. C’est un projet par vous, pour vous.»

 

Au mur, des feuilles de papier permettent aux femmes de noter leurs idées. «Dites-nous ce que vous voulez», insiste AFIPE. Tout au long de la soirée, d’abord timidement puis en plus grand nombre, les participantes se lèvent et mettent par écrit leurs souhaits. Pendant ce temps, un repas est servi et les musiciennes du groupe Cosan mettent l’ambiance.

 

«C’est ça dont on a besoin, expliquent certaines à une table. Un souper, de la musique. C’est la première fois qu’il y a quelque chose d’organisé juste pour les femmes!» Un peu plus loin, même discours. Les participantes évoquent les soirées habituelles pour les familles, les enfants ou les aînés, se réjouissent d’être «entre elles» et savourent juste le fait de «sortir de la maison».

«On peut se retrouver au restaurant, mais ce n’est pas pareil, ajoute l’une d’elles. Ici, on rencontre de nouvelles personnes, on discute, on profite.» «L’heure est bonne, quand tu rentres, les enfants sont couchés!», plaisante une autre. Maryne Floch abonde : «On souhaite créer des espaces de répit.»

 

«Faire vivre le français»

 

Les personnes interrogées sont presque toutes d’accord : elles attendent plus d’évènements comme celui-ci, et ne sont pas contre des thématiques, que ce soit sur la santé mentale ou la culture. Sur les panneaux au mur, on voit très nettement un besoin de s’évader du quotidien, ensemble, avec des propositions pour des randonnées, des soirées peinture ou karaoké, des cours de cuisine ou de chant.

 

Pour AFÎPÉ, il s’agit aussi de sensibiliser les participantes à la cause féministe, lors d’une pause ludique avec un jeopardy revisité. Les questions abordent les notions de charge mentale, d’intersectionnalité ou de plafond de verre, mais aussi les chiffres du chômage des femmes à l’Île ou la différence de taux horaires entre femmes et hommes au pays.

 

Fait notable : tout est bilingue ce soir-là, avec la présence de nombreuses femmes anglophones. «Notre communauté francophone est petite ici, elle est ré-émergente, rapporte Vincent Anama, le directeur du CAFE. On a ce soir des parents anglophones qui mettent leurs enfants à l’École La-Belle-Cloche, ils font déjà une partie du boulot. Et s’ils deviennent francophiles grâce à nous, cela contribue à faire vivre le français.»

 

AFIPE n’a pas encore les dates des prochains lancements de cercles dans les autres régions, mais confirme que les discussions sont en cours avec les cinq autres centres communautaires.

 

femmes2

femmes3

Abonnez-vous à La Voix acadienne pour recevoir votre copie électronique ou la version papier

Actualités