Le 5 février 2021
-Jacinthe Laforest
Depuis sa mise sur pied en 2015, le service partagé en finances a doublé son chiffre d’affaires et a constamment dû embaucher du personnel. Actuellement, quatre personnes y travaillent à temps plein pour répondre aux besoins croissants des organismes membres.
Michelle Arsenault, directrice de ServiceFinances depuis le début, constate presque au quotidien le manque de connaissances des organismes en matière de ressources humaines. «J’ai des appels de présidents d’organisme qui me posent des questions sur des contrats, sur différentes choses. Je réponds tout le temps à des questions reliées aux ressources humaines, parce que les organismes ont appris à nous faire confiance au fil des années, mais aussi, parce qu’ils n’ont personne vers qui se tourner», dit Michelle Arsenault.
Cette situation pourrait changer, car la première phase du projet pilote du centre de services partagés en ressources humaines a été lancée la semaine dernière. Cette première phase permettra d’identifier les services de base, d’évaluer les besoins, les coûts et de développer des outils liés aux processus de ressources humaines (RH) qui mèneront à un plan de faisabilité.
Un consultant très respecté dans la communauté, Jean-Paul Arsenault, a reçu le mandat de faire l’inventaire des besoins spécifiques des organismes en matière de ressources humaines. Son rapport est attendu en juillet. On ne sait pas à ce stade-ci si le service partagé en ressour-
ces humaines sera intégré à ServiceFinances ou s’il sera indépendant, a indiqué Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la SAF’Île, l’organisme porte-parole de la communauté, qui chapeaute ServiceFinances et qui est porteur du nouveau projet de services partagés.
«On a reçu du financement pour un an du gouvernement provincial et aussi de l’APECA pour démarrer le processus. Nous pensons que nous aurons du financement pendant trois ans, pour mettre le service en place et devenir autosuffisants», a indiqué la directrice générale, admettant par ailleurs que la structure financière à venir reste à développer.
Un historique chargé
«En 2014, nous [la SSTA à l’époque] avons fait faire des plans d’affaires pour quatre services partagés : les finances, les ressources humaines, les communications et la recherche et l’analyse. Dès 2015, ServiceFinances a été créé. Pour les autres services partagés, ça prend plus de temps. Je pense que c’est normal», dit Isabelle Dasylva-Gill.
Michelle Arsenault renchérit. «Ça n’a pas été facile de prouver à nos clients que nous avions quelque chose à leur offrir. Mais j’avais la chance que tous les systèmes étaient déjà en place en Nouvelle-Écosse et je pouvais leur expliquer exactement ce que je ferais, comment ça marcherait, combien ça leur couterait. Les Finances, c’est noir et blanc. Et même cela, ça a pris deux ans avant que nos clients comprennent ou commencent à comprendre les avantages. C’est la même chose, peu importe le changement qu’on veut apporter», soutient Michelle Arsenault.
À court terme et à long terme, les résultats doivent être mesurables
Dans l’immédiat, on pourrait envisager que les besoins par rapport aux contrats d’embauches, aux échelles salariales, et aux descriptions de tâche pourraient surgir en force. À plus long terme, des besoins en formation, en développement de politiques, en surveillance des tendances dans le milieu du travail, en partage de ressources humaines, pourraient être envisagés. L’adaptation au télétravail n’est qu’un exemple.
Pour que ça fonctionne, Michelle Arsenault estime qu’il faut que les organismes qui adhèreront au service considèrent l’employé comme leur employé. «Moi je suis une personne très organisée. Si on embauche quelqu’un pour s’occuper des ressources humaines, je veux que cette personne ait de l’ouvrage du lundi au vendredi et qu’elle ne se contente pas d’attendre les appels à l’aide. Je veux qu’elle ajoute de la valeur aux organismes», dit Michelle Arsenault.
Isabelle Dasylva-Gill voit dans cette nouvelle étape du développement communautaire un tremplin vers une plus grande stabilité et en fin de compte, la pérennité des organismes, mais plus important encore, de la communauté dans son ensemble.
«Vous savez, toujours chercher de nouveaux employés, toujours recommencer les formations, toujours vous inquiéter de les voir partir pour de meilleurs salaires, ça finit par épuiser nos forces vives. Et ça dure depuis des années. La communauté acadienne et francophone avait identifié depuis plusieurs années ce besoin spécifique pour aider les organismes à faire face aux nombreux défis et enjeux que posent, entre autres, le recrutement, la formation, la rétention et la gestion des ressources humaines», dit Isabelle Dasylva-Gill.
Pour le déroulement de la phase initiale du projet, le consultant Jean-Paul Arsenault sera encadré par un comité-guide de six représentants : Isabelle Dasylva-Gill, directrice de la SAF’Île (porteur du projet), Michelle Arsenault, directrice de ServiceFinances ÎPÉ (gestionnaire du projet), Bonnie Gallant, directrice du RDÉE ÎPÉ (coprésidente du Comité de travail de mise en œuvre), Angie Cormier, directrice de la CIFÎPÉ (repré- sentation des nouveaux arrivants), Donald DesRoches, président du Collège de l’Île (partenaire clé du service partagé en RH) et Andréa Deveau, directrice du Conseil acadien de Rustico (expérience de partenaire du service partagé en finances).
Initiative structurante
Il s’agit d’une initiative structurante telle que préconisée dans le Plan de Développement global 2017-2027 qui permettra à la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard de se doter d’un outil supplémentaire pour renforcer sa vitalité et favoriser sa croissance. Ce projet pilote a été pensé sur trois ans, temps nécessaire pour mettre en œuvre le centre de services partagés en ressources humaines et de s’assurer de sa viabilité à long terme. Le processus commencera avec les organismes partenaires du centre de partage existant ServiceFinances ÎPÉ et s’étendra par la suite aux autres organismes francophones qui souhaitent en faire partie.
