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Le 11 août 2020

- Par Jacinthe Laforest

Mike et Pierre Richard, deux fils de feu Alphonse Richard, la veille du départ à la pêche au quai de Cap-Egmont. 

 

À un jour ouvrable du début officiel de la saison de pêche d’automne dans la zone de pêche au homard (ZPH) 25, lespêcheurs n’avaient pas encore reçu d’instructions spécifiques à cette saison par rapport à la pandémie.  «Nous ne savons rien.  Je pourrai vous dire le 10 octobre si la saison a bien été», s’impatiente Gérald Arsenault, pêcheur à Cap-Egmont. 

 

Un des six pêcheurs qui ont leur port d’attache au quai des pêcheurs de Cap-Egmont, Gérald Arsenault aimerait avoir quelque chose à dire.  «Pour nous, c’est toujours stressant de commencer une saison.  On se prépare, on dépense de l’argent pour nos équipements et assurer que nos bateaux sont en état, mais on ne sait jamais si le homard sera au rendez-vous, et on ne sait jamais le prix qu’on va recevoir pour nos prises.  Mais cette année, c’est pire que d’habitude à cause de l’incertitude des marchés».

 

En date du jeudi 6 août, à 18 h 30, Gérald Arsenault n’avait reçu aucun indice de la part des acheteurs qui assurent la circulation de la ressource partout dans le monde.  «On entend que les marchés sont saturés et que les acheteurs vont hésiter, mais à ce jour, on n’a rien entendu ni dans un sens ni dans l’autre.  On espère que ça va aller aussi bien que pour la pêche du printemps».

 

La pêche a ouvert officiellement le lundi 10 août à 6 h le matin.  C’est à cette heure que les quelque 215 pêcheurs de la ZPH 25 ont pris le départ dans leurs bateaux chargés de casiers appâtés.  La plupart des pêcheurs quittent le quai avec la moitié de leurs casiers, les mettent à l’eau et reviennent pour charger la seconde moitié qu’ils repartent mettre à l’eau.  Certains vont alors aller vérifier les casiers tendus plus tôt le matin et rapporter du homard ce même jour.  D’autres vont attendre au lendemain pour vérifier leurs casiers et récolter les crustacés. 

 

Maximum de 249 casiers 

 

Au fil des années, les prises de homard ont fluctué grandement.  Certaines années, les pêcheurs rapportaient des prises misérables.  Des mesures ont été prises.  À l’intérieur de la ZPH 25 pour l’Île-du-Prince-Édouard, les pêcheurs ont pris la décision de réduire leurs nombres, premièrement, pour sauvegarder la ressource et deuxièmement, pour assurer que les pêcheurs qui restaient auraient suffisamment de prises.  Les pêcheurs, par leur association de l’ouest de l’Île, ont décidé de retirer un certain nombre de permis de pêche.  Pour dédommager les pêcheurs visés, un emprunt de 3 millions de dollars a été négocié avec le gouvernement provincial.  «Autrefois, nous avions droit à 250 casiers ici à l’Île», dit Gérald Arsenault.  «Maintenant, notre permis nous octroie 240 casiers.  Par contre, chaque pêcheur “achète” neuf casiers supplémentaires chaque année, au prix de 110 $ chacun.  Chaque année, avec cette méthode, nous remboursons environ 200 000 $ sur notre dette.  Mais cette année, à cause de la COVID, nous avons les neuf casiers et nous n’avons pas besoin de les payer.  Le gouvernement nous a donné un break.  Pour moi, ça veut juste dire qu’on retarde le paiement». 

 

Gérald Arsenault, capitaine du Tilmon II.

 

Mesures sanitaires en vigueur

 

Au quai de Baie Egmont, René Arsenault et Clinton Arsenault se demandent comment ils pourront conserver une distance de deux mètres en tout temps, entre les membres d’équipage, s’il s’avère qu’ils doivent respecter cette consigne. 

 

Gérald Arsenault confirme : «C’est dur de faire respecter des choses comme ça.  Je pense que lorsqu’on sera au quai pour décharger nos prises, on portera peut-être le masque.  On travaille toujours avec des gants et j’ai toujours du désinfectant à main sur le bateau.  Il y a une affiche à l’entrée du quai qui dit que l’accès est limité aux pêcheurs, mais personne ne regarde ça.  La plage ne nous appartient pas.  On ne peut pas empêcher les gens d’aller se promener.  Mais je pense que pendant la pêche, ce sera plus contrôlé», dit-il.

 

Clinton Arsenault et René Arsenault au quai d’Abram-Village.  Pour eux, tant qu’il n’y aura pas de transmission communautaire à l’Île, les risques d’attrapper la COVID-19 pendant leur travail sont minces.

 

Cédric Richard, capitaine du R.M. Richard, nommé ainsi pour ses deux fils, Robert et Mathieu.

 

À Abram-Village, la tradition de la bénédiction des bateaux et des équipages à été présidée par le père Michel Painchaud.  (Photos : J.L.) 

 

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