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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 7 juillet 2020

- Par Karine Fleury

Marie-Claire et Ronnie Gallant sont originaires de la région Évangéline mais habitent depuis plusieurs années à Irishtown au Nouveau-Brunswick.  Ils viennent passer du temps à leur chalet à Cap-Egmont chaque été depuis une vingtaine d’années. (Photo : Gracieuseté)

 

À quelques jours de l’ouverture de l’Île-du-Prince-Édouard aux autres provinces de l’Atlantique, de nombreuses questions se posent quant à la nouvelle réalité des résidents saisonniers qui viennent passer la saison estivale ici.  La Voix acadienne est allée à la rencontre de deux couples pour recueillir leurs propos.

 

Maintenant à la retraite, Marie-Claire Gallant, 67 ans, et son mari Ronnie de 71 ans sont tous les deux originaires de Mont-Carmel, dans la région Évangéline.  Ils habitent maintenant à Irishtown au Nouveau-Brunswick et ils viennent passer du temps dans leur chalet chaque été depuis au moins 20 ans.

 

«On a notre propre terrain à Cap-Egmont, ça fait une vingtaine d’années maintenant.  On passe nos étés ici depuis un bon bout de temps et depuis la retraite on passe au moins trois mois par été à l’Île», raconte Marie-Claire Gallant.

 

Pour se rendre à leur chalet, Ronnie et Marie-Claire ont rempli le formulaire de demande de séjour fourni par le gouvernement.  «C’était facile de répondre au questionnaire pour se rendre ici, par contre il a fallu attendre 10 jours pour avoir la réponse.  Ces 10 jours-là ont été très longs, on avait peur qu’ils trouvent une raison pour qu’on ne puisse pas venir».

 

Mais tout s’est bien passé et la permission leur a été accordée.  Dès son arrivée, le couple s’est mis en isolement pour une période de 14 jours.  Selon Marie-Claire, l’isolement n’a pas été si difficile que ça : «On était bien préparé, on savait ce qu’il allait se passer et on avait apporté assez de nourriture pour [survivre] pendant un bon bout de temps».  Ils avaient aussi un système de support : si le couple manquait de provisions, la sœur et le beau-frère de Marie-Claire leur en apportaient.

 

«Ce qui nous a manqué dans l’auto-isolement, c’est qu’on ne pouvait pas sortir de notre cour, on ne pouvait pas aller à la plage, surtout avec cette grosse chaleur.  Je fais ma marche quotidienne sur mon terrain.  Ça me prend 5 minutes pour faire le tour, alors je fais plusieurs tours! Mais bon, ce n’est pas la fin du monde».

 

Anne-Marie et Samuel Arseneault sont tous les deux dans la soixantaine.  Anne-Marie (née Gallant), est originaire de la région Évangéline et son mari, Samuel Arseneault, est originaire de Campbellton au N.-B.  Pour leurs carrières respectives, ils ont vécu au Nouveau-Brunswick.  Pour une résidence d’été, le choix de l’Île est venu naturellement.

 

«On a un chalet depuis une quinzaine d’années, on passe l’été ici.  De la mi-juin à la mi-octobre environ.  On a été chanceux : on a fait la demande, elle a été acceptée et on est arrivé dès le 17 juin», a déclaré Anne-Marie au téléphone.

 

Des craintes par rapport à la bulle atlantique?

 

Les deux couples ne semblaient pas avoir de craintes particulières en rapport avec l’ouverture des frontières dans le cadre de la bulle atlantique.  Selon Marie-Claire, l’été pourra être un été réussi si tout le monde fait sa part en respectant les directives de santé publique.  De plus, elle note que la bulle atlantique aura un aspect positif : réunir les familles.  «On est content, parce qu’on a de la famille au Nouveau-Brunswick.  Nos petites filles vont pouvoir venir se promener, comme elles font chaque année.  Elles ont presque 16 ans maintenant et chaque été elles viennent se promener à l’Île-du-Prince-Édouard avec grand-papa et grand-maman.  On n’a pas décidé de date encore, mais elles pourront venir!» souligne avec plaisir Marie-Claire.

 

Anne-Marie et Samuel, eux, comprennent pourquoi certaines personnes peuvent ressentir de la peur : «Je sais que certaines personnes ont peur de voir arriver des gens des autres provinces, quand ça va bien dans un endroit, on n’a pas envie que soudainement ça aille mal».  Néanmoins, les deux couples s’entendent pour dire que ce ne sera peut-être pas un été normal, mais que rien n’empêchera que ce soit un été réussi!

 

Rappelons qu’au total, ce sont 1136 résidents secondaires d’un peu partout au Canada qui ont reçu la permission d’entrer à l’Île-du-Prince-Édouard, entre la période du 15 juin au 15 juillet. 

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