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Le 1er juillet 2020

- Par Laurent Rigaux / Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

Le premier ministre Dennis King s’est félicité de ce nouveau «pas en avant»

 

La nouvelle que tout le monde attendait est tombée le mercredi 24 juin en milieu d’après-midi : une «bulle» va permettre de se déplacer librement et sans restriction au sein des quatre provinces de l’Atlantique..

 

Dès le matin, les réseaux sociaux se sont agités : la «bulle atlantique» tant attendue allait être enfin annoncée. Un député fédéral de Nouvelle-Écosse publie très tôt l’information sur Facebook, puis la retire. Après avoir soufflé le chaud et le froid pendant des semaines, le premier ministre de Nouvelle-Écosse fait une annonce à la radio en milieu de journée. À 13 h 06 enfin, un communiqué de presse du Conseil des premiers ministres de l’Atlantique confirme : les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard, du  Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador pourront circuler librement dans toutes ces provinces à partir du 3 juillet.

 

À l’Assemblée législative, le libéral Heath MacDonald tente, dès la période de questions, d’en savoir plus, sans succès. Le premier ministre, Dennis King se contente de confirmer la mise en oeuvre du dispositif pour le 3 juillet, mais attend 15 h pour donner officiellement plus de détails (voir notre article de la page 2 dédié sur les modalités pratiques).

 

«J’ai toujours dit que ça devait être fait»

 

«Nous conservons un optimisme prudent en participant à cette bulle de voyage atlantique, qui va nous permettre d’accueillir nos familles, nos amis, nos voisins de toute la région, en toute sécurité», a déclaré Dennis King devant les députés. Devant la presse, le premier ministre évoque une décision «basée sur la science et sur les faits», fruit de réflexions qui durent «depuis des semaines».

 

Peter Bevan-Baker s’est réjoui de l’annonce, «une décision sensée» selon lui. Le leader de l’opposition officielle avait pourtant vivement critiqué l’ouverture des frontières de l’Île aux résidents saisonniers : «L’annonce sur les résidents saisonniers n’avait aucun sens d’un point de vue scientifique, cela a monté les gens les uns contre les autres. Mon inquiétude a toujours été de déplacer des gens d’endroits avec de hauts taux d’infection vers des zones avec de faibles niveaux d’infection, ou pas d’infection du tout comme à l’île. [La bulle] me semble être un moyen sûr d’ouvrir nos frontières et notre économie, j’ai toujours dit que ça devait être fait. Et avec de la chance, cela va soutenir notre saison touristique.»

 

«Le diable se cache dans les détails»

 

Les résidents saisonniers ont commencé à présenter leur demande de visite le 1er juin et arrivent par grappe de 500 maximum depuis la mi-juin. Ces arrivées, largement inférieures en nombre à celles des travailleurs essentiels ou à celles du programme de soutien familial, n’ont entraîné aucun nouveau cas dans la province. Le dernier remonte au 28 avril, il y a près de deux mois.

 

Les libéraux se félicitent également de l’arrivée de la bulle, surtout pour soutenir l’économie, mais exigent, comme les verts, plus de clarté au niveau de la communication. «Le diable se cache dans les détails», lance Heath MacDonald. Le député craint qu’une communication floue n’entretienne la peur chez les Insulaires : «Si nous ne communiquons pas clairement, cela risque d’échouer».

 

Malgré la bulle, la vie ne reviendra pas encore tout à fait à la normale à l’Île, comme l’a souligné le lendemain, le député libéral de Tignish-Palmer Road, Hal Perry. Tout en se félicitant de la mesure, il a mis en cause les mesures strictes de visite aux aînés : «Si ce n’est pas dangereux de s’ouvrir aux provinces voisines, pourquoi les aînés ne peuvent pas sortir et voir leur famille?» Le premier ministre est resté sur sa ligne, vantant des décisions basées sur la science, prises en coordination avec la médecin hygiéniste en chef. Dennis King a insisté sur la vulnérabilité des plus âgés pour justifier la réouverture prudente des centres de soins de longue durée. 

 

Le leader de l’opposition officielle, Peter Bevan-Baker, s’est aussi réjoui de l’annonce et d’une «décision censée».

 

Le député libéral Heath MacDonald, tout en approuvant le lancement d’une bulle, a appelé le gouvernement à soigner sa communication, pour éviter «d’entretenir la peur» chez les Insulaires.  (Photos : Laurent Rigaux)

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