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Le 26 mai 2020

- Par Laurent Rigaux

Dennis King, premier ministre de l'Î.-P.-É.

 

La session exceptionnelle de l’Assemblée législative a débuté, mardi 26 mai à 14h. Au programme: des discussions sur le budget, sur les mesures d’urgence, et sur le code du travail notamment. La décision prise la semaine dernière d’ouvrir les frontières aux résidents saisonniers a monopolisé les premiers échanges. 

 

Le calme et la politesse ont tenu 10 minutes. Peter Bevan-Baker a posé et reposé la même question : «Pourquoi avoir pris cette décision?» Il a laissé entendre que Dennis King ne respectait pas le calendrier de déconfinement initial. Le premier ministre a répété que l’ouverture des frontières aux saisonniers était une forme de retour à la normale. Il a aussi déclaré que ces résidents payaient des taxes et qu’ils avaient «le droit» de venir à l’Île. Il a insisté sur les contrôles sûrs à la frontière et a demandé de «garder la foi». 

 

La température est monté d’un coup lorsque Peter Bevan-Baker a répondu préférer «parier sur la science que sur la foi», insinuant que le gouvernement ne se souciait pas des preuves scientifiques. «Cela fait 10 semaines que l’on prend des décisions basées sur la science. Quelle insulte pour Heather Morrison, quelle insulte pour moi, je le prends personnellement !” a répondu Dennis King, le doigt levé vers l’opposition.

 

Durant la pause, Peter Bevan-Baker a justifié la pression mise sur le gouvernement, estimant que les «propriétaires de résidences secondaires» n’étaient pas essentiels. «J’ai parlé à un certain nombre d’entre eux, qui accepteraient de suivre le protocole, a précisé le leader de l’opposition. Mais chaque fois qu’on permet à un nouveau groupe de venir, on accroît le risque. Nous n’avons pas vu de preuves qui c’est une décision sûre.»

 

Peter Bevan-Baker, chef du Parti vert.  (Photos : Laurent Rigaux)

 

Dennis King, quand à lui, a raconté à la presse que la date d’ouverture des frontières était discutée depuis des semaines avec les autres partis. « Chaque fois qu’on accepte de nouvelles personnes, on augmente le risque, et on travaille pour gérer ce risque. Il y a un risque à tout », a ajouté le premier ministre. 

 

Les Libéraux, de leur côté, ont préféré questionné James Aylward, le ministre de la santé, absent depuis le début de la crise. Sonny Gallant, le leader par interim du troisième parti, s’est aussi interrogé sur l’ouverture des frontières aux estivaux, une décision «sortie de nul part».

 


Le libéral Robert Henderson a poursuivi les questions pour le ministres de la santé, souhaitant connaître le nombre d’opérations chirurgicales annulées et décalées depuis 10 semaines, sans obtenir de réponse. 

 

Les Libéraux bloquent

 

Après une pause entre 17 et 19h, l’examen du projet de loi des Verts concernant les droits des locataires et des propriétaires a été examiné. Le texte, présentée par Hannah Bell, vise à empêcher les expulsions pendant un état d’urgence, mais également à permettre aux propriétaires de limiter l’accès aux parties communes dans les immeubles, si nécessaire. Les Libéraux et la majorité ont questionné l’intérêt du texte, le jugeant redondant avec d’autres. La discussion a été ajournée. 

 

Les Libéraux se sont ensuite opposés à l’examen en deuxième lecture des autres propositions de l’opposition officielle, mettant en avant un point du règlement (il faut que les députés aient une copie du texte au moins 24 h à l’avance, ce qui n’aurait pas été respecté). Ils ont également bloqué l’examen du budget. Cette attitude a surpris les autres partis. Après un moment de flottement, la session a été interrompue jusqu’à mercredi 1 4h.

 

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