Actualités
14 avril 2020

Le 14 avril 2020

- Par Laurent Rigaux

 

Selon le modèle épidémiologique dévoilé par Heather Morrison, mardi 14 avril, les mesures sanitaires fortes prises jusqu’à présent permettent d’éviter le pire.

 

La médecin-hygiéniste en chef détaille deux scénarios : l’un avec des mesures faibles, l’autre avec des mesures fortes. C’est ce dernier que vivent les Insulaires depuis un mois maintenant : un haut niveau d’éloignement social, une proportion élevée de cas identifiés et suivis, l’isolement et le contrôle de ceux qui reviennent à l’Île.

 

Un relâchement « pas à pas »

 

L’enjeu : rester sous la capacité du système hospitalier. Si les mesures que l’on connaît n’avaient pas été prises dès mi-mars, jusqu’à 3250 lits auraient été nécessaires d’ici le 1er juin, dans un mois et demi. Seuls 207 sont disponibles. Les mesures fortes permettent de réduire le nombre de lits nécessaires à 15.

 

Même constat pour les cas les plus graves. Jusqu’à 840 personnes auraient dû être admises en même temps en unité de soins intensifs le 1er juin dans le scénario le plus laxiste, alors qu’il n’y a que 17 lits en temps normal (et 40 de plus depuis quelques jours).

 

Ces scénarios évaluent aussi les décès. Aujourd’hui, avec les restrictions mises en place, 9 morts restent possibles, contre 900 dans le cas de mesures faibles.

 

 

 

«Si on relâchait tout aujourd’hui, notre capacité hospitalière serait dépassée dès mi-mai» prévient Heather Morrison. La médecin-hygiéniste en chef déclare que des discussions sont en cours pour un relâchement «pas à pas». «Ce n’est pas pour aujourd’hui, ce n’est pas pour demain», prévient Dennis King à ses côtés. Le premier ministre reste prudent : « Tous les modèles sont imparfaits. Cela permet de voir où nous étions, où nous sommes et où nous pourrions aller» dans les semaines à venir.

 

A l’heure actuelle, il y a toujours 25 cas positifs à l’Î.-P.-É., dont 23 guéris. «Nous sommes en train de gagner, mais ce n’est que la fin de la première mi-temps», lance Dennis King. «Nous ne pouvons pas gérer 100 cas par jour en termes d’hospitalisation», ajoute Heather Morrison. Elle explique que le principal risque concerne les cas importés, et que les contrôles aux points d’entrée de l’île vont se poursuivre dans les prochaines semaines.

 

Des jobs d’été en plus

 

En fin d’après-midi, les ministres MacKay, Trivers et Fox ont annoncé des mesures de soutien aux étudiants de l’Île. 1000 jobs d’été en plus sont créés pour les lycéens et les étudiants post-secondaires. Ces emplois doivent respecter les consignes sanitaires en vigueur.

 

Les jeunes sont incités à travailler dans les industries de la pêche et l’aquaculture via le program Team Seafood. La province va subventionner 250 emplois dans ce programme, pour les lycéens et les étudiants post-secondaires. 280 jobs supplémentaires sont également créés dans le programme Jobs for Youth.

 

Enfin, le programme d’emplois pour les étudiants post-secondaires Skills PEI est étendu, avec 320 jobs supplémentaires. Ce programme permet de subventionner 100% du salaire des jeunes qui travaillent dans les organisations gouvernementales et non-gouvernementales, et 75% (contre 50 auparavant) du salaire de ceux qui travaillent dans le secteur privé.

 

Les associations étudiantes de l’Université de l’ÎPÉ, du collège de l’Île et du collège Holland vont recevoir un soutien de 95 000 dollars pour aider les étudiants dans le besoin. Un fonds de soutien à la recherche de 75 000 dollars est également mis sur la table, pour les étudiants de UPEI qui veulent poursuivre leur projet de recherche.

 

Le ministre de l’éducation Brad Trivers annonce en outre que 150 à 200 ordinateurs portables vont être distribués aux élèves du niveau 12 qui en ont besoin. 230 familles ont par ailleurs reçus des kits « papier » d’apprentissage à la maison.

 

Heather Morrison.

 

Dennis King.  (Photos : Gouvernement de l'Î.-P.-É)

Abonnez-vous à La Voix acadienne pour recevoir votre copie électronique ou la version papier

Actualités