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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 25 mars 2020

Laurent Rigaux / Initiative de journalisme local - APF – Atlantique

Heather Morrisson. (Photo : Gouvernement de l'Î.-P.-É.)

 

En date du 25 mars, l’Île-du-Prince-Édouard compte toujours trois cas COVID-19, selon le bilan quotidien de Heather Morrison. La médecin-hygiéniste en chef souligne le « sérieux » de la pandémie qui a fait 29 morts au Canada à ce jour pour près de 2000 cas confirmés.

 

À l’Î.-P.-É., il n’y a toujours que trois cas, mais il y a encore 250 tests en attente de résultats. Heather Morrison a assuré que les autorités font leur maximum pour pouvoir réaliser au plus tôt les dépistages sur place à l’Île. Dans ce cas, seuls les tests positifs seraient envoyés à Winnipeg pour confirmation.

 

Avec près de 20 500 morts dans le monde, la pandémie continue sa course. Cela a poussé le Canada a déployé la réserve nationale stratégique d’urgence (RNSU) à l’Î.-P.-É. Cette réserve contient des fournitures que les provinces et les territoires peuvent demander dans des situations d'urgence, comme les éclosions de maladies infectieuses, lorsque leurs propres ressources sont insuffisantes.

 

Du matériel et une mini-clinique

 

La RNSU est composée de quatre entrepôts disséminés dans des lieux stratégiques au pays, dont l’Île-du-Prince-Édouard. Cet entrepôt contient notamment de l’équipement et des fournitures médicales, des produits pharmaceutiques, des lits et des couvertures selon le site du gouvernement fédéral. Heather Morrison a également évoqué l’installation de la mini-clinique, qui est l’une des composantes de la RNSU, destinée à donner des soins primaires aux patients et à soulager les services médicaux existants.

 

La médecin-hygiéniste en chef est encore une fois revenue sur les consignes d’éloignement social et d’auto-isolement. Elle a confié recevoir beaucoup de demandes sur des cas particuliers, par courriel ou par téléphone : Comment font les parents qui ont une garde partagée? Comment peuvent faire les sans-abris?
Doit-on s’isoler si l’on revient d’un rendez-vous médical au Nouveau-Brunswick? Elle a assuré que des réponses précises allaient être apportées au plus tôt.

 

Des recommandations «basées sur les preuves»

 

Concernant les rendez-vous médicaux hors de la province, elle n’interdit pas de s'y rendre, mais demande le plus grand respect des règles d’éloignement social sur place : «Si vous respectez cela, vous n’avez pas besoin de vous auto-isoler à votre retour». Interrogée sur le cas des Madelinots, là aussi, elle ne leur interdit pas de sortir de leur voiture pour faire un plein d’essence par exemple, mais ils doivent maintenir les distances de sécurité pendant qu’ils parcourent province.

 

«Nous essayons de contrôler cette pandémie, a déclaré Heather Morrison. Aujourd’hui, nous influençons demain, le jour d’après et la semaine prochaine.» Alors que de nombreuses discussions, parfois enflammées, sont en cours sur un possible traitement à la chloroquine, la médecin-hygiéniste en chef appelle à la prudence et s’en remet aux recommandations des autorités nationales, «basées sur les preuves et la science». Quant à la stratégie de certains pays, qui misent sur une contamination massive pour faire émerger une immunité collective contre la COVID-19, Heather Morrison s’est montrée sceptique. «On ne peut pas faire cela en tant que société, si on n’a pas de vaccin, a-t-elle expliqué. Il y aurait beaucoup de morts chez les plus âgées et les malades chroniques. Je ne le supporterai pas.»

 

Marion Dowling, quant à elle, a confirmé l’arrivée de 12 respirateurs artificiels, «d’ici la fin du printemps». Ils s’ajouteront aux 19 déjà disponibles. «Nous travaillons avec le gouvernement et les fabricants de matériel pour avoir notre juste part», a rassuré la chef des services infirmiers à Santé ÎPÉ.

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