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12 mars 2020

Le 12 mars 2020

- Par Jacinthe Laforest

Marc Schurman explique à la ministre Marie-Claude Bibeau comment il lutte contre les insectes parasites de façon biologique.  Avec du financement fédéral, il vient d’installer une chaudière qui produit très peu de CO2. 

 

Marc Schurman exploite avec sa famille l’entreprise «Atlantic Grown Organics», dans la région de Kensington.  Les tomates, concombres et poivrons verts biologiques produits en serre sont vendus autant dans les grandes chaînes d’alimentation présentes à l’Île que dans les marchés des fermiers du samedi matin. 

 

Les installations sont impressionnantes par leur grandeur, vue de l’extérieur, mais c’est à l’intérieur, dans une lumière qui magnifie le vert tendre des plans de concombres et de tomates, que le dépaysement se fait le plus sentir. 

 

C’est parmi ces magnifiques plantes biologiques, visiblement en excellente santé, que la ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, a annoncé la contribution de son gouvernement à l’installation d’une chaudière très efficace qui brûle de la biomasse et des copeaux de bois à une chaleur telle que le méthane produit par la combustion est lui aussi brûlé. 

 

La chaudière a été importée au Canada par la compagnie locale «Wood4Heating Canada Inc.»  Le gérant des opérations, Alex Pratt, présent lors de l’annonce, a expliqué que le modèle installé à Kensington, originaire d’Autriche, était le seul exemplaire (au moment de son installation du moins) en Amérique du Nord. 

 

L’entreprise a reçu une contribution fédérale de 446 642 $ du programme des technologies propres en agriculture d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, 271 467 $ du programme Croissance économique régionale par l’innovation de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA), 89 328 $ du ministère de l’Agriculture et des Terres de l’Île du Prince Édouard et a investi elle-même 85 847 $ dans ce projet de près d’un million de dollars.

 

Dans une serre, la chaleur est le nerf de la guerre

 

Le plus grand défi de n’importe quelle culture en serre à longueur d’année au Canada est le maintien d’une température idéale et constante et plus précisément, la façon de produire la chaleur nécessaire au maintien de la bonne température.  Les Schurman ont fait le choix de brûler de la biomasse il y a plusieurs années.  Cependant, au fur et à mesure que la serre a pris de l’expansion, passant de ¾ d’acre à quatre acres, les producteurs n’étaient plus capables de se procurer assez de biomasses pour les besoins en chaleur.  La compagnie a donc dû se rabattre sur les combustibles fossiles. 

 

La nouvelle chaudière est capable de brûler des copeaux de bois, des déchets de copeaux de bois, ainsi que les matières résiduelles issues du pressage de grains de spécialité par la compagnie «Natures Crops», également établie dans la région de Kensington.  «Ils sont à cinq minutes d’ici.  Nous brûlons leurs déchets, mais ils n’en produisent pas assez pour nos besoins.  C’est pourquoi nous avions besoin d’une chaudière qui allait brûler également du bois», dit Marc Schurman. 

 

«Cette technologie, la première du genre à être installée en Amérique du Nord, est un excellent exemple de la façon dont les producteurs et productrices d’un océan à l’autre cherchent à devenir plus écologiques.  Notre gouvernement s’est engagé à soutenir la recherche sur les pratiques agricoles durables.  Ce projet montre comment l’ingéniosité de nos familles d’agriculteurs dans l’adoption de nouvelles technologies peut aider le Canada à être un leader en matière d’agriculture et d’alimentation durables», a indiqué la ministre Marie-Claude Bibeau d’Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada. 

 

À l’écoute de la relève

 

Les Schurman occupent cette terre depuis trois générations.  Lorsque le père de Marc en était le propriétaire, la ferme avait du bétail.  En 2001, lorsque Marc a fini ses études et qu’il est revenu sur la terre, il a construit sa première serre.  En 2005, il a fait la transition vers le biologique.  Entre 2008 et 2010, la ferme a graduellement abandonné l’élevage du bétail pour se concentrer sur l’agriculture biologique en serre.  D’ici l’été, il espère introduire des emballages qui n’utilisent pas de plastique. 

 

Ses deux fils, encore au secondaire, ne savent pas s’ils vont un jour reprendre la ferme.  Pour la ministre Bibeau, c’est essentiel d’engager la conversation avec les jeunes pour constituer la relève en agriculture.  L’exemple de Marc, qui a apporté l’innovation à son arrivée sur la ferme familiale, suggère que les jeunes sont souvent ceux qui introduisent le changement. 

 

«Je me préoccupe beaucoup de la jeune génération d’agriculteurs.  Nous avons besoin de leur faciliter l’accès à la terre et de les soutenir.  Et nous avons besoin de les écouter», dit la ministre Bibeau.  Dans un même souffle, elle a ajouté qu’elle était sur le point de dévoiler la composition de son tout premier conseil jeunesse national.  «J’ai lancé un appel il y a quelques semaines seulement et nous avons reçu plus de 800 candidatures.  De toute évidence, les jeunes sont là.  Et je veux aussi faciliter l’accès aux carrières agricoles pour les femmes», a poursuivi la ministre. 

 

Son séjour à l’Île-du-Prince-Édouard coïncidait avec le congrès annuel de la table canadienne de la relève agricole. 

 

Marc Schurman, propriétaire de Atlantic Grown Organics, la ministre Marie-Claude Bibeau et Alex Pratt, qui a installé la nouvelle chaudière à haute efficacité.

 

Wayne Easter, député de Malpèque à Ottawa, Matthew MacKay, ministre du Développement économique, du Tourisme et de la Culture, Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Krista et Marc Schurman, et Bloyce Thompson, ministre de l’Agriculture, Justice et Sécurité publique.  (Photos : J.L.)

 

 

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