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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 12 décembre 2019

- Par Laurent RIGAUX

Don Jardine, candidat à la maîtrise en sciences environnementales de UPEI, invite les habitants de l’île à donner leur avis sur les indicateurs du changement climatique.  (Photos : L.R.) 

 

Quels sont les indicateurs climatiques les plus utiles pour vous? Le laboratoire du climat de l’UPEI vous pose la question.  Que vous soyez agriculteur, pêcheur, dans l’industrie du tourisme ou simple citoyen, vous avez jusqu’au 20 décembre pour donner votre avis.

 

Pour Don Jardine, il s’agit de définir quels sont les indicateurs les plus appropriés quand on parle de changement climatique, au plus près des réalités du terrain.  Car des indicateurs, il y en a des dizaines.  Le scientifique, candidat à la maîtrise en sciences de l’environnement, en a présenté certains, mercredi 4 décembre, lors d’une réunion publique à l’Université de l’Î.-P.-É.

 

Des indicateurs variés

 

Il y a la moyenne des températures bien sûr, et les précipitations annuelles.  Ces deux indicateurs sont mesurés depuis 1872 à Charlottetown.  Il y a le décompte des évènements extrêmes, ainsi que le nombre de jours consécutifs où il pleut.  La quantité de précipitations pendant la période de croissance des cultures peut aussi être utile.  En 2018, par exemple, trois stations à l’ouest de l’île ont enregistré un déficit de pluie entre avril et septembre, et un excès en octobre et novembre, l’opposé de ce que souhaitent les agriculteurs, explique Don Jardine.

 

On peut également compter le nombre de jours de sécheresse dans l’année et regarder l’évolution dans le temps.  En 2019, à Stanhope, il y a eu 38 jours consécutifs avec moins de 5 mm de pluie, du 15 juillet au 19 août, réduisant les rendements dans les champs.  Les assureurs utilisent cet indicateur, selon Don Jardine, mais ils développent aussi leurs propres outils, comme «l’indice actuariel climatique». 

 

Cet indice mesure la fréquence des évènements climatiques extrêmes, en mixant dans une formule savante les températures, le niveau de la mer, le vent, les précipitations.  Entre 1961 et 1990, il y a eu cinq épisodes à l’î.-P.-É. lors desquels des épisodes extrêmes ont dépassé la «variabilité» normale.  C’est arrivé douze fois dans les dix dernières années.

 

Plus de données, aux bons endroits

 

Un autre indicateur bien connu des Prince-Édouardiens est le niveau de la mer, qui monte d’un pied par an en moyenne.  L’usage des terres est également bien documenté depuis l’installation des premiers colons européens au début du 18e siècle.  La déforestation pour l’agriculture a augmenté jusque dans les années 1920, avant de baisser puis de croître à nouveau depuis quelques années.

 

La liste pourrait continuer longtemps.  En demandant aux habitants de l’île ce qu’ils en pensent, Don Jardine souhaite encourager le développement de stations de mesure dans toute l’île.  Car ce qui est enregistré à Charlottetown n’est pas forcément valable ailleurs.  Quels indicateurs sont valables pour les agriculteurs près de Souris? Lesquels sont utiles pour la ville de Summerside ou des pêcheurs en région Évangéline? «Il faut mesurer les bonnes choses aux bons endroits, pour avoir plus de données», résume le scientifique.

 

Si cela vous intéresse de donner votre avis, vous pouvez demander le lien vers le sondage à Don Jardine à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..  Les résultats seront synthétisés dans un rapport qui sera rendu public.

 

Durant sa présentation, Don Jardine a détaillé une vingtaine d’indicateurs du climat.

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