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Le 13 novembre 2019

- Par Laurent Rigaux

Le gouvernement provincial souhaite que les habitants de l’île choisissent le bus plutôt que le véhicule utilitaire sports.  (Photo : L.R.)

 

Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard (Î-P-É) a publié, mercredi 6 novembre, son premier plan d’action pour développer les transports durables. 

 

Avant d’annoncer les mesures, le rapport égrène les chiffres pour démontrer l’urgence de la situation.  Loin devant l’agriculture, les bâtiments et l’industrie, le tranport est la première source de gaz à effet de serre sur l’île.  Voitures, bus, camions sont responsables de 47 % des émissions de la province.  Pire, depuis 1990, ces émissions dues au transport ont augmenté de 37 %.

 

«Il n’y a jamais eu autant de conducteurs, annonce le document.  Par personne, l’Î.-P.-É. a le kilométrage de routes pavées le plus élevé du pays et occupe le deuxième rang pour le nombre de véhicules.» Un chiffre assez frappant est mentionné : depuis 2014, les Prince-Édouardiens achètent plus de camions, de VUS et de fourgonnettes que de voitures.  Autant de véhicules qui consomment plus et polluent plus.

 

Le gouvernement provincial entend agir sur les transports collectifs urbains et ruraux, les véhicules à faibles émissions, le transport actif comme la marche ou le vélo, et enfin l’aménagement du territoire. 

 

Dans le détail, il veut développer fortement une offre de transports abordable, surtout en dehors du territoire couvert actuellement par T3 Transit.  La province souhaite favoriser l’achat de véhicules électriques, développer un réseau de bornes de recharges et accroître le télétravail pour éviter aux gens de se déplacer.

 

La marche et le vélo sont également mis en avant avec le développement de pistes cyclables et de diverses infrastructures.  Mais le plan d’action n’est pas très généreux en propositions et renvoie même à un autre plan d’action sur le sujet du transport actif. 

 

Sur l’aménagement du territoire aussi, le document n’est pas très bavard.  Selon l’action 24, il faut «encourager les modèles de développement qui soutiennent les transports actifs et les transports en commun en identifiant les zones bâties pour une croissance future et en établissant des normes pour la conception des lotissements et des aménagements.» Comment? Quelles normes? Là aussi, pas de réponse. 

 

Et c’est bien là le problème de ce document qui n’est, pour le moment, qu’un catalogue de bonnes intentions.  Aucun objectif chiffré ni budget ne sont associés aux 27 actions.  S’il faut saluer la prise de conscience, a-t-on besoin d’un plan d’action pour dire qu’il faut «accroître le transport public abordable, sûr et inclusif dans les zones rurales» (action 2)? Selon l’action 19, il faut «accroître les infrastructures de transport actif, en améliorant la sécurité et la connectivité entre les lieux».  La suivante, l’action numéro 20, annonce qu’un «pourcentage du budget transport de la province sera dédié à maintenir et à créer de nouvelles infrastructures de transport actif».  En bref, l’action 20, c’est financer l’action 19.

 

Le ministre Steven Myers évoque une fenêtre de cinq ans à partir de 2020 pour concrétiser le plan.  Mais sans chiffres ni budget, il est difficile de prévoir ce que sera une action réalisée ou non.  Selon le communiqué qui accompagnait le rapport, le ministre va «travailler avec les partis d’opposition à l’Assemblée législative afin de déterminer les mesures prioritaires pour la prochaine année». 

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