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Le 1er octobre 2019

- Par Jacinthe Laforest

La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May.  (Photos : J.L.)

 

La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a fait une escale à Charlottetown le lundi 23 septembre, pour y présenter la plateforme de son parti, «qui contient tout ce qu’il faut pour améliorer le Canada», dit-elle, brandissant une copie de sa plateforme qui a pour titre «Un leadership honnête, éthique et bienveillant». 

 

Réunis dans la salle commémorative du Centre des arts de la Confédération, les partisans du Parti vert du Canada ont profité de la présence d’Elizabeth May pour rafraîchir leurs connaissances en matière de changements climatiques. 

 

«Vous savez, la température moyenne de la terre est supérieure de 1 degré à ce qu’elle était avant l’ère industrielle.  La température moyenne, c’est autre chose que de dire qu’il a fait plus chaud cet été ou plus froid cet hiver.  On parle de la moyenne sur l’ensemble de la terre.  Et savez-vous qu’il y a 10 000 ans, lorsque le Canada était dans une ère glacière, la température moyenne du globe était plus froide de seulement 5 degrés? Un degré fait donc une immense différence», a-t-elle affirmé. 

 

Plateforme complète sous une lentille environnementale

 

Un des grands défis du Parti vert, s’il espère un jour former un gouvernement c’est de convaincre les électeurs qu’il se préoccupe d’autres choses que d’environnement.  Même si la plateforme du parti est relativement complète, tout y est présenté de manière à faire effectuer au Canada un virage vert, dans tous les secteurs d’activité humaine, pour laisser à la prochaine génération un héritage moins hypothéqué.  Et justement, la prochaine génération occupe une place de choix dans la vision qu’Elizabeth May entretient pour le Canada. 

 

«Rien n’est plus important pour une société que de prendre soin des enfants.  Nous avons besoin des services de garde avancés, pas juste un endroit où mettre nos enfants lorsque nous partons au travail.  Et nos éducateurs en petite enfance méritent d’être mieux payés que des joueurs de hockey.  Je n’ai rien contre le hockey, mais le travail que font nos éducatrices est beaucoup plus important pour l’avenir du pays», a dit Elizabeth May. 

 

Dans la plateforme du Parti vert sous le volet «Un contrat social renouvelé», qui comprend aussi les soins de santé, le logement et l’enrayement de la pauvreté, la section «Prendre soin de nos enfants» dit ce qui suit : 

 

«Il est temps, de l’avis des Verts, de toujours tenir compte des intérêts de nos enfants dans chaque prise de décision.  Si une politique est bonne pour nos enfants, elle est bonne pour la société.  Les Verts nommeraient un organisme qui serait chargé de protéger les droits des enfants.  Trop d’enfants vivent en famille d’accueil.  Trop d’enfants vivent dans la pauvreté.  Et, surtout, un trop grand nombre de ces enfants sont autochtones.  Chaque enfant canadien mérite des services de qualité égale, depuis l’éducation de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte.  Entre temps, les familles ont besoin de services de garde.  Un plan universel pour la garde d’enfants est crucial pour que les femmes atteignent l’égalité.  Le Canada a besoin d’une feuille de route pour offrir des services de garde abordables pour tous les enfants.

 

Un gouvernement vert collaborerait avec les provinces, les territoires, les collectivités locales, les collectivités autochtones et le secteur des garderies pour exécuter, enfin, une feuille de route pour le court terme, le moyen terme et le long terme.  Le Canada doit consacrer des ressources supplémentaires à la mise en place d’un système d’apprentissage préscolaire et de garde d’enfants (AGJE) qui est universel et abordable.  Ce n’est pas possible sans l’apport de fonds publics.  Le Canada a besoin d’un système AGJE pour favoriser un pays plus vert».

 

Leadership inébranlable et horizon 2030

 

Elizabeth May reproche aux partis actuellement au pouvoir de manquer de logique et de jugement.  Dans son document électoral, le Parti vert rappelle que le 17 juin 2019, le Parlement canadien a suivi l’exemple de plusieurs pays, États et provinces et aussi de dizaines de municipalités canadiennes en adoptant une motion déclarant que le Canada se trouve en situation d’urgence climatique. 

 

«Le lendemain, le gouvernement libéral, soutenu par l’opposition conservatrice, a donné son approbation au projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, un projet dont le financement public atteindra au moins entre 10 et 13 milliards de dollars et qui permettra de développer l’exploitation minière du bitume dans le nord de l’Alberta, ce qui fera augmenter les émissions de gaz à effet de serre imputables au Canada.  Cette décision est tout à fait contraire à la motion adoptée le jour précédent au sujet de l’urgence climatique», insiste Elizabeth May. 

 

Le Parti vert parle beaucoup de 2030 dans sa plateforme, comme étant une étape importante vers l’atteinte des objectifs de 2050, c’est à dire l’élimination quasi complète des polluants causant des changements climatiques, principalement le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde nitreux.  Le Parti vert se fie à la science qui dit que pour atteindre cet objectif, il faut avoir la moitié du chemin de fait en 2030.  Sinon, ce sera peine perdue. 

 

«Si nous ratons la cible de 2030, nous risquons de déclencher un réchauffement planétaire irréversible.  L’urgence climatique doit être la lentille servant à examiner chaque domaine de politique, soit l’économie, la santé, l’éducation, les affaires étrangères, l’immigration, la sécurité publique, la défense, l’aide sociale et les transports», maintient la cheffe du Parti vert, Elizabeth May. 

 

Elle a profité de son passage à Charlottetown pour rencontrer les candidats du Parti vert, Darcie Lanthier à Charlottetown, Glen Beaton à Cardigan, Anna Keenan à Malpèque et Alex Clark à Egmont. 

 

Derrière Elizabeth May, on voit les candidats du Parti vert à l'Î.-P.-É., Glen Beaton, Darcie Lanthier, Anna Keenan et Alex Clark.

 

Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada, a rencontré ses partisans à Charlottetown le lundi 23 septembre.  Sous l’immense capteur de rêves de la salle commémorative au Centre des arts de la Confédération, elle a parlé de l’importance de prendre soin de la prochaine génération. 

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