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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 16 juillet 2019

- Par Ericka Muzzo

Plus de 40 personnes ont marché à travers les rues de Charlottetown, applaudies par des gens assis sur les terrasses et encouragées par les klaxons d'automobilistes.

 

Ils étaient près d’une quarantaine à circuler dans les rues de Charlottetown le samedi 29 juin dernier, scandant que «les droits des trans sont des droits de la personne».  Réunis à l’occasion du 50e anniversaire des émeutes de Stonewall, à New York, les manifestants ont appelé à une réforme des procédures légales de changement de sexe à l’Î.-P.-É.

La pénurie de médecins dans la province se fait sentir pour les individus transgenres, qui peinent à trouver du personnel médical, afin «d’évaluer» leur demande. 


«À l’Île-du-Prince-Édouard, pour transitionner, même juste sur papier, il faut signer des formulaires de quatre ou cinq pages et avoir une déclaration écrite d’un professionnel médical qui confirme qu’on est trans.  Nous pensons que c’est offensif, et que ça empêche les trans de poursuivre leur cheminement», déplore la femme transgenre Nova Arsenault, l’une des organisatrices de la manifestation du 29 juin.


Elle est également membre du groupe nouvellement formé «Masses Against Capitalist Opression» (MACO), qui milite pour une réforme du système capitaliste et patriarcal.


«On demande l’abolition de la bureaucratie liée au changement de sexe.  Nous pensons que ça devrait être un seul formulaire, que la personne écrit et signe pour affirmer son genre.  Aussi, cela devrait inclure des options non binaires et non pas seulement mâle ou femelle», estime Nova Arsenault.


Elle déplore toutefois que ces enjeux ne se rendent pas jusqu’aux oreilles des politiciens, raison pour laquelle la manifestation du 29 juin a culminé devant les bureaux administratifs de la province, rue Rochford.  L’événement devait initialement avoir lieu le vendredi 28 juin, les bureaux ayant alors été occupés, mais la marche a été reportée en raison de la température. 

 

Un début de regroupement


«Il n’y a pas vraiment une forte communauté trans à l’Île.  Au début, j’avais l’impression d’être la seule, et les gens que j’ai rencontrés m’ont dit la même chose.  C’est en partie pour ça qu’on a organisé la marche, pour que les gens se rencontrent et peut-être s’organisent ensemble dans le futur», enchaîne Nova Arsenault.


Son militantisme est issu de sa propre expérience, puisque plusieurs médecins ont refusé par le passé de faire l’évaluation lui permettant de poursuivre les procédures de changement de sexe.


Il s’agit d’un des premiers événements du genre à l’Île-du-Prince-Édouard, et les manifestants ont exprimé leur espoir que cela attire l’attention des politiciens à l’Assemblée législative.  «Je pense qu’il y a de l’espoir, même si la province est petite et un peu conservatrice. L’important, c’est de trouver des gens de confiance avec qui s’organiser et parler», souligne l’organisatrice, qui a livré un petit discours devant les manifestants réunis.


D’autres actions pourraient être entreprises par le groupe MACO, qui ne se concentre toutefois pas seulement sur la question trans.  «On fait des événements quand c’est nécessaire. Si des réformes avaient lieu, on n’aurait plus besoin», laisse présager Nova Arsenault. 

 

«Guérissez la transphobie, pas les individus trans», «Les droits trans sont des droits de la personne» et «Écrasons la binarité», pouvait-on lire sur les affi ches des manifestants.

 

Plusieurs participants ont prononcé de petits discours en face du bâtiment du gouvernement. On peut apercevoir la coorganisatrice Nova Arsenault qui fi lme le tout. (Photos: E.M.)

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