FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 11 avril 2019
Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

À l’aube des élections provinciales du 23 avril, les Acadiens et francophones de l’Île-du-Prince-Édouard sont prêts à collaborer avec tous les partis.  Un vent de changement pourrait porter le Parti vert au pouvoir et faire remplacer le système de vote uninominal à un tour par un scrutin proportionnel.  Pour la Société Saint-Thomas-d’Aquin, l’essentiel, lors de cette campagne potentiellement historique, est un électorat et des politiciens bien informés.



Quand l’organisme rencontre un parti, précise la directrice générale de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, Isabelle Dasylva-Gill, «on ne regarde pas la couleur, mais les opportunités de collaboration».  (Photo : avec l’autorisation de la SSTA, prise lors du lancement du Congrès mondial acadien 2019)

«La pratique de donner une liste d’épicerie très grande, ça veut dire moins d’espoir qu’elle soit retenue, explique la directrice générale de la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA), Isabelle Dasylva-Gill.  On ne peut pas tout faire en même temps».

Dans le cadre d’un processus d’établissement des priorités communautaires, la SSTA avait tenu un forum de concertation.  Le résultat : l’accès aux services en français et à l’information sur les services, la petite enfance et la jeunesse, ainsi que les ressources aux organismes, dont certains projets sont financés par la Province.  Un élément clé est la traduction d’outils pour les groupes participant à l’offre de services. 

La Loi sur les services en français (2013) est reconnue par toutes les formations politiques et demeure un outil de référence, ajoute Isabelle Dasylva-Gill.  «C’est important pour l’Île dans son ensemble et pas juste pour les francophones.  On note que le français est de plus en plus utilisé par les partis.  La reconnaissance du respect de la dualité linguistique, c’est quand même assez homogène».

Des priorités dans les programmes électoraux

En petite enfance, jeunesse, éducation et santé, «tout ce qui crée une situation de vulnérabilité attire notre attention», selon la militante, et enclenche une mobilisation pour améliorer les services.

«On est régulièrement en contact avec les partis politiques, soutient la directrice générale, en termes de revendications et de suivis à nos demandes.  On veut s’assurer qu’ils soient au courant de l’évolution des enjeux».

Certaines priorités des insulaires francophones se retrouvent dans les programmes électoraux.  Les libéraux de Wade MacLauchlan promettent 300 nouvelles places de garderie et d’investir davantage en santé mentale et dans l’appui des proches aidants.

Les verts de Peter Bevan-Baker s’engagent à augmenter les salaires en petite enfance ainsi qu’à bonifier l’aide sociale, les soins dentaires, l’appui aux sages-femmes et les services désignés en français.  Les progressistes-conservateurs de Dennis King entendent notamment offrir gratuitement l’éducation préscolaire pour les enfants de quatre ans et réduire l’impôt aux petites entreprises.

Une 2e tentative pour le vote proportionnel

La SSTA professe une neutralité politique et considère que les partis «ont tous un potentiel d’influence sur ce qui peut servir les intérêts de la communauté».  Quand l’organisme rencontre une formation, précise Isabelle Dasylva-Gill, «on ne regarde pas la couleur, mais les opportunités de collaboration».

Pour la participation au scrutin provincial et au référendum sur la réforme électorale, tenus simultanément le 23 avril, la SSTA poursuit le même objectif : encourager les gens à voter et s’assurer qu’ils soient bien informés.

C’est essentiellement le message de Représentation équitable Canada, à la veille du référendum sur le modèle électoral.  Selon le président Réal Lavergne, l’ascension des verts dans les intentions de vote pourrait faire pencher la balance en faveur de la réforme, lors de cette seconde tentative dans la province en trois ans. 

Comme les autres tiers partis perpétuellement exclus du pouvoir, le Parti vert aurait tendance à opter pour le changement de régime.  En 2016, les électeurs ont endossé la réforme avec une majorité de 52 %.  Le chef libéral a refusé de procéder, jugeant le taux de participation de 36 % insuffisant pour justifier la transformation.  En 2018, la Colombie-Britannique a rejeté la proportionnelle. 

Durant la campagne électorale courante, le premier ministre libéral Wade MacLauchlan recommande le rejet de la représentation proportionnelle.  (Photo : compte Twitter de Wade MacLauchlan)


Le chef Peter Bevan-Baker mène dans les sondages en termes de popularité personnelle et son parti pourrait former le premier gouvernement vert au Canada.  (Photo : compte Twitter de Peter Bevan-Baker)



L'Île-du-Prince-Édouard en images