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21 février 2019
Le 21 février 2019
- Par Ericka Muzzo

Elizabeth May et Peter Bevan-Baker se disent choyés de travailler ensemble,chacun à son pallier gouvernemental, mais dans un même but. 



En visite à l’Île dans le cadre de sa tournée «Place aux communautés», la chef du Partivert du Canada, Elizabeth May, était présente le mardi 12 février dernier au centre Murchison à Charlottetown.  Elle y a écouté les préoccupations de citoyens de l’Île, en grande partie des membres du Parti vert de l’Î.-P.-É.  Son chef, Peter Bevan-Baker, était également de la partie. 


D’entrée de jeu, ce dernier a salué la bonne position des Verts dans les derniers sondages, dont certains placent le parti à 34 % des intentions de vote.  «Imaginez ce que l’on peut faire avec 34 %, si on a accompli tant de choses avec seulement 4 % [des intentions de vote aux élections de 2015]», a-t-il avancé, suscitant des applaudissements fournis dans la salle. 


Plusieurs ont observé que le Parti vert pourrait, pour une première fois, former un gouvernement à la suite des élections provinciales imminentes à l’Î.-P.-É. Elizabeth May y voit d’autant plus un signe de la force de son parti, d’un dynamisme inédit au niveau fédéral aussi.  «Je suis très déçue par Justin Trudeau, qui est en train d’épuiser mes capacités de bénéfice du doute», a mentionné la chef du Parti vert, citant les promesses non respectées du gouvernement actuel. 


Elle reproche notamment aux Libéraux d’avoir laissé tomber la réforme du mode de scrutin, une promesse électorale de Trudeau en 2015.  Mme May prône l’adoption, comme en Nouvelle-Zélande, d’un système de représentation proportionnelle mixte, «celui qu’ont aussi choisi les Prince-Édouardiens», lors du référendum de 2016.


L’environnement au premier plan


La question de l’oléoduc «Trans Mountain» a également été soulevée à plusieurs reprises.  Plusieurs citoyens présents ont tenu à «féliciter» Mme May pour son arrestation, alors qu’elle manifestait contre cet oléoduc, au mois de mars 2018.  «Je vois ma nation aller au front, et je perds mon peuple à cause de la toxicité de l’environnement, des maladies.  Nous avons besoin de gens qui se lèvent avec nous, et qui se font arrêter avec nous si nécessaire», a souligné l’une des membres de l’assistance ayant des racines autochtones. 


La chef Elizabeth May a également tenu à parler de Greta Thunberg, la Suédoise de 15 ans qui a prononcé un discours en finale de la COP24, un somm sur le climat qui a eu lieu en Pologne en décembre 2018.  «Elle sera ma boussole morale pour la prochaine élection.  Je refuse de mentir ou d’enrober la vérité dans du sucre alors que nous faisons face à l’extinction», a clamé Mme May.  Dans un discours de quelques minutes qui a fait parler les médias à travers le monde, Greta Thunberg avait sommé les dirigeants de traiter la crise environnementale pour ce qu’elle est, et de prendre les moyens nécessaires pour agir pendant qu’il est encore temps. 


«Notre relation avec mère Nature n’est pas la bonne.  L’environnement est tout autour, et il faut la rebâtir, comme il faut rebâtir nos communautés et notre manière de vivre ensemble», a ajouté Peter Bevan-Baker. 


Une ouverture


Le Parti vert de l’Île assure être en bonne voie de mener une campagne «très forte», de présenter une opposition électorale comme jamais auparavant et surtout de jouer le rôle que les Prince-Édouardiens choisiront pour eux.  «On va continuer nos nominations, on en a 17 pour le moment à travers l’Île et on prévoit une ardoise pleine de candidats.  On travaille aussi activement à finir notre plateforme, qu’on ne dévoilera pas avant le moment désigné», explique Peter Bevan-Baker. 


Au niveau fédéral, Elizabeth May se dit également persuadée de réussir à faire élire davantage de candidats.  Elle est actuellement la seule députée du Parti vert à siéger à la Chambre des communes du Canada.  D’après Mme May, le Parti conservateur est particulièrement affaibli en ce moment, en raison de la démission de l’ancien député Maxime Bernier.  Il a fondé en septembre 2018 le Parti populaire du Canada, s’engageant à présenter des candidats contre ceux de son ancien parti. 


Cette tournée «Place aux communautés», qui mènera la chef dans 14 villes à travers le pays, est l’une des stratégies du Parti vert pour rejoindre la population et entendre ses préoccupations.  «Deux de nos principes sont la citoyenneté active et la démocratie de terrain.  Notre rôle, c’est d’aller vers les gens, d’écouter ce qu’ils ont à dire puis de ramener ça, dans mon cas, à l’Assemblée législative», affirme Peter Bevan-Baker.  Le rassemblement qui a pris place au centre Murchinson serait l’un de ceux ayant réuni le plus de Verts, plus de 200 personnes s’étant déplacées. 


Comme le souligne Peter Bevan-Baker, Elizabeth May n’est pas étrangère à l’Île.  Elle s’était notamment rendue dans la province à l’élection du chef provincial, ainsi qu’à celle de la députée Hannah Bell.  Mais avec des élections provinciales et fédérales qui devraient avoir lieu cette année, le moment était particulièrement bien choisi pour que la chef fasse acte de présence en vue d’unir les partisans. 

Les partisans étaient nombreux pour accueillir la chef du Parti vert du Canada. Plusieurs ont eu l’occasion de poser des questions ou de faire entendre un témoignage.  (Photos : E.M.)

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