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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 19 décembre 2018

Cinq ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur les services en français de l’Î.-P.-É., en décembre 2013, les instances gouvernementales s’efforcent toujours de mettre en œuvre les priorités identifiées par la communauté acadienne et francophone.  Le rapport annuel 2017-2018, émis par la province, fait état de progrès, mais il reste du chemin à parcourir. 

L’une des principales réalisations de l’année est l’ajout de trois services désignés, soit la ligne info santé 811 et l’offre d’information et de services en personne au Musée acadien.  «La plupart du temps, les services désignés étaient déjà disponibles en français, mais ça protège les acquis, quand ils sont officialisés», constate la présidente du comité consultatif de la communauté acadienne et francophone, Jacinthe Lemire. 

Ce comité est notamment chargé de transmettre des recommandations au gouvernement, d’après les priorités qui sont ressorties de leurs rencontres avec des acteurs de la communauté.  «Celles qui ne sont pas remplies sont reportées d’une année à l’autre, mais on a décidé de formuler des priorités plus larges, autrement on finissait par en avoir trop», témoigne Jacinthe Lemire. 

Les priorités 2017-2018 concernent surtout l’identification et la mise en évidence de services offerts en français ou qui pourraient être désignés.  Le principe de l’offre active, qui veut que la clientèle se fasse davantage proposer les services en français lorsqu’ils sont disponibles, est l’un des axes principaux. 

«Le travail de mise en œuvre de la Loi sur les services en français n’est pas évident.  Il est donc important de noter les efforts du gouvernement provincial faits en la matière, particulièrement au niveau des ressources humaines bilingues, avec l’évaluation accrue des compétences linguistiques des employés», note la présidente de la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA), Colleen Soltermann. 


Manifester les besoins

«S’il n’y a pas de demandes pour un service, il n’y aura pas de raison pour le gouvernement de l’offrir en français», souligne Jacinthe Lemire.  C’est notamment pourquoi il est important de démontrer son intérêt à être servi en français, et à porter plainte lorsque nécessaire, d’après la présidente.  Le rapport énonce qu’aucune n’a été soumise en 2017-2018.

«Pour que la plainte soit jugée recevable, elle doit être faite sur un service désigné», nuance toutefois la présidente du Comité consultatif.  D’où l’importance que ce mécanisme soit le plus utilisé possible, car le service en français devient alors obligatoire.  La citoyenne Mélanie Gallant a récemment déposé une plainte à la suite d’une réponse en anglais de la ministre Paula Biggar, contrevenant à la Loi sur les services en français. 

L’effectif bilingue au sein du gouvernement provincial est passé de 266 à 281 pour 2018.  Ce sont 16 employés bilingues de plus, mais un poste désigné bilingue en moins, issu de la privatisation de la vente d’alcool dans la région Évangéline.  Le recrutement et la rétention de travailleurs francophones demeurent ardus à l’Île. 


Un travail en amont

«Il faut que le gouvernement pense à communiquer en français», explique Jacinthe Lemire, qui espère que cela devienne de plus en plus un réflexe.  «À Cornwall, une nouvelle signalisation routière a été installée, mais seulement en anglais, alors que c’est un service désigné.  Ils ont fini par la changer, mais ça prend quand même du temps.  Si on n’avait pas eu la Loi, peut-être que ça n’aurait pas du tout été changé», note toutefois Mme Lemire. 

Certains secteurs, comme celui des soins de santé, demeurent plus difficiles d’accès pour les services en français.  «La SSTA reconnaît clairement que la sensibilisation des fonctionnaires et élus aux réalités de la communauté demeure une étape primordiale au processus de mise en œuvre de la Loi», déclare la présidente de la SSTA. 

Trois autres services ont été désignés depuis la publication du rapport, soit le programme de partenariat culturel communautaire, le service en personne au centre Accès Î.-P.-É. de Wellington, et les services d’encadrement pour les éducateurs en petite enfance.  Le gouvernement envisage d’autres désignations pour 2018-2019, exercice qui célébrera aussi la 5e année de la promulgation de la Loi. 

Le rapport peut être consulté au www.princeedwardisland.ca/fr/information/bureau-du-conseil-executif/loi-sur-les-services-en-francais-survol



- Par Ericka Muzzo

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