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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 12 décembre 2018

Kathleen Couture invite le public à se tenir debout pour les plus petits.


Depuis plusieurs années, le secteur de la petite enfance à l’Île-du-Prince-Édouard est aux prises avec une grave pénurie de ressources humaines.  La cause en est simple : les salaires trop bas pour les compétences que le travail exige. 

Lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association des centres de la petite enfance francophones, qui avait lieu le jeudi 6 décembre, les membres présents ont pris connaissance de chiffres qui ne pourraient pas être plus clairs. 

En 2010, déclare Kathleen Couture, la directrice générale de l’organisme, lorsque le gouvernement a intégré les maternelles dans le système scolaire et créé le secteur de la petite enfance, il a aussi promis de meilleurs salaires pour les éducatrices.  «Si les promesses du gouvernement provincial s’étaient matérialisées, nous aurions eu une augmentation de 24 % des salaires.  Au lieu de cela, il y a eu une seule augmentation de 4 % en 2016, la première depuis 2010, pour un salaire horaire de 15,30 $ l’heure.  Durant cette même période, le salaire de départ d’un assistant en éducation est passé de 20,09 $ de l’heure à 22,41 $.  Nous réclamons pour nos éducatrices le même salaire que celui des assistants en éducation, c’est-à-dire une augmentation de 7,11 $ de l’heure», a indiqué Kathleen Couture. 

En 2010, le salaire minimum à l’Île-du-Prince-Édouard atteignait les 8,70 $ de l’heure.  Le salaire de 15 $ de l’heure attribué aux éducatrices en petite enfance était tout de même valorisant.  Cependant, depuis 2010, le salaire minimum n’a cessé d’augmenter pour atteindre 12,25 $ de l’heure en avril 2019, une hausse de 3,55 $ de l’heure, alors que durant la même période, le salaire des éducatrices a gagné un maigre 0,30 $ de l’heure. 

Ce n’est donc pas surprenant, que des centaines de personnes certifiées et diplômées aient décidé de quitter leur domaine de premier choix pour des emplois mieux rémunérés.  Selon des chiffres colligés par l’Association pour le développement de la petite enfance à l’Île-du-Prince-Édouard, il y avait en mars 2017, 464 éducateurs et éducatrices à divers degrés de certification et d’année d’expérience travaillant dans le domaine.  Or, cela ne correspond pas au nombre de certificats et diplômes délivrés par les différentes institutions qui serait au nombre de 764, pour une différence de 300. 

Au terme de son enquête de 2017 auprès de 312 répondants, l’Association pour le développement de la petite enfance à l’Île-du-Prince-Édouard a déterminé que trois facteurs avaient une incidence certaine sur la carrière en petite enfance : meilleur salaire; temps de planification payé et meilleur respect du travail accompli. 


Année électorale

L’année 2019 sera marquée par deux campagnes électorales.  En raison des élections fédérales prévues pour l’automne prochain, il est probable que les élections provinciales, aussi prévues pour l’automne 2019, soient avancées de quelques mois, pour se tenir au printemps. 

«C’est un bon temps pour revendiquer de meilleurs salaires pour nos éducatrices et une meilleure reconnaissance de la valeur du travail des CPE.  Si tous les CPE faisaient la grève et refusaient tous les enfants pendant une semaine, l’Île-du-Prince-Édouard serait paralysée.  Au début de l’année 2019, nous allons faire des réunions publiques pour faire connaître le dossier, pour informer les gens.  Nous voulons que tout le monde soit au courant de nos préoccupations», dit Kathleen Couture. 

Andréa Deveau, du Centre acadien Grand-Rustico, et Elaine Vachon, directrice du Jardin des étoiles de Summerside.


Des trousses de conversations avec le public et les élus ont été développées pour alimenter le dialogue


- Par Jacinthe Laforest

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