FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 23 avril 2014

Greg MacKinnon n’a pas mâché ses mots en disant que le gouvernement provincial doit agir maintenant afin d’offrir de meilleurs services pour ceux qui souffrent de problèmes d’addictions.

Pendant neuf ans, Lennon Young avait des problèmes de santé mentale et plus particulièrement, de sérieuses addictions aux drogues.  Ne sachant plus quelle direction prendre et à court d’espoir,  il s’est enlevé la vie en novembre 2013.  

Dianne Young, mère de Lennon, ne veut pas nécessairement pointer du doigt, mais elle croit vraiment que les choses auraient possiblement été différentes si certains services étaient mieux offerts à l’Île-du-Prince-Édouard.  Pour faire connaître ses peines et pour lancer un cri d’alarme aux politiciens ainsi qu’à la communauté en général, elle a organisé une manifestation en avant de Province House le 15 avril dernier.  

«Mon fils n’a pas reçu l’aide appropriée dont il avait besoin», déclare Dianne Young devant une foule dont le premier ministre Robert Ghiz faisait partie.  «Soit que l’aide n’était pas assez spécifique, soit qu’elle était de trop courte durée.  J’espère que sa mort ne sera pas en vain et que d’autres pourront être sauvés».

Dianne n’était pas la seule à prendre la parole.  Plusieurs parents qui ont eux-mêmes vu leurs enfants aux prises avec un problème d’addiction ont parlé avec sérieux. 

Rose Barbour est la mère d’un fils qui a eu des problèmes de toxicomanie.  Elle pousse aussi fort qu’elle peut afin que les services à l’Île s’améliorent considérablement.  

«Quand mon fils avait le plus de besoin d’aide pour sa santé, il a dû aller sur une liste d’attente pour entrer à Mount Herbert», explique Mme Barbour.  «Il n’y a rien de pire pour quelqu’un qui a un problème de dépendance, que d’attendre pour un service».

Rose Barbour a continué en disant que son fils restait habituellement en traitement pour une période d’une semaine et qu’à plusieurs reprises, il avait été renvoyé à la maison, même s’il était très loin de la guérison.  

À l’Île, il n’y a pas de soins de traitement à long terme et ceux qui ont besoin d’un traitement prolongé ont besoin d’aller en dehors de la province.  Il y a un processus de sélection et parfois il faut attendre très longtemps.  

«Les addictions affectent tout le monde», indique Rose.  «La famille, les centres d’éducation, les communautés, les rues… c’est un problème que nous avons besoin de régler ensemble».

Greg MacKinnon a ensuite pris la parole et n’a pas mâché ses mots.  Lui aussi a eu des grands défis de dépendances, mais il a été capable de passer à travers. 

«Il y a 25 ans, le système faisait en sorte qu’il fallait aider le client à tout prix; maintenant, ce n’est plus comme ça et on refuse trop souvent des services à des personnes qui en ont vraiment besoin», a dit M. MacKinnon.  «Quand je vois des millions de dollars dépensés inutilement sur de grosses buttes à Borden, ça me dit que les priorités de notre gouvernement ne sont pas en ordre.  Il y a des jeunes qui meurent parce que nous n’avons pas les services adéquats; ça ne devrait jamais arriver».

Le premier ministre Robert Ghiz n’était pas indifférent lors des présentations.  Il était à l’écoute et à la fin des discours, il a eu la chance d’adresser la parole à tous ceux et celles présents lors de la manifestation. 

Il a déclaré que si l’administratrice en chef de la santé mentale et de la toxicomanie, la docteure Rhonda Matters, recommandait un nouveau centre, il ajouterait immédiatement 3,5 millions de dollars à ce dossier afin de procéder à la construction.  

Depuis novembre 2013, la Dr Rhonda Matters fait une évaluation exhaustive de tous les centres et services de santé mentale et d’addictions de la province.  

- Par Nick Arsenault -

L'Île-du-Prince-Édouard en images