Des champs aux hôpitaux, des bureaux de vote aux patinoires, les femmes ont laissé leur marque dans toutes les sphères de la société insulaire. C’est le constat qui se dégage de Women’s Work: Doing What Needs to be Done, une nouvelle exposition présentée au Centre des arts et de la culture Eptek.
À travers des dizaines d’objets habituellement conservés à l’abri des regards, l’exposition met en lumière des contributions souvent méconnues tout en ouvrant les portes des vastes collections patrimoniales du PEI Museum and Heritage Foundation.
Une question simple qui a mené à une vaste exploration
Conservatrice de l’histoire au PEI Museum and Heritage Foundation, Samantha Kelly oeuvre depuis plus de quinze ans dans le secteur du patrimoine et des musées. À l’origine du projet, elle souhaitait élargir la définition traditionnelle du « travail des femmes » et mettre en lumière des contributions souvent absentes des récits historiques.
« Je voulais vraiment élargir cette notion. Qu’est-ce que c’est le travail de femme? Comment le définit-on? À partir de là, nous avons pu aborder l’agriculture, la pêche, le tourisme, les soins infirmiers, l’effort de guerre, l’entrepreneuriat, le sport et la politique », explique-t-elle.
Pour Samantha Kelly, cette réflexion se trouve au coeur de toute l’exposition. « Je pense qu’on peut dire que si ce n’était pas des femmes et de leur travail, aucun d’entre nous ne serait ici aujourd’hui. »

Samantha Kelly, conservatrice de l’histoire au PEI Museum and Heritage Foundation et conceptrice de l’exposition «Women’s Work: Doing What Needs to be Done», souhaitait mettre en lumière les nombreuses façons dont les femmes ont contribué à façonner l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard.
Ouvrir les coffres du musée
L’exposition offre également un rare aperçu de l’immense patrimoine matériel conservé par le PEI Museum and Heritage Foundation. Pour monter Women’s Work: Doing What Needs to be Done, Samantha Kelly a largement puisé dans les réserves de l’organisme, où sont conservés près de cent mille objets qui ne peuvent être exposés en permanence.

Cette urne électorale faisait partie de l’ensemble utilisé lors de l’élection provinciale de 1923, la première tenue après l’obtention du droit de vote par les femmes admissibles de l’Île-du-Prince-Édouard en 1922.
L’exercice a permis de sortir de l’ombre des pièces afin de mettre en valeur les parcours et les expériences qu’elles évoquent.
« Lorsque nous avons choisi les objets, nous voulions mettre l’accent sur les histoires qu’ils racontent. Chaque morceau permet de montrer comment une femme a contribué à l’histoire de l’Île. »

Cette robe victorienne rouge datant d’environ 1895 a été confectionnée par trois femmes qui se partageaient les différentes étapes de sa fabrication. Tandis que l’une élevait les moutons et récoltait la laine, les autres participaient au filage, à la teinture et à la confection du vêtement, illustrant le travail collectif nécessaire à la création d’un habit à la fin du XIXe siècle.
Au total, quelque 75 objets provenant des collections provinciales, auxquels s’ajoutent plusieurs prêts institutionnels et privés, ont été réunis pour l’occasion.

Ce manteau en chiengora, une fibre produite à partir de poils de chien, faisait partie d’un ensemble de deux pièces confectionnées pour Rena Johnstone à partir de la laine filée par Hélène Arsenault et Basélice Gallant. La jupe assortie a été enterrée avec sa propriétaire, faisant de ce manteau l’un des rares témoins de cette histoire aujourd’hui conservés.
Les femmes ont touché à tout
« Quand on regarde autour de nous, on voit que les mains des femmes et leurs contributions ont laissé leur trace dans pratiquement tous les aspects de la vie », souligne Samantha
Kelly. « Qu’il s’agisse des affaires, de l’agriculture, des soins de santé ou du rôle de mère et d’aidante, elles sont toujours présentes. »
Présentée jusqu’au 27 septembre au Centre des arts et de la culture Eptek à Summerside, l’exposition Women’s Work: Doing What Needs to be Done est ouverte au public selon les heures régulières du musée.