Patrimoine
20 Avril 2026 Par Amayes Hadj Amar / IJL – La Voix acadienne
Le géologue, Dr John Calder, lors de sa présentation au Beaconsfield Carriage House à Charlottetown. (Photo : Amayes Hadj Amar)

Le littoral de l’Île-du-Prince-Édouard subit une érosion accélérée qui, si elle menace les côtes, expose aussi des joyaux préhistoriques uniques. Le célèbre géologue John Calder a captivé une foule nombreuse à Charlottetown en expliquant l’importance cruciale de protéger ces témoignages du passé avant qu’ils ne soient emportés par la mer.

La soirée organisée au Beaconsfield Carriage House a attiré un public varié, des jeunes curieux aux passionnés de longue date, venus écouter le Dr John Calder. Géologue de renommée internationale, auteur et photographe, M. Calder est une figure incontournable de la recherche scientifique dans les Maritimes. Il a passé une gran-de partie de sa carrière à cartographier et à comprendre la formation des roches de la région. Sur ses réseaux sociaux et dans ses livres, il partage sa fascination pour la Terre avec une simplicité qui rend la science accessible à tous. Pour lui, l’île n’est pas qu’un tas de sable rouge, c’est une archive mondiale du Permien, une période charnière de l’évolution.

Un voyage au centre de la Pangée

Lors de sa présentation, le Dr Calder a rappelé que l’Île-du-Prince-Édouard occupait autrefois une place centrale sur notre planète. «À l’époque, l’île était située pile au milieu de la Pangée, sur l’équateur», a-t-il expliqué. Les fossiles que l’on trouve ici racontent une époque de grands changements climatiques, marquée par un réchauffement extrême.

Le géologue a souligné que les découvertes ne sont pas seulement le fruit du travail des experts, mais souvent celui de citoyens ordinaires. Il a cité l’exemple de Patrick Brunet, qui a découvert des squelettes et des empreintes exceptionnels. Selon Calder, le potentiel est immense.  «Si vous cherchez à l’Île-du-Prince-Édouard, vous allez trouver. C’est vraiment remarquable. »

Les nombreux participants présents à la soirée d’histoires sur les anciens fossiles du Permien exposés le long des rives de l’île-Prince-Édouard. (Photo : Amayes Hadj Amar)

La course contre la montre face à l’érosion

Le point le plus touchant de la soirée concernait la fragilité de ce patrimoine. Avec l’augmentation des tempêtes et de l’érosion des falaises, les fossiles apparaissent plus vite, mais ils risquent aussi d’être détruits par les vagues avant même d’être répertoriés. Le Dr Calder a raconté comment, lors d’une fouille, son équipe n’avait que cinq heures pour extraire un spécimen avant que la marée ne remonte.

Il a insisté sur l’urgence de créer un lieu dédié pour con-server ces découvertes localement. Ses mots ont résonné avec force dans la salle : «il fut un temps où l’on disait qu’il n’y avait rien ici, mais il y a quelque chose. C’est pour ça que j’écris, car il y a une histoire à raconter. »

Il a conclu en encourageant les jeunes, comme le petit Aton présent dans la salle, à garder l’œil ouvert lors de leurs marches sur la plage, car le prochain grand secret de l’évolution pourrait se trouver sous leurs pieds. Comme il le dit si bien« Les roches de l’île n’ont pas vu la lumière du jour depuis 300 millions d’années.»

3 conference de John Calder

Une photo présentée lors de la soirée qui montre cette femme de l’îPE qui a trouvé un fossile qui pourrait avoir près de 300 millions d’années.  (Photo : Amayes Hadj Amar)

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