Patrimoine
22 Mars 2026 Par Marcia Enman
Georges Arsenault, soeur Céccile Buote, soeur Norma Gallant et soeur Jean Marie Chaisson. Les trois sont membres de la Congrégation de Notre-Dame-de-Montréal. Elles sont parmi les toutes dernières Acadiennes de l’Île à se joindre à cette congrégation enseignante arrivée dans l’Île en 1957. (Photo : Marcia Enman)

L’historien Georges Arsenault a présenté dimanche dernier, une causerie portant sur les religieuses acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard au Musée acadien de l’ÎPÉ. Dès le début de sa présentation, il a précisé que ses recherches reposaient sur diverses publications et documents historiques.

Il a expliqué qu’un grand nombre d’Acadiennes de l’Île ont choisi la vie religieuse en entrant dans différentes congrégations. Certai-nes, toutefois, n’ont pas pu poursuivre ce cheminement, notamment pour des raisons de santé.

Georges Arsenault a aussi souligné l’importante contribution des religieuses à la société acadienne et francophone de l’Île. Parmi ses sources, il a mentionné le livre Nuns of PEI, écrit par le Révérend Arthur O’Shea. Bien que cet ouvrage constitue un outil précieux regroupant les religieuses de la province, l’historien indique avoir constaté que certains noms n’y figurent pas.

Selon ses recherches, Aldélina Gaudet serait la première Acadienne à devenir religieuse, en joignant la congrégation des Soeurs de la Charité. Elle aurait enseigné pendant 68 ans, principalement en Nouvelle-Écosse. Trois de ses nièces auraient également fait partie de cette même congrégation, qui encourageait fortement l’éducation des jeunes filles.

La première Acadienne à se joindre à la Congrégation de Notre-Dame aurait été sœur Fulbert, décédée au jeune âge de 38 ans.

La présentation a également abordé la Congrégation des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, fondée à Memramcook en 1880 et toujours présente au Québec aujourd’hui. Plusieurs Acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard en ont fait partie.

Pourquoi choisir la vie religieuse?

Plusieurs raisons expliquaient ce choix de vie. Certaines jeunes femmes ne se voyaient pas se marier et élever une grande famille et préféraient poursuivre leurs études. À l’époque, le couvent représentait souvent l’un des seuls moyens d’y par-venir.

Georges Arsenault a expliqué que les jeunes femmes devaient justifier leur désir d’entrer dans la vie religieuse. Elles devaient rédiger et expliquer ce qui les attirait vers cette vocation et parler de leur enfance, de leur famille et de leur parcours de vie jusqu’à ce moment.

Les participants ont également appris la signification de certains éléments de l’habit religieux. Le voile et la coiffe symbolisaient l’appartenance à un ordre religieux consacré au service, incluant historiquement l’enseignement. D’autres habits comprenaient des éléments plus fonctionnels, utilisés notamment par celles qui travaillaient dans les cuisines ou assuraient les services domestiques dans les collèges, hôpitaux et couvents.

Au cours de la causerie, l’historien a présenté plusieurs statistiques sur les régions de l’Île ayant fourni le plus grand nombre de religieuses. La région de Baie-Egmont figurait parmi celles où l’on retrouvait les chiffres les plus élevés. Dans certaines familles, jusqu’à trois filles entraient dans une congrégation.

La Congrégation des Sœurs de Sainte-Marthe de l’Île-du-Prince-Édouard, fondée en 1916, a également été mentionnée. Cette communauté religieuse catholique est reconnue pour son dévouement aux soins, à l’éducation et au service communautaire afin de répondre aux besoins locaux.

Certaines religieuses de l’Île ont aussi travaillé à l’étranger. Sœur Agnès, originaire de Rustico, a été missionnaire au Vietnam jusqu’à l’éclatement de la guerre. Sœur Anna Gallant, d’Abram-Village, a également mis ses connaissances au service de missions à l’étranger. De son côté, Sœur Émilie Maddix a enseigné notamment à Douvangar, dans le nord du Cameroun.

Le nom de sœur Antoinette DesRoches a aussi été mentionné. «C’était une femme intéressante qui n’avait pas froid aux yeux», a affirmé Georges Arsenault. Elle a joué un rôle important dans la fondation du Musée acadien et dans la promotion et la découverte du patrimoine acadien à l’ÎPÉ.

La dernière à se joindre à une congrégation

Enfin, il a été mentionné que Claudette Richard, de Cap-Egmont, serait la dernière Acadienne de l’Île à s’être jointe à une congrégation religieuse, en 1986. Sa sœur, Noëlla Richard, présente dans la salle, a souligné qu’elle est aujourd’hui la plus jeune membre de sa communauté religieuse.

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