En novembre 2024, de nombreuses personnes sont réunies sur le front de mer de Summerside pour assister au dévoilement de la reproduction grand format d’une des toiles appartenant au Musée acadien de l’ÎPÉ. Ce projet, mené par David Le Gallant avec l’appui de Culture Summerside, adoucit considérablement le profil quasi industriel de ce secteur, tout en étant un rappel de la contribution des Acadiens et Acadiennes au développement de la ville autrefois capitale du comté de Prince.
Le Comité historique Sœur-Antoinette-DesRoches a profité d’une célébration de son 25e anniversaire de fondation pour souligner le rôle de David Le Gallant et de Culture Summerside dans la complétion d’un projet qui fait rayonner le patrimoine et la présence acadienne dans la ville de Summerside.
Les lauréats du prix ont mis en commun leurs efforts et,après des mois, sinon des années, le financement a finalement été accordé, ce qui a permis au projet d’avancer.
Le projet en question consistait à remplacer le mural défraîchi qui représentait le Queen’s Hotel par une reproduction grand format de la peinture intitulée «Ironie de l’histoire» issue de la série de six tableaux dépeignant Les Grandes Heures du peuple acadien, qu’on peut admirer au Musée acadien.
Cette peinture peinte par le regretté Claude Picard illustre la toute première fois que le drapeau acadien, adopté depuis moins de 24 heures à Miscouche, a été hissé en mer, et ce, dans le port de Summerside, le 16 août 1884. Un navire britannique qui mouillait dans le port, croyant reconnaître les couleurs de la France, a alors salué le pavillon acadien, en hissant ses propres couleurs.
Si cette toile est intitulée Ironie de l’histoire, c’est que quelque 125 ans auparavant, les Britanniques étaient loin d’apprécier les Acadiens, allant même jusqu’à les chasser et les déporter par centaines, voire milliers, causant mort et destruction.
Revanche de l’histoire et affirmation
Avec l’aide et la collaboration de l’agence culturelle de la Ville de Summerside, et de ses employées, Marlene Campbell et Lori Ellis (co lauréates avec David Le Gallant), le projet a pu se réaliser et cette belle peinture, avec le drapeau acadien bien en évidence, qui illustre en quelque sorte la revanche de l’histoire, rappelle l’importante présence acadienne dans la ville de Summerside. Depuis plus de 150 ans, les Acadiens et les Acadiennes ont contribué à bâtir cette ville, à la peupler, à l’animer, à la célébrer.
Invité à prendre la parole, David Le Gallant a profité de sa présence au micro pour donner des nouvelles de sa santé, qui sont bonnes. Il est aussi revenu sur les étapes d’avancement du projet, des périodes de découragement lorsque le financement n’arrivait pas et en bout de ligne, de l’excellent travail de Marlene Campbell qui a été la principale interlocutrice de David Le Gallant.
Le maire de Summerside, Dan Kutcher, qui ne pouvait être présent, a fait parvenir un message qui a été lu au micro. «Je suis tellement fier de l’équipe de Culture Summerside pour avoir relevé ce défi. Nous continuerons de travailler en tant que partenaires afin d’honorer l’entente conclue il y a quelques années [avec La Belle-Alliance entre autres] et renouveler notre engagement à appuyer et célébrer la communauté acadienne et francophone». Le maire a aussi indiqué qu’il avait diffusé ce courriel aux autres membres du conseil municipal pour leur montrer que la collaboration de la ville n’est pas passée inaperçue.

David Le Gallant s’est dit fort touché d’avoir reçu ce prix, qui signifie pour lui une reconnaissance de la portée du projet dont il est l’initiateur. (Photo : Jacinthe Laforest)
Le public s’est montré réceptif aux propos de David Le Gallant. (Photo : Jacinthe Laforest)
En novembre 2024, la reproduction grand format du tableau de Claude Picard a été inaugurée sur le front de mer à Summerside. Le grand tableau est assorti de panneaux d’interprétation qui peuvent être vus et lus en tout temps. (Photo : Jacinthe Laforest)