Patrimoine
10 septembre 2022 Par Jacinthe Laforest 
Georges Arsenault, président du Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches, présente le prix Gilbert Buote 2022 à Roma-à-Trois-Rivière (Roma at Three Rivers).  Helen Lockerbie, ancienne présidente du comité et bénévole de longue date, accepte le prix. 

Le règne de Jean-Pierre Roma, à l’île Saint-Jean, n’a duré que de 1732 à 1745.  Cette année-là, 10 ans avant le début officiel de la déportation, son poste de traite qui comptait de nombreux bâtiments a été incendié par des militaires de la Nouvelle-Angleterre, alors que lui-même était caché dans la forêt toute proche.  «Littéralement, il a vu son rêve partir en fumée», réagit Helen Lockerbie, bénévole de longue date au lieu historique national Roma, après avoir reçu le prix Gilbert-Buote 2022, pour la programmation livrée en 2021.  

Tout comme dans les années précédentes, le programme de 2021 était riche en activités avec des guides en costumes d’époque faisant, à titre d’exemple, l’interprétation du jardin patrimonial français, de la pêche à la morue, des jouets et des jeux pour enfants, et aussi l’interprétation d’artéfacts qui ont été trouvés sur les lieux lors de fouilles archéologiques.  Il y a eu également des causeries, de l’animation musicale et bien sûr la dégustation de mets traditionnels. 

Mais ce qui a particulièrement attiré l’attention du Comité historique Sœur-Antoinette-DesRoches (CHSAD), ce sont les deux reconstitutions historiques illustrant les derniers jours de la colonie de Jean-Pierre Roma à Trois-Rivières et de la fuite de Roma avec ses enfants et ses employés lorsque l’établissement a été attaqué et incendié par des militaires de la Nouvelle-Angleterre, en 1745. 

«Le programme comprenait également la première d’une vidéo d’Adam-Michael James intitulée “Jean-Pierre Roma, un pionnier visionnaire, 1732-1745” sur une composition orchestrale originale de Leo Marchildon.  Enfin, il y a eu le dévoilement d’une sculpture en métal de l’artiste Ahmon Katz commémorant les réalisations et l’héritage de Jean-Pierre Roma à Trois-Rivières», soulignent les deux représentants du CHSAD, Juanita Arsenault et Denis Morais.  

Helen Lockerbie raconte plus en détail la fin tragique du rêve de Jean-Pierre Roma, dont voici un résumé augmenté de quelques passages glanés sur Wikipédia.  Après avoir pris possession de la forteresse de Louisbourg lors de la guerre de Succession d’Autriche en 1745 par une attaque montée depuis la Nouvelle-Angleterre, ces mêmes militaires se sont dirigés vers Trois-Rivières à l’île Saint-Jean et ont incendié tout ce qui s’y trouvait, après s’être emparé des denrées et autres produits de valeur, incluant le bétail.  

Louisbourg a été rendue à la France en 1748, mais hélas, pour Jean-Pierre Roma, il était trop tard.  

«Lors de la journée fatidique, raconte Helen Lockerbie, il y avait seulement huit personnes dans le poste de traite : Roma, deux de ses enfants, et cinq employés.  Incapables de se défendre, n’ayant pas d’arme, ils se sont cachés dans les bois.  Littéralement, Roma a vu son rêve partir en fumée», ajoute la dame, d’une voix dramatique à souhait.  

Dépossédé de tout ce qu’il avait, Roma aurait passé l’hiver à Havre-Saint-Pierre avec ses enfants et au printemps suivant, il serait parti pour Québec, où il a vécu et travaillé trois ans, avant de se rendre dans des climats plus chauds, dans les Antilles.  Il rêvait d’amasser assez d’argent pour rebâtir sa colonie, mais en 1753, sa concession a été rendue à la Couronne, parce qu’elle était abandonnée et inhabitée.  

«Nous ne savons pas ce qu’il est advenu de Jean-Pierre Roma, ni où il est enterré.  La dernière trace que nous en avons le place en Guadeloupe, où il occupait un poste de direction», conclut Helen Lockerbie.  

Pour le président du CHSAD, Georges Arsenault, le travail qu’Helen Lockerbie et les autres bénévoles de ce site historique ont accompli est tout à fait remarquable et certainement digne d’éloges.  

Car il faut le mentionner, le site est tenu par de fervents bénévoles qui portent le costume d’époque et assurent la gestion et l’animation.  «La saison 2022 n’a pas été très bonne je trouve.  Lorsqu’il fait très chaud, les gens gravitent vers les plages.  Le nombre de visiteurs est en baisse.  Nous avons cependant de belles activités qui se poursuivent jusqu’à la fin du mois de septembre, incluant nos soirées musicales autour du feu chaque mardi, de 19 h à 21 h.  Et le 11 septembre, nous avons notre festin de gala.  C’est notre principale source de financement pour le fonctionnement.  Nous aimerions tellement avoir l’appui de Parcs Canada ou même de Musée et Fondation du patrimoine.  Nous n’avons pas de ressources», dit la dame qui rêve à tout ce qui pourrait être fait avec de l’appui adéquat.  

Il faut dire que le site est magnifique.  Les constructions sont de toute beauté, très bien entretenues.  Des sentiers de marche aident les visiteurs à profiter du site.  Si vous n’avez jamais visité Roma-à-Trois-Rivières, consultez le http://www.roma3rivers.com/ pour en savoir plus.  

En 1926, l’emplacement de l’ancien établissement a été un des premiers sites au Canada à être reconnu, par le fédéral, comme un lieu d’importance historique nationale.  En 2004, avec des fonds gouvernementaux, les bâtiments qui se trouvent aujourd’hui tout près du site original ont été construits et depuis, ils accueillent et éduquent les visiteurs sur les réalisations de Jean-Pierre Roma.  

Processed with MOLDIVL’attraction touristique et historique de Roma est pleine de charme et de beaux points de vue.  Il est situé tout près de la rivière Montague.

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