Patrimoine
08 septembre 2022 Par Jacinthe Laforest 
Kate MacQuarrie a animé une causerie sur les plantes comestibles qu’on retrouve en forêt. Elle fait référence à des plantes que les Acadiens et les Autochtones auraient cueilli pour manger au 18e siècle. (Photos : J.L.)

Un mot est revenu très souvent dans les propos que Kate MacQuarrie a tenus au Musée acadien le mardi 23 août : délicieux.  Pour elle, la nature fournit, à qui sait les voir, des ingrédients qui, en plus d’être nourrissants, sont «délicieux».

Kate MacQuarrie est une passionnée d’histoire naturelle de l’Île-du-Prince-Édouard, son champ d’expertise.  Elle documente la forêt, les plantes qu’elle y trouve, les arbres qu’elle y voit.  

«Quand je vois des arbres qui ont un bon diamètre, je deviens tout excitée.  Ça me dit que je suis dans une zone où la forêt n’a jamais été coupée et que c’est ce qui se rapproche le plus de la forêt qui était ici à l’arrivée des premiers Européens», décrit-elle aux nombreuses personnes qui sont venues l’entendre à la toute dernière causerie du Musée acadien de l’été 2022, le 23 août dernier.  

«Nous avons eu une bonne saison.  Les causeries ont démarré lentement.  Mais au fur et à mesure que l’été avançait, il y avait de plus en plus de monde.  Dès que j’ai annoncé que Kate MacQuarrie avait accepté de venir faire une causerie, notre page Facebook s’est enflammée.  Elle est très populaire», dit Noëlla Richard, directrice du Musée acadien, qui a coordonné la série des causeries cet été.  

Kate MacQuarrie est une des personnes à l’Île qui connait le mieux les forêts et les richesses culinaires qu’elles contiennent.  «À une époque, nous avions des lynx du Canada à l’Île.  Ils ont été chassés jusqu’à l’extinction pour leur fourrure, mais également parce qu’ils étaient bons à manger.  Les ours étaient aussi chassés pour la nourriture, mais aussi parce qu’ils représentaient une menace.  Le castor a été éteint et réintroduit à quelques reprises.  Je suis pas mal certaine que nous avons eu des loups, mais pas de meutes.  Nous avons certainement eu des martres et des pékans.  Et aujourd’hui, dans les nouvelles, il a été question des loutres de rivière qui se sont rétablies à plusieurs endroits autour de l’Île.  C’est une excellente nouvelle.»

L’habitat a énormément changé en 300 ans.  D’une île couverte à 90 % de sa surface par de majestueux arbres, on ne voit pratiquement plus la trace.  «Quand vous marchez en forêt et que le sol est plat, c’est un signe que cette terre a été défrichée au début de la colonie, labourée, cultivée puis qu’elle a simplement été abandonnée», dit Kate MacQuarrie.  

La partie de sa causerie qui a été la plus captivante a été celle où elle a détaillé les plantes forestières, côtières et celles des marais salants qui sont comestibles et qui, à une époque, auraient aidé les colons à survivre.  «Les Autochtones ont vraisemblablement transmis un savoir ancestral aux premiers colons, qui ne connaissaient pas nécessairement les ressources à leur disposition», suppose Kate MacQuarrie.  

Selon elle, la plupart des plantes sont comestibles, mais certaines ne le sont vraiment pas.  «Les gens ont peur des champignons, mais en fait, les plantes qui sont vénéneuses sont encore pires que les champignons.  La cigüe d’eau (Water Hemlock, est une plante qui vous tuera dans une grande douleur.  Elle est très dangereuse et c’est facile de la confondre avec d’autres plantes qui sont comestibles et qui poussent dans les mêmes endroits», avertit la dame.  

Également, plusieurs plantes comestibles, comme les quenouilles, qui auraient été consommées par les Autochtones et les premiers Européens, sont des plantes filtrantes, qui ont la propriété de nettoyer l’eau de ses toxines.  «Ce n’était pas une grande préoccupation lorsqu’il n’y avait pas de pollution, mais de nos jours, il faut s’assurer que l’eau est propre, là où l’on cueille ces plantes.»

La page Facebook de Kate MacQuarrie est toujours remplie d’informations sur la cueillette de fruits, de feuilles et de racines.   

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