Patrimoine
10 avril 2022 Par Jacinthe Laforest
La couverture du livre Ancient Land, New Land : Skmaqn-Port-la-Joye-Fort Amherst National Historic Site of Canada.

Paru aux éditions Acorn Press, en novembre dernier, Ancient Land, New Land : Skmaqn-Port-la-Joye-Fort Amherst National Historic Site of Canada est un nouvel ouvrage signé Jesse Francis et John Johnston qui permet aux lecteurs et lectrices de mieux comprendre pourquoi le lieu historique national Skmaqn-Port-la-Joye-Fort-Amherst est encore si important de nos jours pour l’histoire de la province et au-delà.  

Jesse Francis et John Johnston ont eu l’occasion de collaborer dans le passé, ayant signé l’excellent ouvrage N’in na L’nu : The Mi’kmaq of Prince Edward Island.  Ce livre, paru d’abord en anglais, a été traduit en français, et a connu un très bon succès.  Si bien que le tandem a voulu répéter l’expérience en se concentrant cette fois sur le lieu historique national Skmaqn—Port-la-Joye—Fort-Amherst.  

«Nous ne dirions pas que nous présentons de nouveaux faits, mais nous suggérons une nouvelle façon de présenter l’information, pour mieux respecter l’histoire du site» disent les auteurs.  John Johnston renchérit : «Au Canada, la tradition est de séparer nos histoires alors qu’au contraire, en particulier sur ce site, elles se sont chevauchées.»

Lorsque les premiers Acadiens et Européens ont débarqué sur l’Île en 1720, ils ont profité de l’hospitalité des Mi’kmaq.  L’histoire de ces derniers sur le site s’en est trouvée modifiée, mais elle s’est poursuivie.  De la même façon, des Britanniques ont vécu à Port-la-Joye avant la fin officielle du régime français et la Déportation.  Leur présence sur le territoire ne peut se raconter à la verticale, mais plutôt en tenant compte des interactions et des influences que chaque culture a eues sur la précédente et la suivante et ce, même si la Déportation de 1758 a représenté une cassure nette dans l’histoire du site. 

«Nous avons voulu raconter comment les cultures des Mi’kmaq, des Acadiens et Français puis des Britanniques ont forgé ce lieu et pourquoi, encore aujourd’hui, c’est un lieu important pour les trois peuples qui y ont vécu, sur une période tout de même assez courte», dit Jesse Francis.

Une recherche rapide sur le site de Parc Canada confirme que seulement 10 ans après la Déportation de 1758, le Fort Amherst a été abandonné par les militaires qui ont convergé vers la nouvelle capitale, de l’autre côté de la rivière.  

Les coauteurs ont utilisé les plus récentes recherches pour rédiger leur livre et ils ont aussi consulté les sommités sur la question comme Georges Arsenault, Earle Lockerby et George Dalton.  «Ils nous ont aidés à mettre des informations en perspective.»

Le livre Ancient Land, New Land : Skmaqn-Port-la-Joye-Fort Amherst National Historic Site of Canada tient évidemment compte des grands moments marquants, incluant les batailles de 1745 et 1746 entre les Français et les Anglais, mais il raconte aussi les amitiés, les contacts sociaux, comment la terre était utilisée, comment les gens vivaient.  

«Et nous avons aussi ajouté des vignettes pour donner la parole aux gens de l’époque.  C’est de la fiction, mais c’est basé sur les événements, sur ce que nous savons des valeurs de l’époque.  Ça permet d’engager le lecteur en lui faisant vivre des émotions auxquelles il peut s’identifier.  Je pense que cette approche est assez nouvelle», dit John Johnston.  

Pour l’aspect visuel du livre, le tandem a fait appel à Stéphane Breton, le même graphiste qui a signé la conception du livre L’Nuey.  «Stéphane n’est certes pas étranger au succès que ce premier livre a eu et nous étions heureux de travailler avec lui à nouveau», dit Jesse Francis.  

Ce dernier, qui travaille à la fois pour Parcs Canada et pour L’nuey, souligne que grâce au parrainage de L’nuey, une série de cinq nouvelles illustrations a été commanditée spécifiquement pour le livre, afin d’illustrer de grands moments.  Par exemple, il cite la magnifique illustration qui montre l’arrivée dans les eaux de ce qui allait devenir Port-la-Joye, du premier voilier européen, sous l’œil curieux des Mi’kmaq.  Ces illustrations sont signées par l’artiste Christopher Hoyt.

«On pense que c’est un livre pour tout le monde.  Les visiteurs du site, certainement, mais également, toutes les personnes qui s’intéressent à l’histoire et à l’influence qu’elle a sur le présent seront intéressées par ce livre», dit John Johnston.  Comme anecdote, il a raconté qu’il a donné un exemplaire du livre à sa sœur qui vit en Nouvelle-Écosse.  Elle a beaucoup aimé le livre et elle prévoit venir explorer les lieux historiques de l’Île dès cet été.  

Pour le moment, le livre est seulement disponible en anglais, mais il n’est pas exclu qu’une version française soit produite.  «On aimerait bien trouver une maison d’édition pour publier une version française», espère Jesse Francis. 

Le livre est déjà en magasin.  «Nous avions prévu un lancement en décembre, et de nouveau en janvier, et nous avons dû les annuler.  C’est à suivre.»  

NewLand2Depuis qu’il a commencé à travailler avec la communauté Mi’Kmaq de l’ÎPÉ en 2001, Jesse Francis a contribué à de nombreux projets.  Il a mené le développement de l’exposition itinérante Ni’n na L’nu: The Mi’kmaq of Prince Edward Island qui a donné naissance au premier livre que Jesse Francis a écrit avec A.J.B. Johnston en 2013.  Le livre Ancient Land, New Land, est leur second projet.

NewLand3Andrew John Bayly Johnston est un historien, romancier et écrivain de musée canadien.  Il est l’auteur de cinq romans de fiction historique ainsi que de seize livres sur l’histoire du Canada atlantique. Il est originaire de Truro, en Nouvelle-Écosse, et vit actuellement à Halifax.  (Photos : Gracieuseté)

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