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Le 18 novembre 2019

- Par Jacinthe Laforest

Florence Gallant, son mari Gérard Gallant et George Dalton font partie de la Société historique de Summerside et des environs.  Depuis 20 ans, ils estiment avoir réalisé 200 panneaux d’exposition sur des thèmes historiques.  (Photos : J.L.)

 

Durant le long weekend de novembre et les jours entourant le 11 novembre, les commerces du centre-ville de Summerside et des environs ont arboré des panneaux historiques racontant de belles histoires relatives à la vie d’anciens combattants ou à des événements survenus pendant les guerres.   Ces panneaux ont tous été assemblés par Gérard Gallant de Summerside, pour le compte de la Société historique de Summerside et des environs.

 

Gérard Gallant est natif de Cap-Egmont, mais il a vécu presque toute sa vie à Summerside.  Jeune homme, à 15 ans, il a pris un petit contrat de deux semaines au grand magasin Holman à Summerside où il s’occupait des délicates porcelaines importées d’Angleterre.  «Les deux semaines se sont transformées en 15 ans, et j’ai travaillé dans tous les départements, sauf les vêtements pour hommes et pour femmes.  Je faisais aussi les étalages dans les vitrines.  J’ai aussi travaillé pour Sobey’s, j’ai été projectionniste au théâtre Capitol pendant 38 ans deux soirs par semaine, bar tender pendant 15 ans, deux soirs par semaine.  J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie», avoue celui qui aime se surnommer «le pauvre vieux». 

 

Il y a 25 ans, à l’âge de 60 ans, Gérard s’est marié en seconde noce avec Florence (née Campbell).  C’est cette dernière qui a remarqué à quel point Gérard avait un œil pour faire des panneaux commémoratifs lors des mariages et des anniversaires.  La famille de Florence connaissait bien la famille de George Dalton, qui venait de prendre sa retraite de l’aviation.  Il était de retour à Summerside et avait envie de faire quelque chose qui se reliait à l’histoire. 

 

«J’ai raconté un peu par hasard à George que mon mari avait beaucoup de talent pour présenter des informations d’une manière agréable sur des panneaux», a indiqué Florence Gallant.  Cette information n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. 

 

Le tout premier tableau, réalisé il y a près de 20 ans, portait sur la sœur de George Dalton, qui s’appelait Andrea et qui était infirmière militaire.  Les photographies sont encore très belles et le montage réalisé par Gérard est très harmonieux.  Il n’utilise pas d’outils spéciaux, seulement des ciseaux, du ruban gommé et son œil entrainé à bien utiliser l’espace disponible.  «Je pense qu’il tient ça de toutes ses années où il faisait les vitrines des magasins et aussi de son père, qui était un artiste à sa façon», assure George Dalton, à propos de son ami. 

 

«Mon père s’appelait Alphée.  Il a travaillé pour le photographe Percy Bowness jusqu’à ce que le studio brûle et là, il a perdu son emploi.  Je tiens de lui, je pense.  En tout cas, j’aime bien travailler avec les images et faire des panneaux», dit Gérard.

 

Après ce premier tableau de la sœur de George Dalton, l’idée de faire d’autres panneaux n’a pas pris longtemps à s’imposer, comme une façon de rendre hommage à des personnes humbles et des événements importants de la communauté. 

 

«Les vétérans, vous savez, ils ne parlaient pas aisément de la guerre et de ce qu’ils avaient vécu.  Mais ça ne nous arrêtait pas.  Nous identifiions des personnes et nous allions visiter leurs familles, Gérard et moi, pour faire des entrevues et leur demander s’ils avaient gardé des souvenirs.  Et bien souvent, ils revenaient avec des photos, des lettres, des médailles.  Nous en prenions des copies et avec cela, Gérard était capable de faire un panneau pour raconter l’histoire.  Nous avons à présent environ 200 panneaux», dit George Dalton. 

 

Une fois que le panneau était fait, George et Gérard allaient le montrer à la famille ou encore à l’ancien combattant, s’il était encore vivant.  «Plusieurs fois, on nous a témoigné une grande reconnaissance.  Une dame nous a dit que son mari, qui était assis à longueur de journée et attendait la mort, avait repris goût à la vie depuis qu’il avait vu son histoire sur le panneau», a indiqué George Dalton. 

 

Dans plusieurs occasions, les panneaux ont aussi aidé les membres d’une famille à connaître mieux cette portion de la vie de leur père, de leur oncle ou de leur grand-père. 

 

Les panneaux assemblés par Gérard Gallant ne concernent pas seulement la vie militaire et les événements reliés aux guerres, mais en cette période du 11 novembre, ce sont surtout ces panneaux qui ont été mis en évidence.   

 

Maintenant âgé de 86 ans, Gérard a ralenti ses activités.  Si on devait faire un beau grand panneau en son honneur, on y mettrait les récompenses qu’il a reçues pour ses contributions à la sauvegarde du patrimoine, on y verrait des photos du musicien qui allait jouer et chanter dans les foyers pour personnes âgées à Summerside, et qui aime encore sortir sa guitare et entonner une chanson country, ses préférées.  On y verrait une sculpture le représentant à la guitare, une œuvre d’un ami musicien et artiste, Pat Doucette.  On pourrait aussi inclure des souvenirs de ses nombreux emplois, de ses deux mariages, et des nombreuses personnes qu’il a touchées par sa générosité, mais pour ce dernier item, il risque de ne pas y avoir suffisamment de place sur le carton.

 

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