Culture
22 Juin 2026 Par Eric Bergeron / IJL – La Voix acadienne
Megan Bergeron, Karine Gallant et Emmanuelle LeBlanc présentent officiellement la plateforme numérique « Pas à Pas : La gigue acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard » lors de son lancement à la salle paroissiale de Mont-Carmel le 13 juin. Le site vise à préserver, documenter et transmettre la tradition de la gigue acadienne aux générations futures. (Photo : Eric Bergeron)

La préservation de la gigue acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard franchit une nouvelle étape avec le lancement de la plateforme numérique «Pas à Pas : La gigue acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard», dévoilée le 13 juin à la salle paroissiale de Mont-Carmel.

Fruit d’un projet du Conseil scolaire-communautaire de la région Évangéline (CSCÉ), le site rassemble déjà près de 300 vidéos, des archives, des profils de danseurs et diverses ressources consacrées à cette tradition profondément enracinée dans la région.

Pour Karine Gallant, directrice générale du CSCÉ, l’initiative répond à un besoin bien réel observé au sein de la communauté.

«Il y a un problème. Il n’y a pas assez de professeurs. Il n’y a pas assez de relève», explique-t-elle. «Pourquoi donc ne pas en profiter pour créer quelque chose qui va faciliter cette transmission-là?»

Elle rappelle qu’autrefois, la gigue se transmettait naturellement dans les familles et lors des rassemblements communautaires.

«Ça s’apprenait un petit peu comme la grippe s’attrape», lance-t-elle en riant. «Mais ça se fait un peu moins facilement ces jours-ci.»

À l’origine

L’idée du projet est née il y a plusieurs années lors d’une discussion réunissant danseurs et passionnés de la région. Megan Bergeron et Emmanuelle LeBlanc se sont ensuite chargées de transformer cette réflexion en outil concret.

«On était une douzaine autour d’une table à brainstormer», se souvient Emmanuelle LeBlanc. «À la base de tout ça, pourquoi pas se faire une bibliothèque de pas de danse et rendre tout ce qu’on a déjà appris accessible?»

Pour Megan Bergeron, le lancement représente l’aboutissement de plusieurs mois de travail de recherche, de collecte d’archives et d’entrevues.

«C’était une expérience spéciale pour nous de connecter avec tout le monde sur ce projet-ci et de faire un véritable plongeon dans les archives», raconte-t-elle.

«On ne fait que commencer», précise Emmanuelle LeBlanc. « On va faire d’autres entrevues et on invite les gens à nous envoyer des vidéos, des photos et des archives. On veut vraiment que ce soit un projet communautaire. »

2 pas a pas

Louise Arsenault a démontré ses talents de violoneuse et de gigueuse lors de la jam-session qui a suivi le lancement de la plateforme. (Photo : Eric Bergeron) 

Causerie sur la gigue

Une table ronde réunissant Megan Bergeron, Hélène Bergeron, Anastasia DesRoches et Kaylee Arsenault a également permis d’aborder la question de la préservation des styles de danse plus anciens.

Hélène Bergeron estime que cette documentation est essentielle afin d’éviter la disparition de certaines caractéristiques propres à la région.

«J’avais commencé à parler d’essayer de préserver le vieux style parce qu’il a pas mal disparu», explique-t-elle. «Je trouvais ça important qu’on voie comment ça avait coutume de se faire.»

Elle souligne que plusieurs éléments distinctifs se sont perdus au fil du temps, notamment sous l’influence de méthodes d’enseignement venues d’ailleurs.

« C’est de valeur qu’en faisant évoluer la danse, les vieilles traditions n’ont pas été gardées aussi », observe-t-elle.

Malgré ces changements, les participantes s’entendent pour dire que la gigue demeure un art vivant appelé à évoluer. Le nouveau site vise justement à préserver la mémoire des styles passés tout en offrant aux générations futures les outils nécessaires pour poursuivre la tradition à leur façon.

3 pas a pas

Une jam-session réunissant Marie Livingstone, Karine Gallant, Megan Bergeron, Emmanuelle LeBlanc, Anastasia DesRoches et Gary Gallant a clôturé l’après-midi de façon festive.  (Photo : Eric Bergeron) 

Allez, on jam !

Après les présentations et les discussions, place à la pratique. Une jam-session réunissant Marie Livingstone, Karine Gallant, Louise Arsenault, Megan Bergeron, Emmanuelle LeBlanc, Anastasia DesRoches et Gary Gallant a permis aux participants de prolonger l’après-midi en musique. Plusieurs personnes présentes ont alors pris le plancher pour exécuter quelques pas de gigues, offrant une démonstration bien amusante de la vitalité de cette tradition que la plateforme «Pas à Pas» cherche à documenter et transmettre.

Déjà accessible au public, la plateforme continuera de s’enrichir au cours des prochains mois grâce à l’ajout de nouvelles archives, d’entrevues, d’outils pédagogiques et d’activités de formation. 

Visitez le www.pas-a-pas.ca.

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