Culture
30 mai 2021 Par Jacinthe Laforest
Annette et Babine, dans une belle conversation. L’effet des lumières ultraviolettes est saisissant.

Annette est une jeune fille populaire dans son école.  Elle est jolie, elle est bonne dans les sports, tout le monde veut être son ami.  Sous cette image de perfection, Annette cache une blessure, mais personne ne le sait.  Lorsque Babine, une grosse paire de lèvres qui parle avec sagesse, suggère à Annette d’accueillir son amie Claudette, Annette devient presque méchante.  «Oui, elle est dans ma classe, mais elle n’est pas mon amie.  Elle est laide; elle est grosse; elle est stupide».

Grâce à la magie des lumières ultraviolettes et de la trame sonore originale de la pièce, les mots attaquent littéralement Claudette, la jettent au plancher et la font pleurer.  

Babine ne comprend pas ce qui se passe.  Annette finit par lui dire que par le passé, il lui est arrivé un incident humiliant dans sa classe, et que
c’est Claudette qui, à cette occasion, lui avait donné le surnom d’«Annette la Roupette», faisant rire tout le monde dans la classe.

Grâce à la sagesse de Babine, Annette a compris que les mots et les rires lui avaient fait mal dans le passé, et que les mots qu’elle adressait à
Claudette faisaient aussi mal à cette dernière.  

«Mais tu sais Annette, si les mots peuvent blesser, ils peuvent aussi guérir».  Les mots comme «Gentille», «Belle», «Intelligente».  Comme par magie, Claudette, qui était encore écrasée sous le poids des mots dénigrants, s’est sentie plus légère à chaque mot gentil qui lui était adressé.  C’est le pouvoir des mots.  

À la fin de la pièce, qui dure seulement quelques minutes, les lumières du gymnase ont été allumées.  Après le premier choc aux yeux, les cinq comédiennes se sont présentées et ont posé des questions aux jeunes.  

Ces derniers ont bien saisi le message que les mots peuvent blesser.  «Il faut être gentil», a dit un jeune élève.  

Les comédiennes sont toutes en 9e année, dans la classe de musique enseignée par Chuck Arsenault à l’École Évangéline.  «On a pratiqué quelques fois.  Vu qu’on n’a pas besoin d’apprendre les paroles, on se concentre sur les mouvements», ont dit les comédiennes, toutes vêtues de noir, sauf Isabelle Fisk (Annette) et Marianne Gagnon (Claudette), qui portaient des vêtements fluorescents.   

Elles ont trouvé fort agréable ce projet de théâtre.  «Ça nous a donné envie de créer un projet nous-mêmes», ont dit les élèves.  

Paul D. Gallant, qui est l’auteur de la pièce et qui en a assuré la mise en scène, confirme qu’une bonne partie du succès d’une telle production repose sur la trame sonore, incluant les dialogues, mais aussi les bruits et les ambiances.  «Maintenant, avec les technologies, on peut faire tous les bruits et toutes les ambiances que l’on veut», dit-il.  

La trame sonore utilisée par la troupe de l’École Évangéline au cours de cette tournée 2021 est la trame sonore originale conçue en 2013-2014 par Luc D’Éon, artiste de la Nouvelle-Écosse. 

Outre Marianne et Isabelle, les autres comédiennes étaient Aine McGuire dans le rôle de Babine, Lucy Francis et Nellie Gallant pour les décors et les mots «flottants».

Isabelle Fisk qui joue le rôle d’Annette.

Paul D. Gallant, l’auteur de la pièce Annette la Roupette.

Après la pièce, les lumières ont été rallumées pour que tout le monde puisse se voir et se parler.  (Photos : J.L.)

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