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31 octobre 2022 Par Jacinthe Laforest 
L’équipe des Western Wind Major U18 AAA est composée de filles provenant de Cornwall jusqu’à Tignish.  Deux francophones font partie de cette équipe : Annie-Pier Morency (# 66) de Mont-Carmel (au premier rang, 2e de la gauche) et Isabelle Richards (# 7) de Richmond (au second rang, 2e de la gauche).  (Photo : Western Wind)

Pour la première fois cette année, les filles qui aiment et qui ont du talent au hockey peuvent s’en donner à cœur joie, grâce à la mise sur pied de la toute nouvelle MMFHL (Maritime Major Female Hockey League) qui compte neuf équipes dont deux de l’Île.  Même si elle est en construction et en développement, la ligue offre aux filles de réelles opportunités d’aller aussi loin que possible dans le sport qu’elles aiment. 

Au hockey féminin, disons-le, les possibilités d’avancer sa carrière ne sont pas les mêmes qu’au hockey masculin.  Les athlètes féminines ne peuvent pas aspirer à la Ligue nationale de hockey.  

Éric Morency, gérant de l’équipe féminine U18 majeur triple A, est convaincu que malgré cela, rien ne devrait empêcher les filles de jouer au plus haut niveau possible.  C’est pourquoi, lorsque la MMFHL (Maritime Major Female Hockey League) a été formée, il a accepté de s’impliquer pour assurer un bon départ à l’expérience.  

«Ma fille Annie-Pier joue dans l’équipe de l’ouest de l’Île (Western Wind Major U18 AAA) pour la deuxième saison de suite.  L’an dernier, j’étais l’entraîneur.  Vu que la ligue n’existait pas, on a joué nos 24 parties contre la seule autre équipe à notre niveau à l’Île.  Ce n’est pas souhaitable.  La mise sur pied de la ligue, nous offre un bassin de neuf équipes, deux à l’Île, les autres au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, et cela ouvre des portes aux filles», dit le gérant de l’équipe qui est la propriété du Western Capitals de Summerside.  

La création de la ligue permet aux filles d’être vues en action par des recruteurs universitaires alors qu’auparavant, cette option n’existait pas pour elle.  «L’un de mes rôles, comme gérant, c’est d’inviter des recruteurs, de les tenir au courant de nos parties, et aussi d’aider les filles à prendre contact avec des universités.  C’est nouveau cette possibilité et les filles veulent en tirer parti, c’est certain», dit le gérant.

La ligue s’est abonnée à In-Stat, une société d’analyse des performances sportives.  Les vidéos des parties sont envoyées à InStat qui en tire une analyse en profondeur de l’efficacité de la joueuse, de ses déplacements sur la glace selon sa position dans l’équipe, etc.  «Par exemple, ma fille, Marie-Pier, joue au poste d’ailier gauche.  L’analyse de son jeu nous montre clairement qu’elle intervient là où elle est censée intervenir», dit Éric Morency, montrant le tableau sur son écran d’ordinateur. 

InStat est bien connu des recruteurs et des entraîneurs, qui ont chacun leurs raisons de décortiquer les données.  «Les recruteurs reçoivent ces statistiques.  Ils peuvent facilement vérifier si telle ou telle candidate est constante, si elle serait un bon élément pour l’équipe de son université.  Les entraîneurs ont également accès aux analyses des performances des joueuses de leur propre équipe, mais également, de celles de toutes les autres joueuses.  Ils peuvent ainsi mettre au point des scénarios de jeux gagnants», explique Éric Morency, qui utilise lui-même ce système dans son poste d’entraîneur des gardiens de but du Western Capitals à Summerside.  

La saison régulière va bien

La saison régulière compte 24 parties.  Fiona a forcé le report de quelques parties, toutefois une extension de la saison n’est pas envisagée.  La tenue des Jeux du Canada à l’Île l’hiver prochain comprime le calendrier d’autant plus que l’âge des joueuses U18 majeur triple A correspond à l’âge pour participer aux Jeux du Canada.  Dans l’équipe d’Éric Morency (Western Wind Major U18 AAA), sept des 19 joueuses suivent l’entraînement en vue d’être sélectionnées pour les JC.  

L’équipe Western Wind Major U18 AAA, tout comme les autres équipes de la ligue, jouent un maximum de deux parties par semaine, les samedis et les dimanches exclusivement.  C’est un règlement de la ligue.  «Notre domicile est à Tyne Valley.  Lorsque c’est nous qui accueillons, nous jouons deux parties contre la même équipe durant la fin de semaine.  C’est la même chose lorsque nous sommes les visiteurs.  Nous jouons deux parties contre la même équipe deux jours de suite.  Ça fonctionne bien», dit le gérant, qui aimerait cependant voir des publics plus nombreux dans les gradins. 

Selon l’amateur de hockey, les filles sont très compétitives et agressives sur la glace.  Même si les mises en échec ne sont pas permises, les filles trouvent le moyen de s’imposer sur la glace.  «C’est certain que moi, je suis surpris de la férocité des filles sur la glace.  Elles sont combatives.  Elles offrent un très bon calibre de jeu que n’importe quel amateur apprécierait», dit Éric Morency, qui espère voir se développer encore davantage le hockey féminin à l’Île.  Pour lui, c’est clair que les filles qui ont du talent et qui veulent jouer au hockey devraient pouvoir le faire jusqu’aux plus hauts niveaux possibles.  

hockeyfeminin2En plus d’être le père d’Annie-Pier Morency, membre de l’équipe, Éric Morency est le gérant de l’équipe. (Photo : J.L.)

hockeyfeminin3Les filles sur la glace.  (Photo : Western Wind)

hockeyfeminin4Isabelle Richards et Annie-Pier Morency, deux joueuses des Western Winds et l’entraîneure-adjointe, Jodi McNeill. (Photo : Linda Richards)

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